24 septembre 2009
Lors de l’examen du projet de loi sur l’orientation et la formation professionnelle, plusieurs amendements ont été adoptés « à la hussarde ».
Ils visent non seulement à externaliser le suivi, l’accompagnement et l’aide à l’élaboration des projets d’orientation mais aussi à transformer radicalement le statut et le recrutement des Co-Psy.
L’acharnement constant de certains parlementaires contre le titre de psychologue des Co-Psy poursuit plusieurs objectifs : d’une part, introduire une souplesse de gestion en permettant la nomination de tout type de personnels sur les postes que le Ministère a contribué à rendre vacants en ne recrutant pas, d’autre part mettre en œuvre une autre conception de l’orientation qui ne soit plus centrée sur l’élève, son développement, ses goûts, sa réussite mais sur la gestion des flux et l’insertion professionnelle à court terme. Enfin, accélérer l’entrée dans l’Ecole, de cabinets de coaching, qui affichent clairement l’emploi de psychologues, sur des missions de conseil.
L’article proposé par le Sénat n’apporte aucune nouveauté quant au contenu de la formation. Les Co-Psy ont déjà une formation pluridisciplinaire en économie, en sociologie, en connaissance des métiers et effectuent au moins huit semaines de stage en entreprise.
Il n’ y a pas incompatibilité entre une formation de psychologue et une bonne connaissance des outils statistiques, des données économiques et de l’évolution des métiers. Les psychologues ne travaillent pas que sur les cas pathologiques. Les stéréotypes ont décidément la vie dure.
Si vraiment le Ministère de l’Education Nationale veut atteindre les 50% d’une classe d’âge au niveau d’un diplôme du supérieur, il doit justement s’appuyer sur l’expertise des psychologues que sont les Co-Psy, car ils connaissent les processus complexes qui influencent le choix des parcours et l’investissement dans les études. La professionnalité et l’expertise des psychologues peuvent justement aider les élèves et les familles les moins familiers des arcanes scolaires et universitaires à prendre confiance en eux et à élever leur niveau d’aspiration.
C’est sur ces bases que des négociations avec le Ministère de l’Education nationale doivent s’ouvrir d’urgence.
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