SNES - FSU

Un syndicat de fonctionnaires

Au risque du management

5 octobre 2011

Le discours de François Sauvadet à Metz, le 1er septembre, rappelle que la RGPP, la « révision générale des politiques publiques » devait s’accompagner pour les personnels d’une « révolution douce » qui doit faire passer de la gestion des personnels au « management ». 
 

Au nom de la RGPP, la réorganisation des services de l’Etat a d’abord eu pour finalité d’absorber les suppressions d’emplois. Il en résulte un fonctionnement des services en "mode dégradé", dont l’éducation souffre elle aussi.

A en croire le ministre, ce bouleversement s’accompagnerait d’améliorations majeures : « mieux recruter, mieux gérer, mieux rémunérer ».

« Mieux recruter »

Le service complet imposé aux stagiaires, les postes restés vacants au CAPES dressent un bilan éloquent. Sans doute convient -il à ce gouvernement qui entendait développer le recrutement de contractuels, discours qu’il n’a pu cependant tenir à l’issue des négociations de l’hiver dernier.

« Mieux gérer »

Fustigeant « les obstacles statutaires », le ministre met en cause les règles collectives construites grâce au paritarisme. L’individualisation devient la règle, qu’il s’agisse de mutation, de promotion ou même de rémunération. Les élus du SNES en CAP se sentent trop souvent seuls quand les autres élus se préoccupent davantage d’informer les personnels plutôt que d’améliorer le projet de l’administration.

« Mieux rémunérer »

L’individualisation prévaut là aussi. Les mesures générales, comme l’augmentation des traitements, sont réduites voire nulles tandis que se développent les primes dont le montant est parfois « modulé » par la hiérarchie. Pour nos métiers, il aura fallu une intervention résolue du SNES pour que l’élévation du niveau de recrutement se traduise par des mesures indiciaires, limitées cependant aux premières années. En revanche, les mesures de la loi TEPA concernant les heures supplémentaires ont absorbé l’essentiel de la masse salariale à « redistribuer ». Bref des mesures, souvent contestables, et qui ne concernent jamais qu’une minorité de collègues. Les organisations signataires de l’un ou l’autre des volets de l’accord salarial1 proposé à la découpe par Eric Woerth en février 2008, auront permis au ministre de sortir à son avantage de négociations salariales qui ont consacré cette politique.

Intéret général

« Le service public, on l’aime, on le défend  » : la campagne de la FSU a redonné de la fierté aux personnels, assise sur la conviction de servir l’intérêt général. La défense du statut ne peut déboucher que par la mobilisation convergente des personnels et des usagers pour la défense du service public. Un pouvoir politique qui mise sur l’action publique respecte les personnels qui la mettent en œuvre. A contrario, celui qui l’appauvrit n’a aucune raison de le faire. C’est toute la pertinence d’un point de vue que le SNES et la FSU continueront de porter dans le débat qu’ils ont fait émerger.

 
 

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