SNES - FSU

Le débat

8ième rapport du COR : l’intox médiatique !

21 avril 2010

La publication du rapport du COR été le prétexte à une campagne du gouvernement visant à assommer l’opinion par l’annonce de déficits présentés comme abyssaux.
 

Pourtant dans les projections du COR, les besoins de financement sont loin d’être le gouffre dénoncé : de 1,7 à 2,1 % du PIB en 2020 selon les scénarios économiques (contre 1 % dans la projection de 2007) et de 1,7 à 3 points de PIB en 2050 (contre 1,7 précédemment).

Ces déficits sont clairement attribués à la crise économique. Ils sont le résultat du blocage du financement des retraites à hauteur de 13 % du PIB. Couvrir deux points de PIB de déficit, cela consiste à augmenter les recettes de 15 % d’ici 2020 : est-ce hors de portée ?

Eric Woerth a déclaré « nous avons fermé deux portes : la baisse des pensions et l’augmentation des cotisations ». Le rapport du COR permet de confirmer que la première porte est grande ouverte du fait des réformes de 1993 et 2003. Même avec un report de l’âge moyen de départ d’un an, le taux de remplacement moyen baisserait de 22 % en 2020. Quand au projet du gouvernement de n’agir que sur le seul levier de l’âge de départ il impliquerait de le retarder de 5 ans en 2020 et 7 ans en 2030 pour maintenir le taux de remplacement de 2010 !

Avec un cynisme sans complexes, le ministre du travail a affirmé « Je veux dire aux jeunes que c’est pour eux que nous faisons cette réforme ». Le rapport du COR montre que les carrières seront plus courtes à l’avenir (148 trimestres validés en 2035 contre 150 aujourd’hui), et une étude de la DREES révèle que du fait de l’entrée plus tardive dans l’emploi stable près de 80 % de la génération née en 1974 sait déjà à 30 ans qu’elle n’a aucune chance d’atteindre la durée requise par le taux plein.

Nicolas Sarkozy veut réformer les retraites pour envoyer un signal aux marchés financiers et à Bruxelles ; il réduit les dépenses publiques « pour ne pas perdre la note AAA dont bénéficie encore la dette publique de la France sur les marchés » (Les Echos du 14 avril). Selon Michel Barnier, le sauvetage de la finance a coûté aux Etats 13 % du PIB européen.

Le « travailler plus longtemps », c’est pour faire payer leur crise aux retraités actuels et futurs.

Voir aussi le communiqué de la FSU : refuser le piège du catastrophisme, porter nos propositions

 
 

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