SNES - FSU

Fiches argumentaires

Argumentaire contre le LPC - Collège Olympe de Gouges Sainte-Pazanne, 44

3 mars 2011

 

Après un rapide résumé des réformes en cours dans l’éducation nationale, mises en corrélation avec les 16 000 suppressions de poste pour 2011 ; la discussion s’est portée sur les problèmes liés à la mise en œuvre du socle commun et de son « livret de compétence ». Il a été entendu que :

- la mise en place de ce mode « d’évaluation » est compliquée pour les enseignants qui multiplient alors les évaluations sans véritable cohérence pédagogique. Il est en effet compliqué de savoir à quel moment une compétence peut être considérée comme acquise.
- Ces difficultés découlent notamment de la nature même des critères ou « compétences » évaluées. Beaucoup des intitulés demandent des évaluations d’ordre subjectif (esprit critique, « curiosité » artistique, autonomie face au monde de l’entreprise …) qui mettent en jeu et en jugement la personnalité des élèves et non plus seulement leur scolarité ou leur progression disciplinaire.
- D’ailleurs, la validation ou non des items se fait, en dernier ressort, par le chef d’établissement.
- Par son organisation thématique, le livret de compétences tend à nier la spécificité de nos disciplines. Ce qui semble se dessiner ici, c’est bien la bivalence disciplinaire demandée aux enseignants avec négation de leur formation universitaire spécifique et leur formation pédagogique initiale. (On ne dit plus « professeur de ... » mais enseignant)
- le livret de compétence a été épinglé par la Ligue des Droits de l’Homme pour les recoupements qu’il peut permettre avec d’autres sources informatiques d’information, comme les fichiers du Pôle emploi et Base élève, ce dernier étant transféré automatiquement dans Sconet,
- Le risque semble donc bien être de voir disparaître les modes traditionnels de qualification par diplômes nationalement reconnus -dont le Brevet- et leur remplacement par des grilles de « compétences » arbitrairement sélectionnées, justifiant les formations continues à certaines compétences en fonction de la demande des employeurs et donc la précarisation des futurs demandeurs d’emploi.
- Enfin, ce dispositif ne permet en rien la réflexion sur le type d’aide à apporter aux élèves en difficulté. Les enseignants ont toujours eu à cœur d’apporter aide aux élèves et remédiation à leurs difficultés. Mais, par son fonctionnement même qui, pour l’élève, se résume à deux alternatives : « t’es compétent ou t’es pas compétent », ce livret interdit les discours patients et désintéressés qui permettaient la progression et l’apprentissage.

En conséquence et à l’instar de nombreux autres équipes pédagogiques d’autres collèges, dans le but d’enlever toute signification à ce dispositif, il a été décidé, au vote à main levée, par 18 voix pour et 5 abstentions (les 4 assistants d’éducation présents préférant prendre le temps de la réflexion avant toute décision), que tous les élèves verraient toutes leurs compétences validées par nos soins.

Il a été décidé d’une prise de contact avec les associations de parents d’élèves pour organiser une rencontre plus large.

« Autre crainte, celle de la protection de la vie privée, des risques de dérives comme la possibilité de croisement avec d’autres fichiers puisque cette base de données est extractible ?

En effet depuis mars 2007 suite à la loi de la « Prévention de la Délinquance », l’outil « Base Elève » qui est centralisé au niveau national via Internet, devient accessible, dans le cadre du secret professionnel, aux policiers, aux magistrats, aux maires, à la CAF etc.… Le tout-contrôle ne fera jamais progresser les situations des enfants ou des familles en difficulté. »
LDH Toulon.

 

Fiche Collège N°1

Fiche Collège N°2

CLAIR : les arguments juridiques

Missions et charge de travail des enseignants

L’aide aux élèves au collège

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ECLAIR : Recrutement, lettres de mission et mutations : quels sont vos droits ?