2 décembre 2011
Les premiers mois de l’année scolaire 2011/2012 ont été « chauds » sur le plan syndical : à une rentrée sous le sceau de l’austérité budgétaire et des suppressions de postes sont venues s’ajouter de nouvelles attaques gouvernementales et des élections professionnelles difficiles. Roland Hubert a fait le point pour nous.
Quel bilan le SNES tire-t-il des élections professionnelles ?
Le bilan est contrasté. Le ministère a imposé un scrutin électronique, sans expérimentation préalable, parce qu’il pensait qu’en déconnectant le vote du lieu de travail le SNES et la FSU seraient lourdement pénalisés. L’énorme travail fourni par les militants a permis d’infliger un cinglant démenti à cette analyse. En ce sens les résultats sont positifs pour le SNES qui repasse la barre des 50% des exprimés pour le vote aux CAPN, loin devant les autres organisations.
Pour la FSU, même si elle réalise 40,6% des voix pour le CTM et reste largement la première fédération de l’Éducation, l’effondrement du taux de participation dû essentiellement aux modalités de vote, lui font perdre un nombre de voix très important (plus de 90000) qui fragilise sa place dans la fonction publique.
Ainsi, dans la fonction publique d’état, ce sont maintenant cinq fédérations qui totalisent entre14% et 17%, FO prenant la première place(16,6%), devant la FSU (15,8%) qui devance la CGT de 341voix. Ce résultat permet cependant à la FSU de conserver quatre sièges au CSFPE. Le ministère doit tirer les leçons de ce scrutin et abandonner les modalités de cette année. Le SNES s’y emploiera.
Le SNES et la FSU devront continuer à assumer leur responsabilité d’organisations majoritaires dans l’Éducation nationale, à être moteur dans l’interprofessionnel, et cela dans un contexte rendu encore plus difficile avec la crise.
Dans certaines académies, le rectorat a écrit aux néoretraités pour leur proposer de reprendre du service en tant que remplaçant payé comme des contractuels. En quoi est-ce indigne et inacceptable ?
Tous les indicateurs montrent que s’amorce une crise du recrutement, les conditions de travail se détériorent, le gouvernement, instrumentalisant la crise, accélère la mise en place de la réforme des retraites tandis que le pouvoir d’achat des salariés s’effondre, que le chômage augmente et que la précarité et la pauvreté des jeunes sont toujours plus grandes. Dans ce contexte cette proposition est d’autant plus indigne et indécente.
Le gouvernement prend prétexte de la « crise de la dette » pour justifier une politique qui frappe durement tant les retraités que les actifs et met à mal les services publics.Comment peser syndicalement face aux discours culpabilisateurs ?
Les conséquences du plan d’austérité pour la grande majorité de la population sont déjà visibles et pourraient être, avec le sentiment fort d’injustice qui monte, de puissants leviers demobilisation. Mais, le discours rabâché sur la dette pèse lourd. Notre première responsabilité est de participer à tout ce qui peut inverser cette spirale. C’est un objectif de la campagne d’opi-nion que veulent mener la FSU et le SNES et,par exemple, une des raisons de la participation de la FSU au collectif qui lance à l’initiative d’ATTAC « l’appel pour un audit citoyen de la dette publique ». Dans le cadre des campagnes présidentielle et législative, le SNES interpellera les candidats sur cette question mais aussi, bien entendu, sur leurs projets éducatifs.
2012, année du congrès du SNES:quelle place peuvent et doivent y prendre les retraités ?
Les retraités constituent une part importante des syndiqués du SNES. Par ailleurs sur toute une série de sujets, en particulier liés à la crise, ils sont concernés au même titre que les actifs.
Enfin, l’avenir du syndicalisme les concerne directement avec la dimension supplémentaire de l’avenir de la FGR et de la place de la FSU dans les UCR. Il est donc clair que la place des retraités dans la préparation du congrès et dans ses débats est essentielle.■