3 mai 2004
L’arrivée des emplois jeunes dans les C.D.I. est souvent cacophonique.
Certains enseignants documentalistes ont été mis devant le fait accompli ou n’ont pas eu voix au chapitre pour élaborer un profil et un contenu des missions. D’autres qui avaient, dans le cadre d’un projet de service, fait état de leurs besoins en aide n’ont droit à la présence d’un jeune que quelques demi-journées par semaine ! La polyvalence est imposée sans aucune concertation.
Plus graves sont les dérapages avec l’ouverture en responsabilité des C.D.I. par les emplois jeunes. Certains collègues, malheureusement, s’en accommodent. D’autres, beaucoup plus nombreux, sont l’objet de pressions, de chantages à l’emploi du temps, aux crédits... L’on voit des C.D.I. ouverts par des emplois jeunes les jours de congés maladies, de stages Ma.f.p.e.n, de grève ! Cela suffit !
Nous avons déjà connu de nombreux abus avec les C.E.S. Nous ne posons pas le problème en termes de confiance ou de méfiance. Nous estimons simplement que les emplois jeunes n’ont pas à se trouver en responsabilité d’ouvrir un centre de ressources aux élèves. Il nous faut faire appliquer la circulaire, toute la circulaire : « appui aux documentalistes ». L’on trouve même des collèges toujours privés d’un poste complet d’enseignant documentaliste, où un titulaire académique vient deux jours par semaine, où le C.D.I. fonctionne le reste du temps avec un C.e.s. et (ou) un emploi jeune.
Ces abus doivent faire l’objet d’une prise en charge syndicale dans les établissements concernés. Il ne faut pas laisser aux seuls documentalistes la responsabilité de « gérer le problème ». Ce serait trop facile. Le ministère doit créer les postes, tous les postes d’enseignants documentalistes nécessaires à un véritable fonctionnement pédagogique des C.D.I.
L’arrivée des emplois jeunes peut être bénéfique mais elle doit déboucher sur la mise à l’étude d’une fonction statutaire d’aide documentaliste.
Nous avons été reçus au ministère le 30 avril sur l’ensemble des revendications de notre profession. Nous demandons, par ailleurs, rendez-vous à l’inspection générale établissements et vie scolaire. Certains I.p.r. se sont prononcés contre l’ouverture des C.d.i. par des emplois jeunes. D’autres éludent la question ou approuvent Nous avons besoin d’un maximum de témoignages, positifs et négatifs, sur cette question des emplois jeunes. Écrivez-nous rapidement.
Danielle Courtoux, Jean-Pierre Hennuyer
Us n° 464 du 9 mai 1998