27 septembre 2010
De plus en plus de camarades de la FSU siègent dans un CODERPA, au titre de la FSU ou de la FGR-FP. Ils y exercent parfois des responsabilités importantes ; Monique Ouvrard, vice-présidente du CODERPA de Seine-et-Marne, a fait part de son expérience à Bénédicte Vrain.
Bénédicte Vrain : Qu’est-ce qu’un CODERPA ?
Monique Ouvrard : Une instance consultative auprès du président du conseil général, un lieu de dialogue, d’information et de réflexion au sein duquel des représentants des retraités et personnes âgées participent à l’élaboration et à l’application des mesures de toute nature les concernant, en concertation avec les professionnels et les principaux organismes chargés de la mise en œuvre. Souvent il se dote d’un bureau et travaille en commissions.
B. V. : Quelles sont ses missions ?
M. O. : Quatre missions essentiellement : il doit d’abord établir un rapport annuel sur la mise en œuvre des actions de toute nature intéressant les RPA du département. Le CODERPA joue ainsi un rôle d’incitateur et de catalyseur des actions innovantes. Ensuite il mène une réflexion globale sur la situation des Retraités et Personnes Âgées : études, investigations, propositions de toute nature.
La diffusion d’informations, par le biais du bulletin et du site internet, mais aussi par la participation à des réunions, rencontres, forums, et par des opérations ponctuelles menées de notre propre initiative, fait partie de ses missions . Enfin il contribue aux actions en faveur des retraités et personnes âgées : aide à la coordination des divers acteurs dans le respect des responsabilités et des prérogatives de chacun, à la définition d’objectifs cohérents et partagés, à la conclusion de conventions entre le Département et ses interlocuteurs ; participation à l’élaboration du schéma gérontologique, à des CA de centres hospitaliers, aux commissions de l’APA, aux CLIC, etc.
B. V. Peux-tu citer des actions spécifiques à l’initiative de ton CQDERPA ?
M. O. Une conférence-débat sur le thème de la citoyenneté des personnes âgées pendant la semaine bleue. Une étude sur les maisons de santé, avec une conférence du Pr Atlan. Nous avons ainsi montré que les maisons de santé, travaillant en lien avec les grands hôpitaux de Paris, sont une réponse de qualité, innovante, à la désertification médicale.
Dans une localité différente chaque année, une rencontre avec les futurs retraités, avec l’objectif de les informer, de répondre à leurs questions, de leur fournir de la documentation, de leur permettre de rencontrer des professionnels. Une enquête sur les raisons pour lesquelles les conseils de vie sociale (incluant les résidents en établissement et leur famille) n’ont pas été mis en place ou ne fonctionnent pas, non pour dénoncer mais pour analyser et remédier.
Nous avons édité en complément un guide « Choisir sa maison de retraite, comment faire le bon choix », consulté les établissements d’hébergement sur leurs actions relatives au lien intergénérationnel et sur leur ouverture à l’extérieur (vie associative, sorties, visites, accueil de personnes extérieures, vie civique, participations à diverses manifestations, aux offices religieux, etc.).
Nous avons aussi recensé, avec l’association France Alzheimer, tout ce qui existe et ce qu’il faut mettre en place pour l’accueil des malades et de leurs familles.
B. V. Avec la mise en place des ARS, y a-t-il des risques de bouleversement ?
M. O. : Les ARS ont la haute main surtout le secteur médico-social. Les trois ministres de tutelle ont déjà fixé à leurs directeurs pour 2010 des objectifs prioritaires, où le handicap devient prédominant, laissant de côté la prise en compte globale des besoins de l’ensemble des RPA. Le schéma gérontologique risque de devenir un schéma « dépendance ».
B. V. Quel rôle spécifique pour la FSU ?
M. O. La FSU, comme la FGR-FP, siège dans le même collège que les associations. Contrairement à certaines d’entre elles, elle défend publiquement auprès du conseil général ses positions, son projet de société : refus de l’assuranciel et du recours aux familles pour la prise en charge de la perte d’autonomie, solidarité nationale intergénérationnelle, prise en compte globale des besoins. Elle dénonce le désengagement de l’État, qui met des associations à but non lucratif en cessation de paiement tandis que le secteur marchand prolifère. Elle sensibilise et informe les syndiqués qui doivent se saisir aussi de ces questions.
Entretien publié dans RETRAITES ET SYNDICALISME supplément à POUR n°145 de juin-Juillet 2010