Site du SNESLes langues vivantes sont obligatoires à l’école primaire (dès le CE1) et dans le secondaire (collège, lycée), où leur enseignement se fait selon des modalités différentes et en suivant des programmes nationaux ayant intégré le CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues).
Engagés, malgré eux, dans une réforme qu’ils contestent, les enseignants de langues vivantes se voient souvent contraints de mettre en place des groupes de compétences, pourtant non obligatoires (cf. article D.312-17 du code de l’éducation) et pressés de préparer, sans concertation, des nouvelles épreuves au Baccalauréat (cf. http://www.snes.edu/Decret-juillet-...), quand ils ne se battent pas pour savoir comment partager un horaire globalisé pour toutes les langues qui crée des inégalités de traitement des élèves sur le territoire.
Au collège, où les effectifs sont aussi pléthoriques qu’au lycée, l’approche par compétences, nouveau dogme pédagogique qui tend à remplacer toute autre approche (par objectifs, par projets, active...), incarné dans un livret critiqué par de nombreux pédagogues et spécialistes, pousse souvent les collègues à en oublier les programmes existants, qui comportent pourtant des faits de langue et de culture. C’est pourquoi le SNES demande aux personnels de continuer à ne pas entrer dans la démarche du LPC en cette rentrée et à mener campagne sur cette question auprès des parents d’élèves et de l’opinion publique. Le SNES interviendra de nouveau auprès du ministère pour demander la suppression du LPC (http://www.snes.edu/-Redonner-un-av...).
Quant à la diversification, reflet de l’existence de sociétés et de cultures diverses, qu’elles soient étrangères ou régionales, elle n’est l’objet d’aucune attention, la communication du Ministère allant dans le sens du tout anglais. Préférant mettre les moyens sur les dispositifs en dehors de la classe, plutôt que de les mettre dans le cadre de la classe, par des dédoublements par exemple, le Ministère prétend rendre « bilingues » des élèves, notamment via les stages intensifs d’anglais.
Au SNES-FSU, nous pensons que la réponse aux vrais besoins passe par :
le retour à 3h hebdomadaires par classe à effectif réduit ;
une politique réelle et ambitieuse de diversification des langues ;
une véritable formation continue des enseignants qui leur permettrait de reprendre la main sur leur métier, récupérant ainsi un optimisme qui leur fait parfois défaut car ils sont lassés des dogmes et des réformes à marche forcée qui se succèdent ;
limiter au maximum le CCF (contrôle en cours de formation) qui menace les épreuves terminales nationales auxquelles nous tenons et que des certifications d’officines semi-privées tentent de remplacer, en dépossédant les enseignants de leur pouvoir d’évaluer et d’être garants d’un niveau atteint ;
le développement de l’exposition linguistique des élèves (films en V.O sur le service public, par exemple).
Groupe Langues vivantes national,
Thérèse Jamet-Madec et Marc Rollin