Site du SNESLe projet de programme proposé en consultation aujourd’hui n’apportent aucune réponse aux questionnements exprimés par les collègues dans notre enquête.
Résultats de la consultation syndicale sur le programme de 6ème en vigueur depuis septembre 2005
Suite aux différentes audiences auprès des IG de STI et de Luc Chevalier, président du groupe d’experts, nous avons décidé de consulter les collègues sur le programme de 6ème en vigueur depuis la rentrée 2005. Il sert en effet de base à la construction du nouveau programme proposé aujourd’hui pour le niveau 6ème et est décliné pour le cycle central (le niveau 3ème étant juste retouché en surface).
Les réponses confirment l’opposition des collègues au programme de 2005 et donc aux propositions actuelles. Les collègues se plaignent aussi du manque d’équipement et des dotations horaires insuffisantes : grande disparité, et généralement insuffisance, dans les horaires, les moyens, les dotations. Les promesses faites lors de la mise en place de ce programme n’ont pas été tenues.
Dans leurs commentaires, un problème de fond est abordé par les collègues.
Cette discipline qu’on nous demande d’enseigner par ce programme de 6ème est-elle encore de la technologie ? Les collègues sont déconcertés par des contenus nouveaux et des démarches mal adaptées aux notions à aborder. L’accompagnement et les formations proposées sont souvent incomplètes et manquent de
sérieux.
Les programmes proposés en consultation aujourd’hui n’apportent aucune réponse aux questionnements des collègues et engendreront certainement les mêmes difficultés. Le groupe technologie du SNES les conteste comme il a contesté celui de 6ème appliqué depuis septembre 2005.
Ceux qui nous mettent en garde contre le risque de voir disparaitre notre discipline de l’enseignement des collèges, suite à un refus du projet de programme, sont les mêmes qui, peut être eux même victimes inconscientes d’une expression ministérielle des objectifs de cette réécriture volontairement tronquée ou masquée, participent à sa destruction en la vidant de tous ses contenus et de toutes ses démarches spécifiques, au détriment des élèves. Peut-on nous reprocher de scier la branche mourante sur laquelle on nous contraint, alors que dans le même temps on abat à grands coups de hache le tronc sain qui nous porte ?
Pour la consultation sur les propositions de programme le président du groupe d’experts a fait diffuser un questionnaire totalement verrouillé. En préambule de celui-ci il rappelle que " Le traitement de l’ensemble des réponses aux questions ci-dessous permettra d’obtenir des résultats quantitatifs et qualitatifs sur l’appropriation des nouveaux programmes par les acteurs de l’enseignement de la Technologie. La mission du groupe d’experts étant limitée à la définition des contenus du programme, la consultation ne porte que sur cet aspect."
Autrement dit on nous demande de juger la clarté du discours mais pas le discours lui-même, la forme mais pas le fond... Effectivement toutes les questions sont rédigées de façon fermée.
"Les objectifs de formation centrés sur la conception et la réalisation des produits, ainsi que l’impact de ces produits sur la société et l’environnement, sont-ils suffisants pour atteindre les finalités (de l’enseignement de la technologie telle que nous le définissons) ?"
"Les finalités font-elles apparaître clairement que la Technologie fait partie du pôle scientifique des enseignements du collège ?"
ou encore
"Le niveau d’approfondissement (1, 2 et 3) noté dans la deuxième colonne des tableaux vous permet-il de mieux appréhender l’objectif de formation ?"
Le groupe technologie du SNES a refusé de compléter ce questionnaire et a choisi de ne renseigner que certaines rubriques " remarques "…et d’aborder quelques questions de fond en remarque générale.
La consultation au niveau des académies est de la responsabilité des IPR et Recteurs. Certains Recteurs ont déchargé de leurs cours sur une demi-journée les collègues, d’autres pas. Certains IPR n’ont fait que transmettre les documents, d’autres organisent la consultation et certains la dirigent tellement qu’elle devient totalement verrouillée. Les collègues réclament le droit à la consultation sur leurs heures de cours.
Le groupe technologie ne consultera pas les collègues sur les propositions de programme. Il a mis en ligne le dépouillement complet de l’enquête sur le programme de 6ème 2005 qui suffit à faire apparaitre le manque d’intérêt et les difficultés de mise en œuvre du programme proposé aujourd’hui. Il a invité les collègues à s’inspirer des réponses proposées dans les rubriques " remarques " du questionnaire type Chevalier mis en ligne sur le site, adressé à tous les syndiqués.
Les collègues qui ont espéré depuis 3 ans une amélioration jugent les propositions pires encore, la réécriture n’a pas eu lieu.
SNES – secteur contenus – groupe technologie 15 mai 2008
130 réponses, réparties sur l’ensemble de académies avec une relative importance des "Hors de France".
Pour les horaires appliqués, sur les 109 réponses 30 collèges ne respectent pas l’horaire minimum élève ou la dotation en heures d’enseignement. Pour 90% des collèges l’enseignement est organisé en groupe pour tout ou partie de l’horaire Pour la moitié, la solution 1GR=1/2CL est retenue. Elle permet l’organisation facile des emplois du temps sans trop casser la tête des principaux et adjoints mais elle est utilisée au détriment des horaires et souvent comme un pis-aller lorsque d’autres organisations plus élaborées sont impossibles. Beaucoup de collègues disent préférer les solutions 3GR=2CL (très souvent en 4ème et 3ème) ou 4GR=3CL qui permettent avec des effectifs de classes proches de 26 élèves des groupes inférieurs à 20 ce qui conforme à l’effectif à ne pas dépasser. Ces solutions sont adoptées par l’autre moitié des collèges.
L’effectif idéal est indiqué comme proche de 17 élèves par groupe et ne doit pas dépasser 20. 90% des collègues jugent la dotation matérielle insuffisante pour accueillir une classe entière et disposent de 7 à 13 postes informatiques dans leur salle.
Le thème des moyens de transport imposé comme support pédagogique est jugé comme faisant partie de l’environnement des élèves. Les profs qui le veulent peuvent "s’arranger" avec leurs libertés pédagogiques et leurs choix de support même s’ils trouvent cela contraignant. Par contre les concepts abordés sont jugés mal adaptés à des enfants de 11 ans.
La démarche d’investigation, jugée inadaptée à la compréhension des notions du programme, est rejetée par une majorité de collègues.
La démarche de résolution de problème apparait très légèrement plus proche de nos pratiques mais sa mise en œuvre et l’environnement matériel important qu’elle nécessite la rendent globalement à peine moyennement adaptée à toutes les notions.
Les pré-requis de l’école primaire (objets mécaniques, transmission de mouvements, levier, balance, équilibre) et la structuration de ces connaissances apparaissent insuffisants pour 80% des collègues. Les pré-requis des élèves pour la pratique du traitement de l’information textuelle et la structuration des connaissances relatives aux TIC sont jugés insuffisants chez les élèves à l’entrée en 6ème par 70 à 80% des collègues, c’est un peu mieux que pour les notions technologiques.
La réalisation individuelle a été abandonnée par une trentaine de collègues mais très souvent sous la contrainte des effectifs et des moyens insuffisants. Sur l’ensemble des contenus, seule la réalisation est réellement traitée en entier et lorsque cela ne l’est pas c’est souvent à cause, là aussi, de l’effectif ou de l’équipement de la salle.
L’ensemble du programme est considéré comme trop chargé et ne satisfait pas les collègues.
SNES - secteur contenus - groupe technologie
Juin 2008