Site du SNESCommentaire du SNES
La protection sociale recouvre plusieurs domaines. Ce qui relève de la Sécurité sociale (les 4 branches : vieillesse, famille, maladie, accidents du travail/maladies professionnelles) et des dispositifs indépendants, comme le régime de l’Unedic (chômage), et les systèmes mis en place au fil des ans comme la CMU Couverture maladie universelle), le RMI (revenu minimum d’insertion) ou l’APA (allocation de perte d’autonomie).
Le SNES est attaché à une protection sociale de haut niveau pour tous. Or, la protection sociale, mise en place à la Libération, avec ses principes fondés sur les solidarités, après avoir connu des extensions importantes, subit depuis quelques années des régressions. Le régime de l’assurance — chômage est mis à mal par le Pare, les intermittents ont vu leur régime contesté. Le gouvernement Raffarin a fait passer en force, en 2003, une réforme des retraites qui allonge la durée de cotisations des fonctionnaires et entraînera l’appauvrissement des retraités, ouvrant la voie, pour ceux qui en auront les moyens, aux fonds de pension et autres compléments individuels. L’objectif des politiques libérales menées est bien de démanteler peu à peu les systèmes solidaires, afin d’afficher une baisse des prélèvements sociaux et privilégier l’assurance individuelle. C’est l’objectif de la réforme de l’assurance — maladie en 2004, qui certes, ne reprend pas l’ensemble des projets gouvernementaux et du Medef, mais donne les clés qui pourraient ouvrir la voie à une privatisation de la Sécurité sociale (instauration de franchises, place des assurances complémentaires dans la " gouvernance " de la Sécurité sociale…). Pour le SNES, le droit à la santé est un droit fondamental qui exige la gratuité des soins utiles et nécessaires. C’est vers cela qu’il faut tendre et non vers une diminution de l’assurance-maladie obligatoire, ce qui suppose que le financement de la " Sécu " soit conforté et mette à contribution notamment les revenus financiers des entreprises. Le SNES s’oppose donc au développement des logiques assurancielles qui sélectionnent en fonction des ressources ou des risques encourus. Il agit pour le développement d’une politique de santé publique, réorientant les dépenses vers la prévention, et développant une médecine du travail performante. C’est aussi en luttant pour combattre les inégalités sociales (de vie, de travail, de logement) que l’on réduira les inégalités sociales de santé particulièrement importantes en France et qui se traduisent par des écarts d’espérance de vie élevés entre ouvriers et cadres.
En ce qui concerne la politique familiale, le SNES conteste les conceptions développées par le gouvernement, qui visent à maintenir ou faire revenir les femmes à la maison, comme le montrent diverses mesures qui privilégient la garde d’enfants à domicile (embauche d’une salariée pour les familles aisées, garde par la mère dans les familles les plus modestes, sans véritable choix). Certes, pour les fonctionnaires, dont l’emploi est garanti, le problème ne se pose pas de la même manière que pour des femmes à insertion professionnelle fragile, qui risquent ainsi d’être durablement écartées de l’emploi. Mais pour le SNES et la FSU, il s’agit plutôt, tout en respectant les choix de chacun(e), de favoriser l’activité des femmes en développant des modes de garde diversifiés, qui ne les éloignent pas de l’emploi, en relançant la construction de crèches et en mettant en place un service public d’accueil de la petite enfance. Le SNES et la FSU sont favorables à un aménagement du service dès le troisième mois de grossesse, et à l’allongement du congé de maternité, et se félicitent de la création du congé de paternité, même si sa durée est très limitée. L’objectif doit être de développer une participation égale des pères et des mères à l’éducation des enfants.
Dans l’Éducation nationale, la santé scolaire est sinistrée, et le manque d’infirmières limite les possibilités de prévention et d’éducation à la santé. Pour les personnels, il n’existe pas de véritable médecine du travail. C’est pourquoi le SNES se bat pour exiger des visites médicales obligatoires, des créations de postes pour la médecine de prévention, et un fonctionnement démocratique et efficace des Comités hygiène et sécurité. Pour le SNES, la pénibilité de nos métiers doit être reconnue, et il réclame l’élargissement de la listes des maladies professionnelles non encore prises en compte, et de vraies possibilités de réemploi et reconversion pour les personnels. En ce qui concerne les personnels handicapés, il reste beaucoup à faire pour en développer le recrutement et pour obtenir le maintien en poste de collègues devenus handicapés, par une assistance humaine et les moyens matériels nécessaires.
Sauvegarder et améliorer une protection sociale solidaire de qualité est un choix de société, c’est celui que défend le SNES.