3 mai 2004
La version définitive du rapport Meirieu a rajouté dans le principe 8 sur la culture commune qu’ « il est essentiel que chaque élève bénéficie au lycée d’une formation à la recherche documentaire ». Dont acte ! Mieux vaut tard que jamais ! « Les documentalistes ont ici une responsabilité particulière qu’ils exercent à travers l’animation du Centre de documentation et d’information ». Nous avoir oublié dans le questionnaire enseignant pour aboutir à cette formulation est assez révélateur. Nous ne sommes pas des enseignants documentalistes mais des animateurs de C.d.i. Cette responsabilité particulière peut justifier notre ersatz d’I.s.o. !
Nous avons toujours défendu l’idée d’une culture commune intégrant la formation à l’information. La généralisation d’une formation à la recherche documentaire semble positive mais elle pose bien des questions. Le projet d’introduire dans l’évaluation de Première la constitution d’un dossier interdisciplinaire, l’incitation à rester travailler au lycée devraient, en plus de la formation à la recherche documentaire, accroître considérablement les demandes en direction des C.d.i et donc en direction des enseignants documentalistes. Il faudrait donc recruter. Les candidats ne manquent pas : 2565 inscrits pour 100 postes au C.a.p.es. cette année. Mais non, il est moins coûteux de préconiser l’ouverture des C.d.i « pendant toutes les journées scolaires, le mercredi et le samedi toute la journée et pendant les vacances... sous la responsabilité de personnels compétents assistés d’emplois jeunes ». (Proposition 44)
Vive l’unique documentaliste animateur de C.d.i et d’une équipe d’emplois jeunes (39 h, le S.m.i.c.) ! Quel mépris ! Quel manque d’ambition pour la formation des élèves
Depuis des années, le ministère refuse de créer les postes. 300 collèges en sont toujours dépourvus, 3119 postes pour 2662 lycées et lycées professionnels. Quel taux d’encadrement ! Incompatible en tout cas avec une véritable formation des élèves ! Incompatible avec la réduction de notre service à 27 heures qui permettrait la concertation avec nos collègues de discipline pour la préparation et l’évaluation des travaux documentaires !
Notre audience du 30 avril au cabinet de Mme Ségolène Royal nous a permis de réaffirmer une conception bien plus exigeante du métier d’enseignant documentaliste. Comme par hasard, tous nos contentieux et tous les dossiers sont au point mort ! Vos témoignages sur l’utilisation des emplois jeunes sont accablants.
Jusqu’où ira-t-on dans la remise en cause de notre qualification ?
Danielle Courtoux, Jean Pierre Hennuyer
Us n°466 du 30 mai 1998