SNES - FSU

Motions de congrès nationaux du Snes

1999 Extraits des motions du congrès de Lille

15 avril 1999

 

Les Missions

Elles sont toujours définies par la circulaire 86-123 du 13.03.1986 qui souligne " l’appartenance du bibliothécaire-documentaliste à la catégorie des personnels enseignants " et la " nature essentiellement pédagogique " de sa mission. Celle-ci est triple :
- formation des élèves à la recherche documentaire en liaison avec les autres enseignants et incitation à la lecture ;
- responsabilité et gestion du centre de ressources ;
- information de la communauté éducative.

La création du C.a.p.e.s. en 1990 a confirmé le statut d’enseignant documentaliste. Le recrutement par concours a permis l’élévation de la qualification professionnelle. Il a été une étape indispensable pour la reconnaissance de la dimension pédagogique du métier.

Pourtant le ministère refuse toujours de considérer les documentalistes comme des enseignants sous prétexte que leur service est dérogatoire au décret de 1950 des certifiés, qu’ils n’enseigneraient pas dans une classe, et qu’ils n’auraient en charge ni préparation, ni évaluation, ni suivi des élèves. Ces arguments sont totalement fallacieux et dénotent une conception très restrictive de l’acte pédagogique.

Les documentalistes sont ainsi privés :
- de l’I.s.o., ils doivent se contenter d’une demi-indemnité de sujétions particulières (décret 91-467 du 14.05.1991) ;
- du paiement en heures supplémentaires d’enseignement des travaux non-statutaires (formation, projets, études). Ils n’ont droit qu’aux heures péri-éducatives (décret 90-807 du 11.09.1990), aux vacations dont les vacations d’animation en lycée (note D.g.f./D.l.c. 93-757 du 21.06.1993), et pour les études à une sous-rémunération pour personnels non-enseignants (décret 96-80 du 30.01.1996) ;
- d’une agrégation ;
- d’une inspection spécifique.

Ces blocages sont d’autant plus intolérables que le rôle pédagogique des documentalistes devient essentiel dans une société où la maîtrise de l’information est un enjeu culturel et démocratique. Il ne suffit pas de laisser " l’élève seul face à des ressources documentaires " pour favoriser l’autonomie, comme semble le penser M. Meirieu. Les élèves sont souvent démunis devant la complexité des démarches à mettre en oeuvre et des outils à utiliser. Les inégalités socioculturelles et la généralisation des T.i.c. augmentent encore les difficultés. Il est donc indispensable que l’école, par l’intermédiaire des centres de ressources multimédia que sont les C.d.i., prenne en charge la formation de tous les élèves à l’information (habiletés documentaires, démarches, esprit critique, autonomie)

Il revient donc aux enseignants que sont les documentalistes :
- d’identifier les savoirs en information-documentation à enseigner tout au long de la scolarité ;
- de se concerter avec les enseignants des disciplines pour organiser des travaux de recherche ;
- de mettre en évidence, dans ces travaux, par des activités appropriées, les apprentissages documentaires mis en oeuvre ;
- d’évaluer ou de co-évaluer les acquis.

Actuellement, faute d’horaires et d’évaluation prévus pour ces apprentissages, faute d’une véritable incitation des programmes disciplinaires, et surtout faute d’enseignants documentalistes en nombre suffisant, cette formation est sacrifiée. Elle reste souvent ponctuelle et aléatoire ce qui lui ôte toute efficacité. Son " invisibilité " n’incite personne, sauf les documentalistes, à la revendiquer comme nécessaire à la construction du savoir : les autres enseignants parce qu’ils l’ignorent, le ministère parce qu’elle coûterait cher en postes.

Les conditions de travail

Dans la quasi-totalité des établissements du second degré, il n’y a qu’un poste de documentaliste voire moins dans certaines académies qui connaissent des retards importants, ceci pour assurer :
- la responsabilité de la gestion d’un fonds documentaire multimédia qui représente un travail quotidien considérable : constitution (commandes, inventaire), traitement (catalogage, indexation, saisie, équipement), entretien, vigilance permanente et accrue avec l’utilisation des multimédias et d’Internet ;
- l’intervention multiforme auprès des élèves qui suppose une organisation parfois difficile à gérer : séquences de formation avec un groupe, accueil d’élèves pour des activités de lecture, de recherche, de devoirs, suivi individualisé, surveillance des " activités " informatiques étant donnée l’hétérogénéité des attentes et des compétences des utilisateurs ;
- l’information de la communauté scolaire qui, pour être efficace, requiert des stratégies de tri, de classement et de diffusion rigoureuses qui prennent beaucoup de temps étant donnée la quantité de documents reçus quotidiennement.

Pour permettre aux documentalistes d’exercer la pluralité de leur mission, le S.n.e.s. demande :
- une augmentation substantielle des recrutements pour arriver progressivement à un taux d’encadrement d’un documentaliste pour 12 classes. Or, les 120 postes au C.a.p.e.s. externe 1999 compenseront à peine les départs en retraite et les affectations dans le supérieur, alors qu’il y a encore des collèges sans poste ou avec un demi-poste (environ 300) et qu’ un lycée sur cinq seulement a 2 postes ;
- la création d’un corps de secrétariat de C.d.i. pour l’aide à la gestion matérielle du fonds documentaire, afin de permettre aux documentalistes de recentrer leurs activités sur les tâches pédagogiques. Ces personnels ne devront en aucun cas se voir confier l’ouverture des C.d.i., qui implique une responsabilité pédagogique et de gestion pour laquelle ils ne seront pas qualifiés. L’ouverture des C.d.i., l’accueil des élèves, l’intervention pédagogique par les C.e.s. et les emplois-jeunes sont inacceptables. La politique de précarisation de l’emploi comme le refus de reconnaître les qualifications sont au coeur de ces situations. L’inspection Établissements et Vie scolaire doit prendre, à tous ces niveaux, une position claire et faire respecter la qualification et la responsabilité pédagogique des enseignants documentalistes dans les C.d.i.. Le S.n.e.s. va poursuivre la réflexion sur cette question : profil, niveau de recrutement par le biais d’une enquête en direction de l’ensemble des documentalistes ;
- que les chefs d’établissement n’imposent pas aux documentalistes des tâches de surveillance, par transformation des C.d.i. en permanences faute de lieux de vie scolaire, ni des tâches de secrétariat (Ravel, S.i.a.m), ni la gestion des manuels scolaires.

Le Service

Le décret 80-20 du 10.01.1980 et la circulaire 79-314 du 01.10.1979 fixent le service des documentalistes à 36 heures avec un abattement de 1/6 réservé aux tâches extérieures, soit 30 heures de présence effective au C.d.i..

Ces textes destinés aux " personnels exerçant en documentation " et antérieurs à la circulaire de mission et au C.a.p.e.s., ne correspondent plus aux tâches d’un enseignant qui supposent du temps libre pour les recherches extérieures mais aussi pour la concertation, les préparations et les évaluations. Les 6 heures pour " tâches extérieures " sont insuffisantes et inadaptées dans leur définition.

Le S.n.e.s. demande que le service des enseignants documentalistes soit rattaché au décret de 1950 et calculé à partir du service des certifiés coefficienté par 1,5 pour tenir compte des tâches de gestion en temps réel (1h=1h) et des tâches de formation (1h=2h), soit 27 heures.

Depuis des années, aucune de ces questions n’a fait l’objet d’un réel examen par le Ministère ou ses services auprès desquels nous sommes intervenus à maintes reprises.

Évolution de la carrière des certifiés documentalistes

La création récente du Ca.p.e.s. de documentation, les importants retards de notation lèsent les enseignants documentalistes pour l’accès à la hors-classe.

La circulaire d’accès au grade d’agrégé n’est pas appliquée aux certifiés documentalistes.

Le S.n.e.s. doit procéder à une étude sur ces questions.

Résultats des votes

Pour 362
Abstentions 67
Contre 1
Refus de Vote 1
 
 

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