18 mars 2005
La crise engendrée par la décision, jamais justifié ou évaluée, de délocalisation du CNDP a rebondi. Les recommandations du médiateur, nommé par le ministère, n’ont guère été prises en compte par la direction de l’établissement, qui continue à prendre ses ordres au quotidien non pas auprès du ministère de l’éducation nationale, tutelle du CNDP, mais auprès d’un seul conseiller du Premier ministre. L’une des préconisations de ce médiateur concernait l’élaboration d’un projet d’établissement du réseau CNDP-CRDP en collaboration avec les représentants des personnels. Mais aucune concertation digne de ce nom n’a été mise en œuvre par la direction du CNDP ; l’intersyndicale a donc assumé ses responsabilités en publiant un projet ambitieux pour le développement et la modernisation du CNDP et des CRDP - consultez ce document sur le site www.nodeloc.net. Les personnels continuent leur lutte : grève spécifique au CNDP le 24/2, rencontre avec le conseiller éducation du Président de la République. Le 11 mars, paroxysme de la crise : les comités techniques paritaires convoqués pour donner un avis sur le projet officiel n’ont pu se dérouler. Les personnels du CNDP ont en effet protesté contre la non prise en compte du projet de l’intersyndicale. Le conseil d’administration prévu le 14 mars pour entériner le projet officiel qui incluait les transferts de postes de 2005 et 2006 a été lui aussi reporté. Le ministère de l’éducation doit prendre ses responsabilités sur ce dossier, restaurer l’autorité du médiateur, faire un audit sur le bilan et le coût de la délocalisation. Les personnels continuent d’exiger la tenue d’une véritable table ronde avec les élus, les utilisateurs du CNDP. Nous sommes concernés par ce conflit qui s’enlise. Depuis le début, aucun argument sérieux n’a pu justifier cette délocalisation. Nous avons besoin d’un service public de documentation pédagogique, d’un réseau CNDP qui soit en capacité de produire et commercialiser des revues, des documents sur tous les supports, de développer des partenariats en maintenant un pôle de production en Ile-de-France, de répondre aux besoins des équipes éducatives. Pour permettre au CNDP de poursuivre et améliorer ses missions, il faut un véritable débat sur celles ci. Le ministère l’élude, pour ne pas mécontenter Matignon...Oui, nous sommes tous concernés par ce refus persistant du dialogue avec les personnels, par ce refus de donner au réseau CNDP les moyens de rester un éditeur public pour la documentation pédagogique, dont nous avons besoin.
J P Hennuyer us n° 617 du 19/03/05