13 avril 2004
Le changement dans l’ordre de la pédagogie est une idée chère aux documentalistes. Responsables d’un centre de ressources éducatives, leur identité s’est constituée autour de pratiques pédagogiques dites « actives ». Quand il s’est agi de « rénover l’école », on conçoit qu’ils s’en soient sentis acteurs. A n’en pas douter, dans cette entreprise, ils ont payé de leur personne. Le CDI devait en être le passage obligé...
Mais ce fut à sens unique. Après quelques mesures positives dont on peut dire, avec le recul, qu’elles étaient destinées à faire patienter, les changements promis, et que les documentalistes bibliothécaires attendaient, ne se sont pas produits. Pire, certaines mesures conduisent à une détérioration de leurs conditions de travail et de vie : comme fonctionnaires, comme enseignants, mais aussi comme documentalistes.
la circulaire de mission ne parait pas ;
le ministère ne veut toujours pas entendre d’un recrutement des documentalistes par la voie du Capes.
le gouvernement ne veut pas attribuer aux A.e documentalistes l’échelle indiciaire des A.e Chargés d’enseignement, au moment où des personnels exerçant les mêmes fonctions mais à la qualification sensiblement inférieure accèdent à des rémunérations plus favorables (instructeurs et MA III ) ;
l’utilisation massive des jeunes T.u.c en C.d.i. , en même temps qu’elle déqualifie la profession, vise à masquer les insuffisances en personnels, quand, effet de la « priorité à l’éducation nationale » sans doute, le nombre de postes créés tombe à 50 [1], le niveau atteint par Beullac en 1979 !
Dans ces conditions, être un acteur de la transformation de l’école, exige des documentalistes qu’ils soient pleinement des acteurs sociaux.
Ni le ministère, ni le gouvernement ne leur accorderont au vu de leur seul engagement professionnel, ce qu’ils attendent. Bien au contraire ! Il leur faut agir. Le S.n.e.s. leur en offre deux nouvelles occasions dans un proche avenir.
La journée nationale inter catégorielle, le 11 décembre s’adresse aux documentalistes, qu’ils soient A.e., certifiés ou agrégés, pour exprimer leurs revendications, leurs exigences pour un service public d’éducation de qualité.
Les « assises nationales pour une charte de la documentation à l’école » les 24 et 25 janvier 1986 leur donneront l’occasion, avec leurs collègues enseignants de discipline, d’exprimer ce que doit etre un CDI au service d’une école de la réussite.
Notre force est de pouvoir mobiliser tous nos collègues pour que les revendications de tous avancent.
Décidément, le S.n.e.s. est bien le syndicat des documentalistes
Jean-Louis Charbonnier, Us n°123 du 8 novembre 1985
[1] Et non 66 comme indiqué, par erreur, dans l’Us n° 121.