17 juillet 2005
Atelier n° 1 : la fonction Enseignement et /ou gestion ? Le CDI étant prioritairement un lieu de formation, le professeur documentaliste doit conserver la maîtrise de la gestion afin de disposer d’un fonds documentaire adapté aux diverses activités pédagogiques de l’établissement
Très majoritairement, on ne souhaite pas pour l’instant, plusieurs profils d’enseignants documentalistes. Mais dans ce cas, il faut assumer pleinement la fonction enseignante qui suppose la prise en charge de groupes, l’enseignement de contenus et l’évaluation des apprentissages. On ne peut s’en tenir à l’aide au travail personnel.
L’e-doc doit intervenir dans la politique documentaire de l’établissement, dans la mise en place des TICE et des réseaux pour ce qui concerne son activité de professeur et de documentaliste. Mais il n’est ni gestionnaire de réseau, ni " relais de la direction dans sa politique d’information et de communication " (projet de circulaire de mission 2002).
Le projet de circulaire de la DESCO n’est pas acceptable car il n’est pas ciblé sur l’enseignement de l’information documentation. Des instructions officielles dans ce domaine seraient plus utiles.
Les postes à profil (lié au type d’établissement) ne sont pas souhaitables car ils échappent au mouvement. La question se pose pourtant pour certains EREA très difficiles où des collègues ont été affectés sans être prévenus. Il serait préférable que ces postes soient signalés et que des formations complémentaires soient proposées. On ne peut qu’être satisfaits de l’implantation de postes de documentation dans ces établissements, ce que demande le Snes.
Atelier n°2 : l’enseignement de l’information documentation Si l’on entend par discipline, un ensemble de savoirs et compétences qu’on enseigne à l’école, alors, l’ID peut être considérée comme telle. On peut la qualifier de discipline appliquée. Son enseignement répond à la nécessité de rompre avec l’illettrisme documentaire afin de faire accéder tous les élèves, quelles que soient leurs origines sociales, à la société de l’information. Cet enseignement recouvre des savoir-faire sous-tendus par des savoirs en science de l’information et de la documentation (SID) qui doivent faire l’objet d’apprentissages. Les contenus doivent être didactisés et un curriculum de formation devrait être institutionnalisé nationalement, ce qui dispenserait les professeurs documentalistes des négociations locales souvent laborieuses concernant la formation des élèves. Cette formation doit être mise en œuvre en tenant compte de ses finalités : la construction de la pensée, la créativité, l’expression écrite et orale, la promotion de la lecture Il ressort des débats et des analyses qui précèdent, que même si cela n’est envisageable qu’avec des créations massives de postes, il faut demander que les activités de recherche documentaire soient inscrites à l’emploi du temps des élèves et soient évaluées. Nous devons intervenir pour que l’évaluation des TPE prenne en compte l’ID. Ces activités sont le plus souvent élaborées en partenariat, mais pas exclusivement. A l’inverse, on comprend bien le problème que pose l’absence d’un taux d’encadrement en e-doc. Il faut le revendiquer, mais quelqu’un a suggéré d’explorer la piste du partage des tâches avec les autres enseignants tout en laissant au professeur documentaliste la responsabilité du suivi et de la cohérence des apprentissages. Enfin, les SID constituant une science jeune, beaucoup de professeurs documentalistes n’ont pu suivre de cursus universitaire. Il serait donc utile d’obtenir des compléments de formation dans le cadre de la formation continue.
Atelier n° 3 : pour ou contre un secrétariat de CDI ?
Malgré les réticences liées à la crainte de la concurrence avec les postes de documentation dans le cadre du gel de l’emploi public et au refus de rapport hiérarchique, la majorité des interventions ont conclu à la nécessité de créer des postes de secrétariat de CDI. Arguments donnés par les uns et les autres : Le risque de substitution tombe si l’on obtient la reconnaissance, par des instructions officielles, d’un enseignement en ID. Les tâches doivent être claires, correspondre à un statut, une qualification. Des niveaux de qualification différents ne sont pas des niveaux de valeur mais des complémentarités. Ces postes pourraient être des débouchés pour des STT par exemple, des emplois jeunes, dans le cadre de nouveaux emplois. Explorer les pistes suivantes : adjoint administratif, catégorie C, exerçant actuellement en administration ou en intendance, pourquoi pas en CDI ? Faudrait-il envisager plusieurs niveaux de qualification selon la complexité des tâches comme pour les agents et les techniciens de laboratoire ? Un corps de technicien comme celui qui devrait être crée dans l’enseignement agricole, niveau bac+2 à deux options : vie scolaire et documentation ? Un corps de magasinier comme dans la lecture publique, les BU et les centres de ressources des IUFM ?
Atelier n° 4 : statut et conditions d’exercice
Informations données par Gilles sur nos collègues de l’enseignement agricole : Ils ont un CAPES depuis 95, un référentiel depuis 97, une circulaire de missions depuis 98. Des heures de " documentation " sont inscrites dans les référentiels des classes de BEP, bac Pro et BTS. Depuis 99 ils interviennent comme enseignants en particulier dans les classes supérieures à raison de 20 h/ année ou 3h30/ semaine en initiation. Ils participent aux conseils de classe, bénéficient de l’ISO et peuvent être professeur principal. 1 h d’enseignement compte pour 2 h et ils remplissent un état Vs. Leur poste est inclus dans la dotation de l’établissement (DHG). Faudrait-il et comment nous appuyer sur ce statut pour enfin vaincre les discriminations que nous subissons dans l’Education Nationale ?
Discussions sur le service Le mandat de congrès actuel du Snes : service des certifiés affecté d’un coefficient de 1,5, soit actuellement 27 heures. Peut-on en rester là sachant que le Snes demande par ailleurs un abaissement du service des certifiés, que ce calcul est forfaitaire et qu’il ne reflète peut-être pas la réalité de notre activité. Une proposition est faite d’enquêtes sur cette question, diligentée par le Snes ? les IPR ? Ce qui revient dans les exigences : plus de référence au 1/6e 1 heure d’enseignement doit compter 2 h limiter le nombre de séquences d’enseignement pour permettre la gestion et le suivi individualisé (9 ?). Un temps de concertation. Conséquences : A la différence du calcul forfaitaire avec coefficient, ce calcul qui prend en compte les séquences pédagogiques peut entraîner des temps de présence différents entre des collègues qui n’ont pas en charge le même nombre de classes, à moins que soit fixé dans les obligations de service des e-doc le nombre de " cours " à effectuer. S’il n’y a pas assez d’e-doc, certaines classes n’ont pas ID. S’il y a plusieurs e-doc, ce qui devrait être la règle, le partage des classes doit se négocier. Il faut poursuivre la réflexion pour le congrès 2003.
Intervention de Simone BRUNEL-BACOT : Chargée d’études documentaires au CRDP de Montpellier - SNASUB DE LA COMPLEMENTARITE DES TECHNICIENS DE LA DOCUMENTATION ET DES PROFESSEURS DOCUMENTALISTES
Un constat : chaque documentaliste est seul dans son CDI, or, il a, en principe, les mêmes missions que son collègue du CDI voisin et accomplit parfois les mêmes tâches basiques.
Comment pallier cette déperdition d’énergie ?
Des outils : depuis le développement de l’informatique, l’explosion du support numérique et la banalisation de la communication Internet, des réponses pratiques existent.
Quelles ressources humaines sont nécessaires ?
EN AMONT
Tout le monde est d’accord pour décloisonner les CDI mais cela est impossible sans la mise en place de démarches de projets globalisants. Ceci paraît relativement simple mais nous savons tous que mettre en place un échange de travail partagé, de disquettes, par exemple, ne se fait pas sans un animateur qui va suivre ce travail, susciter des réunions, coordonner, harmoniser des données, etc. La collecte, le traitement des données des CDI peut se faire en amont des CDI. C’est à eux de "passer commande", de préconiser à des organismes ministériels tels le CNDP, le Clemi, et même les centres de documentation des DRAC par exemple, les produits et services dont ils ont besoin. Un bon exemple de service rendu est le site Savoir CDI.
Dans ces organismes existe un corps spécialisé de Chargés d’études documentaires du ministère (statut commun à l’Education et la Culture : Décret n° 98-188 du 19 mars 1998) qui possède en principe les compétences nécessaires et validées par des concours de la fonction publique de catégorie A.
De plus, la notion de fonds documentaire tangible est de plus en plus remplacée par celle de ressources documentaires situées dans des lieux "x", virtuelles, souvent extrêmement diverses. Depuis l’explosion du traitement informatique de l’information et du "tout support numérique" ajoutés à la communication Internet, il est nécessaire d’avoir également en amont un corps d’informaticiens documentaires capables de gérer des bases de données et de fixer aux auteurs (documentalistes-producteurs) un cahier des charges en matière de méta données.
Ce corps existe, il s’agit des corps d’ingénieurs et Assistants ingénieurs dits ITARF basés actuellement dans l’enseignement supérieur, les IUFM, le CNDP, consulter. Ces corps doivent avoir pour mission de préparer le travail en CDI.
EN AVAL
L’on sait que les documentalistes de CDI ne peuvent fonctionner qu’avec l’aide de personnels. Actuellement, il s’agit la plupart du temps de personnels précaires (CES, emplois jeunes) qui ne peuvent s’investir sur une longue durée dans le projet du CDI.
Or comment gérer une médiathèque, faire un véritable travail pédagogique avec les élèves à l’occasion des TPE, itinéraires de découvertes, B2I et assurer en même temps l’accueil et l’ouverture maximum des CDI ?
Là encore, il faut développer un corps d’adjoints documentalistes ou tout au moins d’adjoint administratif, option documentation. Un corps de catégorie B existe (comme à la culture et à l’éducation) : il s’agit des secrétaires de documentation, consulter . Un statut spécifique pour les adjoints administratifs est à demander.
Enfin il existe déjà des techniciens de l’éducation nationale, option informatique et audiovisuel (40 postes en 2002 : TEN). Ce type de personnel devrait exister dans tous les lycées ou tout au moins par bassin pour régler tous problèmes de réseau et d’installation de matériel et de maintenance, ce qui éviterait aux documentalistes de se transformer en petits bricoleurs, ce qu’ils ne sont pas nécessairement.
Certes tout cela est une vue un peu idéale de ce qui devrait être mais c’est un paysage en perspective de compétences complémentaires en matière de personnels d’appoint au CDI qu’il faut exiger.
Intervention de Françoise CHAPRON Réseau CNDP Son rôle devrait être de fournir aux établissements scolaires, des gisements informationnels et des bases de données catalographiques fiables permettant de diminuer le travail de gestion, plutôt que de tenter, par le biais d’animations liées aux TICE et de kits pédagogiques en ligne, de concurrencer la formation continue des IUFM.
Circulaire de mission Ne pas se poser d’abord les enjeux sociétaux de l’info-doc et la place de son usage dans le système éducatif, son interaction avec les apprentissages disciplinaires, les objectifs de formation spécifique des élèves, leur progressivité, leur contextualisation et leur évaluation dans et hors des nouveaux dispositifs pédagogiques, pour en déduire ensuite les missions des enseignants documentalistes, " c’est mettre la charrue avant les bœufs ". Cette réflexion première pourrait être du ressort de la DESCO, les missions, de celui de la DPE. Les compétences de l’une et de l’autre seraient plus claires et complémentaires. On peut se reporter au document du travail initié par Guy Pouzard, encore en ligne sur Savoirs cdi, qui pourrait nourrir une réflexion sur une nouvelle circulaire. Françoise rappelle au passage que, plus importante qu’une nouvelle circulaire, est l’obtention rapide de moyens humains.
L’info-doc Il faut détailler les compétences à acquérir par les élèves et les synthétiser dans un document de référence national validé et officialisé. Actuellement, il y a un refus de reconnaître des contenus de formation spécifiques dont l’enseignant documentaliste est le garant. Il y a souvent des confusions entre compétences technologiques, informatiques et informationnelles, comme dans le B2I alors qu’il devrait se construire une complémentarité entre professeurs de technologie et professeurs documentalistes. Mais le ministère ressent un danger dans cette revendication d’une légitimité disciplinaire et des moyens pour la mettre en œuvre. Pourquoi ne pas prévoir un volant horaire pour les élèves en info-doc ? Il en est bien prévu pour l’éducation à la santé. Comme tous les apprentissages, ceux en info-doc doivent être évalués. Il faudrait prévoir des outils par niveau.
Le CAPES, ancré dans le double champ des sciences de l’éducation et de l’information, a renforcé sa spécificité. Va-t-on pouvoir conserver un Capes dont les deux valences, pédagogique et gestionnaire, sont de plus en plus pointues ?
Nos revendications concernant le service, l’inspection spécifique et l’agrégation
Le service : Difficile d’obtenir 27 heures en l’état actuel des postes mais au moins que le service de 30 heures soit inscrit dans le décret de 50 des certifiés et donne droit aux heures supplémentaires. L’inspection spécifique : tout à fait possible même sans agrégation, soit par une spécialité des IPR-EVS, soit par un corps d’IEN recrutés par concours ouvert aux chargés de mission et aux profs de terrain.
Agrégation : Il y a urgence pour une promotion interne actuellement impossible (hors classe au compte-gouttes et refus de l’agrégation dans la discipline d’origine). Si la réponse à ce problème est une agrégation de SID, il faut en définir les contenus et les formes d’épreuves avec les universitaires. Il faut aussi se poser la question : quel rôle joueraient les agrégés en CDI par rapport aux certifiés ? le même ? responsables de la formation des élèves ? du projet documentaire ? faut-il réserver cette qualification aux collègues formateurs et à ceux exerçant à l’université ?
Discussion sur l’action syndicale
Le dernier après-midi a été consacré uniquement à ce sujet. Insuffisance des créations de postes : un article est paru depuis dans l’US pour faire le point et pour rappeler la nécessité de faire adopter régulièrement des vœux en CA. Recrutements : la FADBEN a pris entre temps l’initiative d’une réunion qui a débouché sur un courrier au ministère signé par notre association et 10 syndicats.
Le bilan des derniers stages académiques et les discussions ont débouché sur les propositions suivantes : Réunion du collectif national documentalistes prévue pour le 12/9. Stages académiques et départementaux au 1er trimestre pour relancer l’action syndicale et de ses modalités. Demande de la parution d’un dossier dans l’US sur le métier d’enseignant documentaliste et sa diversité. Rédaction d’une US spéciale documentation dans le cadre des élections professionnelles qui devrait comporter des textes que chacun pourrait reprendre et adapter à sa situation : adresse aux parents sur notre rôle pédagogique et celui du CDI, adresse à nos collègues de discipline, lettre aux élus, motion à faire adopter en CA pour les demandes de créations de postes mais aussi une pétition nationale, le bilan des créations de postes, des recrutements... Courrier envoyé de la part du secrétariat général du SNES et du collectif national à tous les S3 pour qu’ils encouragent le fonctionnement des collectifs académiques, une meilleure expression dans les circulaires académiques. Utilisation de la presse nationale et régionale pour faire connaître notre métier et ses revendications. Soutien du SNES à l’initiative des assises pour un enseignement de l’Information Documentation de l’école à l’Université qui se tiendront en 2003. Questions écrites aux parlementaires (recrutements, problèmes statutaires..) Informer formateurs et étudiants en IUFM de nos initiatives, de nos positions. Consulter à la rentrée nos collègues sur une action revendicative en plusieurs étapes et pouvant aller jusqu’à la grève. Les stagiaires présents se sont exprimés à l’unanimité en faveur de sa nécessité.