26 septembre 2004
Au-delà de son rôle « traditionnel » de centre de ressources pour la communauté éducative (fonds documentaire structuré de livres, revues, diaspos, vidéos, logiciels, cédéroms...), de ses missions d’information pédagogique et socioculturelle, le CDI se doit d’être un outil pédagogique dans les domaines suivants :
développement et incitation à la lecture, ce qui suppose aide au choix pour les élèves, offre d’un fonds suffisant de lectures variées pour répondre au mieux à la diversité des lecteurs, collaboration avec les enseignants, organisation d’ateliers, d’animations ;
initiation et formation aux TIC : c’est bien dans les CDI que l’on peut trouver un apprentissage à la recherche documentaire informatisée, à l’utilisation pédagogique des cédéroms, d’internet. On ne peut se contenter du discours ministériel, d’une simple mise à disposition de ces outils. Leur maîtrise est un véritable enjeu social ;
formation à la recherche documentaire sur les différents supports : elle n’a de sens, de pertinence et d’efficacité que si elle effectue pour tous les élèves en collaboration avec les enseignants de discipline. Ce qui suppose concertation pour définir en commun les objectifs, les progressions, les évaluations des travaux de recherche.
Le CDI doit être aussi un lieu d’accueil en dehors des heures de cours, pendant la pause méridienne pour la lecture plaisir, le travail personnel de recherche, l’aide individualisée... mais aussi un lieu de vie différent de la salle de permanence et du foyer socio-éducatif (quand il existe !).
Vaste « programme » dans lequel les enseignants documentalistes sont contraints de faire des choix parfois aléatoires.
Le ministère a une conception très réductrice du rôle pédagogique des CDI, au mieux un discours bien pensant, sans ambition. Le gel de l’emploi public ne peut qu’inciter les rectorats à ne pas doter tous les collèges d’un poste complet (nous ne réussissons pas à obtenir un bilan précis, estimation : 250 collèges en majorité à petits effectifs sont toujours sans poste complet. Certains rectorats n’ont créé aucun poste depuis plusieurs années ! Quel rôle pédagogique peut-on attendre d’un documentaliste dans un collège de 600, 800 élèves ?
La nécessité d’un taux d’encadrement en enseignants documentalistes n’est pas intégrée dans la plupart des collèges ! L’ouverture des CDI par les aides-éducateurs risque de devenir monnaie courante, dans l’indifférence quasi-générale, avec la caution de l’inspection vie scolaire.
Le déficit déjà constaté à cette rentrée en enseignants documentalistes risque d’aggraver ces abus.
Courrier du S1 n°5 du 7/11/1998