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Technologie

TECHNOLOGIE COLLEGE - POURQUOI FAIRE ?

La technologie, discipline générale de collège, vise à permettre aux élèves de s’approprier un monde technique en évolution, afin qu’adultes, ils puissent participer à son développement et, par une réflexion critique, à son contrôle social et citoyen.

Parce qu’elle est liée à l’évolution rapide des techniques et à ses conséquences sociales, la Technologie, reconnue discipline d’enseignement et de culture générale, a vécu de nombreux soubresauts et adaptations depuis sa création. Les difficultés auxquelles elle a été d’abord confrontée résident dans sa définition, et dans la confusion qu’entretient son appellation.

Pour le SNES, l’intérêt de cette discipline réside surtout dans les pratiques pédagogiques qu’elle organise à partir de la “démarche de projet technique”. Par cette démarche active liée à la notion de production ou de fabrication dont l’aboutissement et l’évaluation sont les critères essentiels de validation de ce qui est acquis, la Technologie donne du sens et valorise, sans les concurrencer ou s’y substituer, les différents apports disciplinaires de l’enseignement scientifique que l’élève utilise.

Au cœur de cette démarche, la confrontation à la réalité et à l’organisation du monde du travail, conjugue des questions pratiques, théoriques et morales qui orientent les valeurs que les élèves construisent. Le travail de mémoire, fait à partir de l’histoire des techniques, incite à développer vigilance et esprit critique vis-à-vis d’un présent trop fascinant et d’un futur à construire avec beaucoup de prudence.

Par la culture qu’elle construit à l’issue du collège, associée à la connaissance d’outils modernes liés à ses pratiques, cette discipline aide les élèves, dans leur choix d’orientation vers des formations générales, technologiques ou professionnelles. Découvrez les actes du colloque Quelle place pour la technologie dans la culture ? SNES-AEAT http://www.adapt.snes.edu/spip.php?...

Cependant peu de place lui est donnée dans le socle commun de compétences et de connaissances. Est-ce dû au fait que les textes produits par le ministère sont construits à partir des directives d’harmonisation des systèmes scolaires européens où la Technologie, telle qu’elle est enseignée en France au collège, est souvent ignorée ?

De fait, la Technologie reste très mal représentée dans toutes les instances ministérielles parce qu’elle est éloignée des enseignements et recherches universitaires et qu’elle ne dispose toujours pas d’un réel corps d’inspection. De leur propre aveu d’ailleurs, les Inspecteurs Généraux de rattachement n’ont pas été sollicités et ils ne réussirent qu’à imposer quelques mots à la fin de certains paragraphes de la deuxième version des grilles de référence du socle commun.

De plus, volonté délibérée plus que négligence du ministère, la technologie reste la seule des disciplines du collège qui ne puisse être enseignée en lycée et pour laquelle, avec la documentation, il n’existe toujours pas d’agrégation. Pour ces raisons, elle subit les attaques alternées et répétées de différents lobbys disciplinaires qui, souhaitent l’asservir en la chargeant d’une partie de leurs contenus d’enseignement trop techniques ou voudraient la voir disparaître pour en récupérer les moyens.

Le nouveau programme imposé par le Ministère au mépris du Conseil Supérieur de l’Education qui à voté contre en juillet 2008 http://media.education.gouv.fr/file... abandonne en grande partie l’idée du projet technique au profit de la démarche d’investigation : il ne s’agit plus de produire un objet à partir d’un besoin, mais de comprendre son fonctionnement.

L’amalgame actuel entre “sciences” et “technologie” aboutit à une confusion sur les concepts, les objectifs et les démarches se réduisant à un discours sur la technique d’où l’évaluation par la production sera exclue.

La démarche d’investigation, que l’on cherche à imposer comme outil de pédagogie, est totalement inadaptée pour isoler le besoin auquel répond un objet technique, analyser son fonctionnement ou justifier les choix et solutions pratiques associés à sa fabrication. Les collègues la rejettent, comme plusieurs enquêtes nous le montrent, parce qu’elle participe à réduire l’élève à un simple opérateur, maîtrisant, au mieux, quelques outils sans aucun recul ni esprit critique. En s’éloignant de la démarche de projet, les nouveaux programmes, ne sont pas de nature à modifier la désaffection que connaissent actuellement les sections scientifiques et technologique dans les vœux d’orientation des collégiens et c’est ce que montrent les évaluations du dispositif EIST (Enseignement Intégré de Science et Technologie). Réécriture après réécriture, ils accentuent les inégalités sociales en confortant le virtuel, sans doute moins coûteux, au détriment de la confrontation au réel qui faisait le socle de notre discipline.

La Technologie permettait à l’élève de donner du sens à ses apprentissages souvent nouveaux, en construisant une approche fonctionnelle de l’objet à partir de la notion de besoin et en se fondant sur la démarche de projet technique. Cette démarche présentait une vision globale des processus, des savoirs et des savoirs-faire, en imposant des parcours cohérents et obligés de compréhension, d’études, de réalisation, de distribution, d’utilisation d’objets techniques.

Par ailleurs, les recommandations d’organiser la pédagogie en groupe d’élèves n’apparaissent plus dans les nouveaux textes et les plans d’équipement diffusés par les Inspecteurs Généraux et Inspecteurs Pédagogique Régionaux de rattachement de la discipline sont totalement utopistes et déconnectés de la réalité du collège. Enfin, les épreuves pratiques supprimées des concours de recrutement achèvent de vider la discipline de ses dernières références à la culture technique et à la production industrielle. L’élévation du niveau de recrutements au master (quel master peut-on associer à la Technologie ?) n’aidera en rien lorsque le nouveau programme transforme le cours de Technologie en une vague leçon de choses sur quelques notions techniques et scientifiques.

Vouloir faire de cet enseignement une sous-matière au service des disciplines scientifiques n’a aucun sens et remet en cause toute sa cohérence.

L’objet de la Technologie n’est pas l’expérimentation et la vérification d’hypothèses scientifiques comme on veut nous le laisser croire. La Technologie ne travaille pas directement sur les savoirs, mais les connecte les uns aux autres.

Le SNES continuera à se battre pour que la technologie reste une composante de la culture commune, qu’elle soit revalorisée et obtienne enfin les moyens nécessaires à un enseignement en groupes réduits sur les quatre niveaux du collège.

Le SNES, qui a toujours été force de propositions, défendra ce qu’il sait juste et soutiendra les collègues de cette discipline face aux attaques et aux difficultés qui sont les leurs.

Dans la rubrique technologie vous trouvez en liens les informations et les textes officiels, outils indispensables à la défense de notre discipline, de ses particularités et de ses enseignants.

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