12 avril 2004
1994 : le ministre propose...
Dans tous les collèges : 1 CDI et 1 documentaliste d’ici trois ans. Cette mesure devrait mettre un terme à l’implantation massive et inacceptable de demi postes et permettre la diminution progressive du nombre scandaleux de titulaires académiques. Nous pensons qu’il est possible d’atteindre cet objectif beaucoup plus rapidement puisque ces titulaires académiques, pour la plupart, exercent leur fonction de documentaliste sur des postes provisoires. Nous devons veiller à ce que le ministère dote bien tous les collèges, y compris les petits collèges ruraux où le rôle du CDI, centre de ressources, nous semble particulièrement important. Pourtant, au-delà de cet engagement, dont nous prenons acte, nous devons continuer à exiger un plan de recrutements ambitieux à la mesure des besoins qu’implique la formation de tous les élèves à l’information et à l’utilisation d’un centre de ressources. Le « à terme » de la proposition 50 du ministre signifie-t-il qu’on se contenterait d’un documentaliste par établissement, qu’il y ait 200 ou 1000 élèves ? Nous ne pouvons admettre que de nombreux collèges d’environ 1000 élèves ne possèdent qu’1 poste de documentaliste et complètent l’ouverture du CDI par des C.e.s. Les CDI de lycées, même tous pourvus, ne peuvent pas plus remplir leur mission ; dans l’académie de Créteil, par exemple, 25 lycées de plus de 1000 élèves n’ont qu’un poste. Les décisions qui seront arrêtées à la mi juin doivent comprendre des engagements sur le long terme, de la part d’un ministre qui se dit préoccupé par les problèmes de lecture et de méthodologie.
C’est pourquoi nous proposons un volet documentation à la loi de programmation, poursuivant des recrutements sur 5 ans pour arriver « à terme » à un documentaliste par 12 classes (proposition du SNES n°19).
Le vivier de candidats existe. En 1993 il y avait 1976 candidats au Capes externe pour 650 postes (569 reçus) et 1203 candidats à l’interne pour 600 postes (476 reçus). En 1994 il y avait 3568 inscrits à l’externe, 2616 ayant concouru et 1352 à l’interne dont 1029 se sont présentés. La baisse brutale de deux tiers des postes aux concours 1994 est justifiée pour le ministère par la nécessité de diminuer le nombre de titulaires académiques devenus trop important, donc ingérable. Ce qui est un comble, quand on sait que c’est le ministère lui-même qui a créé cette situation en refusant d’implanter - ou de faire implanter par les recteurs- dans les établissements, les postes pour affecter les personnels recrutés !
La proposition du ministre doit etre revue dans ce sens afin d’ouvrir des perspectives d’un encadrement significatif d’enseignants documentalistes dans tous les C.D.I.
Danielle Courtoux, Jean-Pierre Hennuyer, US N°340 du 2 juin 1994