Site du SNESCréée en 1983-1985 la technologie en collège a eu du mal à s’imposer comme discipline à part entière et ce pour de multiples raisons, en particulier :
héritière du travail manuel puis de l’ enseignement manuel et technique à faible légitimité institutionnelle.
confusion liée au terme lui-même et à sa faible reconnaissance sociale dans la société.
Pas d’ancrage universitaire.
Les Programmes actuels :
En 6 ème : juxtaposée à une fabrication abordée au travers de deux réalisations (mise en forme de matériaux et construction électronique), se met en place l’appropriation raisonnée du micro ordinateur (travaux sur traitement de texte).
Dans le cycle central mise en place de scénarios qui sont des éléments de fabrication avec une approche de la réalisation d’automatismes pilotés par ordinateur. De réelles difficultés dans la mise en oeuvre, des doutes sur leur pertinence.
En classe de troisième l’outil informatique est privilégié dans le domaine de la conception, de la réalisation, jusqu’à la communication.
Mais en fait, ces contenus minimums sont parfois largement dépassés : certains enseignants replacent l’objet technique dans les problématiques du " besoin " et de l’" analyse fonctionnelle " allant jusqu’à montrer que la satisfaction du besoin est fonction de l’environnement social et économique, ils placent ainsi leur enseignement à un haut niveau de conceptualisation.
Une discipline d’enseignement général :
Elle apporte à l’élève la connaissance d’outils modernes, liés aux pratiques qui lui sont nécessaires, elle lui donne des éléments de culture professionnelle tant en terme de savoirs que de compétences gestuelles, en conséquence elle devrait permettre d’effectuer un choix d’orientation positif et éclairé à l’issue de la troisième.
Un enseignement qui ne peut se développer qu’en petits groupes pour les manipulations, le suivi de la démarche de l’élève par l’enseignant.
Discipline de réalisation et de manipulation (parfois avec des outils complexes ou nécessitant le respect de consignes de sécurité) les situations de fabrication confrontent l’élève à des situations nouvelles qui nécessitent des apprentissages techniques, comportementaux pour chercher et trouver les solutions les mieux adaptées.
Le recours aux consignes, au décryptage de codes spécifiques (dessin, schéma, contrats etc.), leur respect, l’enchaînement logique des opérations nécessaires, le respect impératif des procédures sont autant de contraintes génératrices d’un savoir faire qui renvoie aux modes de fonctionnement des autres disciplines et contribue à donner du sens aux études en collège.
Discipline qui oblige à faire des choix dans les solutions à retenir, elle oblige à agir. Elle permet de faire le lien entre différentes connaissances compartimentées. La fabrication permet de valider les connaissances de l’élève et leur mise en cohérence.
Une démarche de projet technique qui impose un travail sur plusieurs disciplines.
La technologie travaille à partir des savoirs qui lui sont propres et de savoirs d’autres disciplines. Elle mobilise les connaissances dans diverses disciplines pour appréhender un problème réel :
Electronique-Informatique
Mécanique Informatique
Economie gestion
Le Snes propose une culture commune en collège qui soit une culture ouverte incluant la culture technologique pour tous, signifiante et permettant le développement de l’élève, mais s’inscrivant dans le cadre d’une formation générale. Elle ne peut avoir pour finalité de
préparer certains élèves à une orientation professionnelle plus ou moins précoce, mais
s’adresser à tous les élèves. Cette formation doit répondre à plusieurs objectifs :
acquérir une connaissance approfondie des " métiers de production ".
valoriser ainsi tous les métiers.
apporter une diversification dans les contenus par une assise plus concrète et plus accessible à tous les élèves au travers de la relation et à l’objet créé et à l’outil utilisé (y compris informatique).
Comment construire chez tous les adolescents, une culture initiale (des concepts, des savoirs, des savoir-faire) propre à leur faire penser le monde de la technique, à s’y inscrire et à agir sur lui ? Leur permettant par exemple :
de comprendre l’évolution des modes et des moyens de production
de comprendre les normes de sécurité et leur genèse
de différencier production de biens et de services
de comprendre les débats autours des bio-technologies
d’avoir le souci de l’environnement
de donner du sens à toute fabrication-réalisation en la re-situant dans son contexte TECHNIQUE, ECONOMIQUE, SOCIAL, CULTUREL et HISTORIQUE, de la 6ème à la 3 ème.
Ce qui importe, c’est que la technologie de collège reste un élément de la culture commune de tous les élèves ainsi elle doit comme les autres disciplines avoir des contenus qui permettent de développer une activité réflexive.
C’est pourquoi nous refusons :
de réduire ce temps d’enseignement et de faire accepter cet enseignement comme moyen d’orientation vers l’enseignement professionnel.
toute dérive réductrice tendant à privilégier un rapport descriptif et normatif aux objets techniques, ou au développement de " l’intelligence du geste ".
que cette discipline devienne des sciences pratiques.
Le travail sur les objets matériels (artefacts) doit également travailler sur le rapport d’usage car il est impossible d’isoler la technique :
de son usage, de son contrôle ;
de l’utilité de certaines techniques (questions éthiques), de leur action sur l’environnement ;
de la diversification, de l’uniformisation des consommations, des modes de vie à partir des techniques utilisées.
C’est une discipline aux pratiques pédagogiques diversifiées qu’il faut encourager et valoriser afin de permettre à tous les élèves de s’approprier les éléments d’une culture commune technologique indispensable pour vivre et agir dans le monde d’aujourd’hui.
A partir de la technologie, on peut permettre au collégien de s’ouvrir sur l’histoire récente du monde (par l’approche historique des techniques), sur sa sociologie (par des éléments de culture ouvrière et professionnelle).
C’est donc une discipline ouverte à d’autres champs disciplinaires, permettant aux élèves de faire des liens entre ce qu’ils apprennent dans différentes disciplines.