10 novembre 2005
C’est le moment !
Le SNES a été reçu le 3 novembre par R. Mazur, nouveau conseiller technique, chargé de l’orientation, au cabinet du ministre. Celui-ci s’est montré très surpris de la chute vertigineuse des recrutements qui va conduire à ne remplacer qu’un départ sur deux en 2007 et un départ sur trois en 2008, si la baisse pour 2006 se confirme. Le prochain budget, dont la nouvelle présentation permet de masquer les baisses, amalgame les dépenses liées aux salaires des CO-Psy et D.CIO, avec le paiement de l’ISO, les indemnités des professeurs principaux et les crédits pour l’EAO. Il fait pourtant apparaître une diminution de 4 % de la masse salariale, dont on peut craindre qu’elle ne se traduise par de nouvelles suppressions de postes sur le terrain. Tout en reconnaissant que ces éléments pouvaient être source d’inquiétude quant à l’avenir de la catégorie, notre interlocuteur n’a pas laissé entendre que des projets étaient arrêtés sur le dossier. Il a même affirmé que, contrairement à ce que Mme Tharin avait déclaré dans la presse, aucune réforme en profondeur de la formation n’était prévue pour la rentrée 2006. Quant au rapport des Inspecteurs généraux, il n’aurait pas encore fait l’objet de discussions au sein du cabinet.
Par contre, M Mazur s’est interrogé sur la carte des CIO et sur la multiplication des acteurs dans le domaine de l’orientation professionnelle. Nous avons souligné les confusions fâcheuses faites par certains conseillers techniques en 2003, sur la spécificité des publics et des interventions ; mais on sent bien qu’est toujours dans l’air l’idée d’une intervention des autres organismes auprès des élèves et de la maison commune (le MEN ayant compris que « guichet unique » nous fâche !).
On a malgré tout du mal à croire que la mécanique budgétaire fonctionne en complète autonomie, et qu’aucune décision politique n’y préside ! Il apparaît très clairement aujourd’hui, aux yeux de n’importe quel observateur, que le MEN va devoir annoncer ses choix et s’expliquer ! Il n’est plus possible de continuer à régler la question par des mesures techniques de réduction des effectifs. Les conséquences deviennent telles sur le terrain, si on ajoute au manque de postes, l’absence de remplacements, les problèmes de budget de CIO et de frais de déplacements, que le ministre doit se prononcer : que veut-on faire du service public de Psychologie, d’information et d’orientation ? Le privatiser, ainsi que le demande l’aile la plus libérale du gouvernement ? En transformer radicalement les missions, pour faire des personnels les relais du patronat local et de l’ajustement formation-emploi ? Le développer, pour qu’il puisse réellement remplir toutes ses missions au sein de l’Éducation nationale et contribuer à la réussite de tous les élèves ?
C’est le moment de se faire entendre avant que des décisions préjudiciables à la profession ne soient prises. C’est le moment d’entraîner le maximum de collègues à participer aux actions proposées par les SNES ! C’est le moment de désigner le 6 décembre des élus qui défendent, de manière déterminée et sur des engagements clairs, l’avenir du métier et l’intérêt des personnels. Le 6 décembre votez pour le SNES (FSU).
Jean-Marc Châtelet, Catherine Remermier
lycées 4 avril