21 décembre 2002
En préambule, nous remercions vivement la vingtaine de collègues venus nous soutenir devant le rectorat. L’audience a été demandée par le SNES ; la délégation était limitée à la demande du Rectorat à 4 documentalistes. Elle était conduite par Chantal Locher, responsable du SNES et composée de documentalistes syndiquées au SNES et de non syndiquées : Marianne Khoupiguian, représentante des documentalistes au SNES, Hélène Beltrando, Nicole Cardona et Marie Anne Stiller. L’entretien a débuté à 14h30, nous avons été reçues par M. Arnaud : Secrétaire Général Adjoint ; M. Bourdageau, Chef de la DIPE et Mme Timonier, Chef de Bureau à la DIPE. M. Arnaud nous souhaite la bienvenue en excusant Mme Rousset, Secrétaire générale retenue par ses fonctions à Paris. Il précise que l’entrevue se fait dans un nouveau contexte avec l’arrivée d’un nouveau Recteur, sa prise de fonction comme Secrétaire Général adjoint ainsi qu’avec l’arrivée de M. Bourdageau à la direction de la DIPE. Les points présentés ont été ceux qui concernent toute la profession ; nous sommes revenues plusieurs fois sur certains d’entre eux au cours de la discussion, en particulier ceux qui relèvent directement du Rectorat. C’est pourquoi je ferai un bilan (et non un compte rendu des discussions) sur : les postes au CAPES, les postes supplémentaires dans les gros établissements, les contractuels, la réadaptation et autres rattachés, le secrétariat de CDI, l’agrégation de documentation, l’inspection spécifique, l’ISOE et les HSE, la prise en compte de nos missions pédagogiques.
1. Le nombre de postes au CAPES est très insuffisant malgré le recours aux listes complémentaires , avec pour conséquence directe le nombre important de postes vacants après le mouvement intra, nombre qui ne peut aller qu’en augmentant si le recrutement n’est pas repris. Cette année, environ 30 postes vacants dans l’Académie, une vingtaine par académie. Nous demandons la reprise d’un plan de recrutement.
2. Le recours aux contractuels en est une des conséquences du manque de postes. Il nous a été assuré que le Rectorat est vigilant : le recrutement se fait en accord avec les IPR parmi les personnes qui ont une formation adéquate ou une expérience en bibliothèque. La question de la formation de ces personnes n’est pas réglée. Il existe une nouvelle forme de recrutement de contractuels COTOREP. Nous avons fait part des problèmes de terrain.
Une autre conséquence du manque de recrutement c’est l’affectation de presque tous les TZR en poste donc il n’y a plus aucun moyen de remplacement par un titulaire y compris les remplacements à l’année (CPA, temps partiels etc.).
La situation est particulièrement grave dans certains départements ; le paradoxe étant que les stagiaires issus du concours externe n’ont pas assez de points pour rester dans l’Académie. Nous insistons donc sur le fait que, sans dénigrer le travail fait par les contractuels, le CAPES doit rester le mode de recrutement des documentalistes.
3. Les postes supplémentaires dans les plus gros établissements. C’est une demande que nous n’abandonnons pas au contraire. M.Arnaud fait ressortir que l’Académie était en avance sur d’autres académies qui n’ont pas un poste budgétaire par établissement. Nous demandons l’implantation d’un poste supplémentaire par tranche de 400 élèves (ou 12 classes) et tout de suite dans les très gros établissements où il n’y a encore qu’un seul poste (collègues concernés : faites voter la demande en CA !). Cette implantation est du ressort du Ministère après demande du Rectorat.
La remarque de la non entente des collègues lorsqu’il y a 2 postes a été traitée par nous d’anecdotique, dans toutes les professions il y a des querelles de personnes. Si les missions des documentalistes étaient clairement définies, le problème ne se poserait pas, ce dont M.Arnaud a convenu.
4. Le secrétariat de CDI
Nous avons insisté sur le fait que nos missions sont de plus en plus pédagogiques et que nous manquons de temps pour la gestion. La création du concours 3ème voie pour les emplois jeunes ne répond pas à notre problème et n’est pas une solution pour tous. En effet, tous n’ont pas les diplômes et les capacités requises pour être documentalistes. D’autre part les emplois jeunes devaient faire émerger des emplois nouveaux ce qui est le cas pour les CDI et pour la maintenance informatique. Le ministère a détourné le dispositif et ne donne pas de sortie à ces jeunes qui se sont investis dans leur emploi. La diminution ou la disparition des CES pose le même problème. Les besoins existent et nous ne voulons plus qu’il y ait recours systématique aux emplois précaires, d’où notre demande de postes de titulaires : secrétaire, assistant quel que soit le nom donné.
Mme Timonier nous dit qu’il existe un corps de secrétaire et d’agent administratif en administration ou intendance, il pourrait être étendu à la documentation.
A la question de M.Arnaud de savoir si toute la profession est d’accord sur ce point, nous avons répondu que le débat était effectivement en cours mais que cette demande venait en supplément à la demande d’un 2ème poste, les taches étant différentes. En passant nous avons évoqué la disparition des postes de surveillants qui risque d’avoir une répercussion sur la demande d’accueil au CDI. Pour M. Arnaud, la création de postes avec le nouveau statut en préparation (dont nous ne savons pas grand chose et dont il ne nous a rien dit) devrait tout régler. En nombre, de toutes façons, le compte n’y est pas.
5. Les postes en réadaptation et autres rattachements
— 5.1 Il nous a été précisé que les postes en réadaptation étaient uniquement en surnombre donc pas question d’accueil et d’ouverture en responsabilité ; pas plus que pour les CES nous a-t-on dit. D’après le rectorat, cette situation est en nette amélioration, il ne resterait que 3 cas. Attention, certaines personnes que nous croyons en réadaptation ne le sont pas, c’est un statut bien précis. Nous demandons à nouveau que le recours à une affectation en CDI ne soit pas systématique, le Rectorat nous assure de sa vigilance : en cas de difficulté ne pas hésiter à les contacter.
— 5.2 Les enseignants ne peuvent être rattachés au CDI qu’avec leur accord. Notre avis ne nous est pas demandé mais un refus peut se négocier auprès du chef d’établissement.
Nous avons rappelé que lors de précédents conflits ou difficultés les IPR et le Rectorat ne nous avait pas entendus ou soutenus.
6. L’Agrégation
Certaines disciplines l’ont obtenu, c’est encore une injustice par rapport à nos possibilités de promotion. Nous n’acceptons pas de refus sous prétexte qu’il n’y a pas d’études supérieures ou de recherche dans cette discipline : voir tous les DESS, DEA et thèses possibles (cela n’a pas été le cas de nos interlocuteurs).
L’agrégation par liste d’aptitude dans une autre discipline qui nous est parfois présentée comme possible est aussi une injustice puisque nous n’avons pas forcément des diplômes dans une des disciplines de l’agrégation alors que nous pouvons en avoir en documentation. Il semble que dans la pratique elle n’est pas acceptée. D’après une information à vérifier, elle aurait été refusée à une collègue avec comme motif qu’elle n’est pas en présence d’élèves.
7. L’Inspection spécifique
Notre demande d’une inspection en documentation séparée de la Vie Scolaire et des Chefs d’établissement a plusieurs motifs - demande de prise en compte de notre statut d’enseignant, les IPR devraient aussi comme dans les autres disciplines pouvoir avoir un rôle de conseil ;
les retards d’inspection (du fait du nombre de personnes à inspecter) nous pénalisent pour l’avancement surtout depuis 1996 où l’avancement se calcule toutes disciplines confondues et pour la hors classe.
M.Arnaud nous précise que, à défaut d’inspection, notre note pédagogique devrait être réévaluée d’un point tous les 5 ans, ce qui, à notre connaissance n’est pas fait (aucune des 4 documentalistes présentes n’en a bénéficié) et de toutes façons n’est pas suffisant. Même si la situation est légèrement améliorée depuis la nomination de chargées de mission pour l’inspection, nous insistons sur les retards encore importants. Certains d’entre nous n’arriverons jamais au 11ème échelon et a fortiori à la hors classe.
nous rappelons que dans les conflits qui existent avec certains chefs d’établissements et qui ont des répercussions graves pour les collègues, les IPR ne prennent pas notre défense. Pour tout problème en général, on nous renvoie toujours à la négociation alors que le rapport hiérarchique n’est pas en notre faveur. Nous soulignons que le Rectorat n’a pas été jusque là, non plus à notre écoute (ce qui semble changer puisqu’une collègue hors délégation a pris rendez-vous avec M.Arnaud pour un problème de cet ordre).
8. L’ISOE et les HSE
Le paiement des HSE existe dans certaines académies. Mme Timonier précise qu’effectivement il existe un blocage dans ASI (système informatisé de paiement) alors qu’elles peuvent être attribuées. M.Arnaud va suivre ce problème.
L’ISOE n’est pas payée d’où une injustice par rapport aux autres enseignants : nous expliquons notre rôle dans le suivi et l’orientation des élèves. Nous demandons encore une fois la reconnaissance de nos fonctions d’enseignants dans notre évaluation de séquences, de projets, des IDD, TPE et autres, du B2i et nos comptes rendus en conseils de classe.
9. La prise en compte de notre rôle d’enseignant
Après avoir souligné ce rôle à chaque point de la discussion, nous mettons en avant la nécessité d’avoir une définition claire de nos missions. Cette réactualisation de la circulaire de 1986 doit à l’inverse de ce qui a été fait jusqu’à présent, élaborée en concertation avec la profession : syndicats, Fadben et sur le terrain. Nous y ajoutons la nécessaire mise au point d’un cursus pour l’acquisition des compétences documentaires et de référentiels officiels. En effet, les élèves sont souvent évalués sans qu’ils aient eu la possibilité de suivre une progression, bien évidemment cela renvoie à un taux d’encadrement et au nombre de postes nécessaires. Nous soulevons aussi le problème de la prise en compte des heures où nous avons des classes ou des groupes en responsabilité. Là encore, il y a injustice, les heures sont décomptées 1/18ème pour les collègues de toutes les disciplines et 1/30ème pour nous. Une des propositions pourrait être de définir un volume horaire à répartir selon les moments de l’année entre les différentes classes. Ce serait aussi le moment d’envisager une réduction du temps de travail.
En conclusion, nous avons fait ressortir le fait que nous exerçons un métier varié et passionnant pour lequel nous souhaitons une réelle reconnaissance. Nos demandes sont liées entre elles et vont dans ce sens. Il faudrait que nous soyons traités à égalité avec nos collègues enseignants et que nos conditions de travail soient améliorées pour que cessent de se décourager nombre d’entre nous. M. Arnaud nous a assuré qu’il transmettrait nos demandes au Recteur. Il s’est engagé à suivre les questions qui relèvent plus spécifiquement du Rectorat. Nous avons remercié nos interlocuteurs pour leur écoute. Nous assurerons le suivi de cette entrevue dans 15 jours à 3 semaines et nous vous tiendrons au courant.
L’entretien s’est terminé vers 16 heures, merci aux quelques collègues venues nous attendre à la sortie.
N.Cardona