30 janvier 2003
Compte rendu de l’audience du 28 Janvier avec D Antoine
D. Antoine (Directeur de cabinet de Ferry sur les questions de décentralisation) a indiqué que serait constituée à la direction de l’administration une sous direction chargée de la modernisation de l’état et des relations avec les collectivités. Il a également précisé le calendrier : Après la phase de consultation des collectivités, le 28 Février, ce processus débouchera sur la réforme constitutionnelle qui devrait être votée en Mars, ainsi que sur la liste des expérimentations. Celles ci seront définies ultérieurement et donneront lieu à une discussion au parlement. D. Antoine s’est dit conscient que la procédure retenue pouvait « déstabiliser » les personnels mais a tenu à souligner que la décentralisation n’était pas une catastrophe.
Il a confirmé que les demandes des régions étaient très fortes dans deux domaines : La programmation , les ouvertures et les fermetures de sections dans l’enseignement professionnel Le « conseil en orientation » plutôt que l’orientation en tant que telle( ce que nos interlocuteurs appellent orientation est en fait l’affectation)
Selon lui, les élus régionaux qui ont « une plus grande proximité avec les milieux économiques souhaitent intervenir davantage dans le conseil. Ils veulent mieux mettre en valeur les métiers. Ils sont mieux à même d’éclairer les jeunes et de susciter de l’intérêt pour tel ou tel métier. » Les régions auraient une vision plus transversale des publics et des formations( !) Apprentissage, contrat de qualification.. Les demandes des régions ne sont pas homogènes. Le MEN en fait un recensement très précis. « Toutefois on sent chez elles une volonté générale, nous a –t- on dit, d’être plus impliquées dans les domaines où elles se sentent compétentes . Il faut en tenir compte et définir jusqu’où on peut aller. » Il y aurait aujourd’hui une trop grande dispersion entre les différentes structures qui s’occupent de jeunes à la recherche d’une orientation. Les régions ne seraient pas maîtres d’œuvres mais auraient une maîtrise d’ouvrage . Elles auraient à coordonner les différents services en offrant une même entrée. La solution du guichet unique est considérée comme une bonne proposition. Il faut faire cesser selon nos interlocuteurs les décalages entre les possibilités d’emploi sur le terrain et le désintérêt des jeunes pour les filières correspondantes « Quelle que soit l position qu’on puisse avoir en tant que citoyen, votre rôle c’est de valoriser les métiers »
La discussion a porté sur la notion de conseil en orientation qui semblait dans l’esprit de notre interlocuteur se limiter à une réponse face à une demande d’information. En réponse à nos précisions sur le rôle des co-psy en amont pour prévenir les sorties prématurées et les abandons et contribuer à la réussite , malgré notre faible nombre, D Antoine a indiqué qu’ainsi avec le concours des autres personnels nous serions plus nombreux. Réinterrogé sur l’éventualité d’une entrée des personnels des Paio, missions locales, PIJ dans les établissements scolaires, il s’est montré beaucoup plus prudent en précisant qu’il ne savait pas quel serait le calibrage prévu pour les co-psy. Le MEN envisage de créer des EPRE qui auraient en charge les compétences partagées. Les DRONISEP, les TICE, les CRDP, le conseil en orientation ont été explicitement cités comme pouvant en faire partie.
D. Antoine a rappelé que le ministère n’était pas dans une logique de transfert des personnels mais a du reconnaître que certaines régions le demandaient explicitement.
CONCLUSION
Nous concernant, le ministère semble ouvert à des structures guichets uniques en prenant prétexte des jeunes sans solution. Quelles garanties avons nous que les CIO garderont leur spécificité dans ce nouveau contexte ? Quelles garanties avons nous que notre public prioritaire restera bien le public en formation initiale ? a plusieurs reprises, notre interlocuteur est intervenu pour souligner la mouvance entre formation initiale et continue. Ceci est parfaitement convergent avec les directives européennes !
C’est directement l’action auprès de jeunes qui est visée au travers de cette volonté de faire du « conseil en orientation » une compétence partagée. Ainsi serait il possible de contourner ( enfin !) les psychologues
Les régions prendraient la main sur les DRONISEP et sur l’élaboration des documents à destination des élèves
Les personnels pourraient être mis à disposition de ces EPRE et ne seraient donc plus sous l’autorité directe du Recteur. Officiellement pas de changement dans le statut et les missions. En fait une transformation profonde du métier et sûrement une mise à disposition
CATHERINE REMERMIER, JEAN MARC CHATELET