29 avril 2004
La création du CAPES de documentation en 1990 a donné une crédibilité nouvelle au métier de documentaliste. Nous en avions bien besoin !
Confinés dans le « statut » d’adjoint d’enseignement (dans tous les sens du terme !), les documentalistes voyaient leur nécessaire qualification scientifique et pédagogique enfin reconnue. Mais cette qualification peut-elle toujours s’exercer ?
Nos conditions de travail restent scandaleuses. Surcharge de travail dans tous les domaines : formation des élèves, accueil d’un public toujours plus nombreux et hétérogène, CDI permanence, gestion de notre centre, mission d’information et de communication. A cela s’ajoutent « l’investissement personnel » dans l’informatisation, les projets, la nécessaire concertation avec les enseignants. Sans oublier les dérives éventuelles imposées à nos fonctions : dans certains cas prestataires de services, dans d’autres « professeurs de documentation », heures CDI imposées...
Si nous voulons que notre métier évolue positivement, notre congrès devrait se prononcer pour :
1 un véritable plan pluriannuel de recrutements de certifiés documentalistes, car le ministère n’a pas tenu ses promesses. Il faut rapidement un minimum de deux postes par établissement ;
2 la création d’un corps de personnels techniques qualifiés en CDI qui nous libérerait des tâches matérielles et recentrerait notre profession sur sa priorité pédagogique. Le recours aux CES ne peut absolument pas répondre à ces besoins ;
3 une nécessaire évolution de la définition du service des documentalistes qui pourrait se faire en référence aux 18 h des certifiés et qui tiendrait compte des différents volets de notre fonction, à savoir 18 h x 1,5 soit 27 heures de maximum de services en CDI que nous réclamons depuis plusieurs congrès. Car enfin, est-il normal que pour une séquence pédagogique en CDI effectuée par un professeur et un documentaliste, le décompte soit de 1/18ème ou 1/15ème pour l’in et de 1/30ème pour l’autre ?
Notre congrès devrait aussi rappeler nos demandes de la création de l’agrégation, du développement des formations universitaires (licence, maîtrise) d’une inspection spécifique et qualifiée pour valider l’évolution de notre métier de documentaliste.
Danielle COURTOUX - Jean-Pierre HENNUYER, Us n° 308 du 6 mars 1993