8 mars 2011
Jeunes sans qualification, chômage des jeunes, difficultés de recrutement de certains secteurs professionnels, renouvellement des chefs d’entreprise : le gouvernement a trouvé la panacée universelle, l’apprentissage.
Tout est mis en œuvre pour son développement, à l’heure ou les suppressions de postes tiennent pratiquement lieu de politique de l’enseignement secondaire.
La réalité est pourtant moins enthousiasmante :
Si l’apprentissage se développe, c’est en post-bac ; au niveau V (CAP ; BEP...) il régresse. Le développement de l’apprentissage ne permettra pas de diminuer les sorties précoces du système éducatif, d’autant qu’un quart environ des contrats sont rompus en cours de formation.
Certes, l’insertion professionnelle des jeunes apprentis de niveau V (et IV dans une moindre mesure) est meilleure que celles des lycéens professionnels, mais c’est en grande partie lié aux « caractéristiques individuelles » des apprentis. Quant au niveau post-bac, auquel l’apprentissage se développe, l’avantage pour les apprentis est quasi-nul.
L’apprentissage permet-il de créer des viviers de main d’œuvre dans les métiers en tension ? Rien ne le prouve ; le problème n’est pas tant lié au nombre de jeunes formés qu’au fait qu’ils se détournent de ces secteurs - dans lesquels l’apprentissage est parfois important - après quelques années.
Il serait bien hasardeux de compter sur les jeunes que l’on va former aujourd’hui, apprentis ou non, pour remplacer les patrons baby-boomers partant en retraite... même si ceux-ci jouent les prolongations.
Et curieusement, à l’heure où le gouvernement répète à l’envi qu’un lycéen coûte en France plus cher que dans la plupart des pays de l’OCDE (10 380 €/an pour un lycéen professionnel en 2006), il ne se penche pas sur le coût d’un apprenti.
En 2006, celui-ci était de 13 700 €/an quand le SNES l’évalue à 10 900 €/an pour un scolaire ou étudiant, à une structure de formation comparable. Le coût de la formation est donc environ 25 % plus élevé pour un apprenti que pour un scolaire.
Dossier complet au format pdf :
Apprentissage : les grandes manœuvres
L’apprentissage, un monde éclaté : points de repère
Les acteurs de l’apprentissage
Un financement en clair-obscur
Voir aussi :
US Mag n° 611 (01/2005), voir le dossier « Apprentissage, état des lieux » pages 21 à 28
Apprentissage, dossier 2009