12 avril 2004
Au moment où Jean-Pierre Chevènement annonce à grand concert médiatique et ferroviaire une lutte de « grande envergure » pour la lecture, au moment où il place les CDI en première ligne dans ce combat, nous avons tout lieu de croire que le sabre qu’il brandit si haut n’est qu’un sabre de bois...
Il ne suffit pas de disserter sur de bons objectifs pour faire une bonne politique. Or, l’énoncé de ces fiers principes tombe au moment où le nombre de créations de postes de documentalistes tombe à 110 (4 fois moins qu’en 1982, 3 fois moins qu’en 1983) !
Ainsi, encore une fois, le ministère charge la barque des taches exigées des documentalistes sans prendre la peine de s’engager tant soit peu dans la satisfaction des revendications exprimées dans notre pétition nationale. Non seulement les intentions du ministère, en l’état actuel, demeurent inacceptables, mais encore les discussions engagées sont toujours au point mort.
Le développement de l’action est donc, plus que jamais, nécessaire ; d’autant que si dans la prévision du budget 1986 l’attribution de l’échelle indiciaire des A.e C.e à tous les A.e est mise à l’étude, le coût envisagé est tellement surévalué (de 5 à 10 fois !) qu’on se demande s’il ne s’agit pas de se créer alibi pour la refuser...
La campagne de pétition nationale doit, maintenant, déboucher sur des actions d’un niveau supérieur. Notre congrès de Besançon nous a donné le mandat d’une action au cours du 3ème trimestre, située dans la perspective d’ « Assises nationales pour une charte de la documentation à l’école » en 1985-86. 5 juin 1985 : une date à retenir : le SNES a donc pris la décision d’organiser une journée nationale d’action, de réflexion et d’échanges, qui se traduira par un rassemblement, à Paris, mercredi 5 juin.
Au programme :
le matin ; forum permettant aux documentalistes d’échanger d’échanger informations et réflexions sur l’ensemble de leurs problèmes (fonctions, formation, recrutement, situation) ;
L’après-midi : conférence de presse nationale, délégations au ministère pour déposer les pétitions, auprès des groupes parlementaires et des organes de presse.
Pour préparer cette journée nous demandons aux S2 et S3, avec le soutien des témoignages des documentalistes, d’organiser des conférences de presse et des délégations auprès des I.A et des rectorats.
Dans le même temps les S1 feront le nécessaire pour prendre en charge l’information de l’opinion locale, notamment des parents d’élèves.
Un matériel complémentaire va être édité pour permettre que cette action spécifique soit en même temps celle du syndicat tout entier.
Le succès de nos revendications a pour prix notre action. Il nous faut y travailler.
Jean-Louis CHARBONNIER, US n° 112 du 17 mai 1985