SNES - FSU

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CR de l’AG de la profession

31 janvier 2006

 

Compte rendu de la réunion nationale du 28 janvier 2006.

Près de 200 Co-Psy et DCIO venus de toute la France ont participé à l’AG organisée par le SNES le 28 janvier à Paris. Pratiquement toutes les académies sauf deux étaient représentées.

Claudie Martens, co-secrétaire générale du SNES s’est félicitée du dynamisme et de la réactivité de la profession qui a déjà été déterminant dans l’action de 2003. Elle a insisté sur l’attachement profond des équipes éducatives à la présence des co-psy dans les équipes pluri-professionnelles qui se manifeste encore aujourd’hui face aux menaces contre le service public d’éducation. Les amputations massives de postes traduisent concrètement la mise en place d’une politique de renoncement par rapport aux ambitions de formation et de qualification pour toute la jeunesse. Pour le SNES et la FSU d’autres choix politiques et budgétaires s’imposent. C’est pourquoi, ils mettent tout en œuvre pour s’opposer sur tous les fronts à cette offensive contre la formation, le service public et le droit du travail. Plusieurs actions intersyndicales sont prévues les 2 et 7 février ; des assises nationales pour la défense de l’Education prioritaire sont fixées au 8 mars, auxquelles les CO-Psy doivent prendre toute leur place en plus des initiatives spécifiques qu’ils mettront en œuvre.

C Remermier a rappelé la multiplication des avis, consultations et rapports sur nos services depuis 2 ans. Ils pointent à peu près tous les mêmes constats mais proposent des solutions sans rapport avec les difficultés rencontrées mais sont manifestement davantage inspirées des recommandations de l’OCDE que de la situation française. Elle a souligné la gravité des menaces qui pèsent sur la profession aujourd’hui car le gouvernement agit selon 4 axes qui sont en complète rupture avec ce qui fonde les politiques éducatives depuis 50 ans.

* Abandon de l’investissement éducatif comme enjeu important du développement de l’économie ce qui signifie rupture avec les politiques d’élévation du niveau de formation et de qualification de la jeunesse.

* Déni du rôle des services publics dans la croissance mais au contraire centration de son poids dans la dette publique et donc diminution par deux du nombre de fonctionnaires

* Sensibilité aux sirènes du libéralisme en matière d’information et de préparation des choix d’orientation ce qui entraîne une réduction drastique des moyens du service public

* Réduction de l’orientation à l’information sur les métiers et à l’insertion sans reconnaissance de la spécificité de ce qui se joue à l’adolescence, ni de la nécessité de psychologues qualifiés, ce qui se traduit par une volonté de rapprochement très étroit avec les structures de l’emploi et de l’aide à l’insertion.

C’est sur ces bases que le Premier ministre a annoncé la mise en place d’un grand service public de l’orientation, la nomination d’un délégué interministériel et la mise en place d’un pilotage régional de l’orientation du collège à l’enseignement supérieur. Un décret est en préparation sur le schéma national d’orientation et d’insertion professionnelle qui pourrait comprendre des dispositions concernant nos missions.

6 académies ont été désignées académies expérimentales (Amiens, Bordeaux, Caen, Nantes, Strasbourg, Versailles). La nature des expérimentations est pour le moment assez disparate mais le rapprochement avec les autres structures est partout à l’ordre du jour. Certaines régions voient d’un bon œil ce moyen de revenir sur les décisions contenues dans la loi de décentralisation car elles voudraient avoir la main sur tout le champ de l’orientation.

Enfin, un groupe de travail dont nous avons appris l’existence fortuitement s’est tenu le 24 janvier au ministère sur la Psychologie à l’Ecole sans qu’aucune organisation représentative du premier ni du second degré n’y soit représenté. Il est piloté par le premier degré. Il devrait aboutir sur une modification des missions des psychologues scolaires et des Co-Psy.

Il y a actuellement plusieurs freins à l’action pour les collègues. D’une part on assiste à la remise en cause de tous nos repères (Importance de l’investissement dans l’Education, séparation du monde de l’Ecole et du monde de l’entreprise pour la formation et l’information des jeunes, valorisation du service public..), à une offensive médiatique bien orchestrée qui culpabilise ou décourage les collègues.

Mais les ressources existent aussi. On tend à oublier que ce qui a été acquis en 2003 n’est pas oublié. Les liens avec les enseignants, les parents. De plus la profession a encore une forte capacité de mobilisation sur des valeurs, sur la défense d’une conception de l’Ecole et du métier.

J M Chatelet a insisté sur la dégradation de la situation des CIO : Enveloppe des frais de déplacements en régression constante, personnels administratifs en moins, collègues en congé non remplacés, budgets en diminution voire non abondés dans certains départements puisque les départements ont écrit au MEN pour lui demander de mettre fin à cette charge.

Il est difficile de rendre compte de la richesse des échanges sur toute la journée. Nous retiendrons 3 thèmes de discussions et détaillerons les propositions d’action évoquées.

·Les politiques régionales et l’orientation

Plusieurs académies (Nantes, Aix, Limoges) ont insisté sur la mise en place des plans d’actions stratégiques en région (PASER) et sur la manière dont étaient déclinées au plan régional les décisions politiques nationales. La plupart du temps il semble que les mesures d’application soient préparées par des services techniques avec très peu de possibilités d’intervention pour les organisations syndicales et pour les élus du personnel. Les Maisons de l’Emploi et de la Formation se multiplient. Certains présidents de Région apparemment ne se résignent pas à lâcher la maîtrise de l’orientation comme nous l’avions obtenu en 2004 dans la loi. Dans la région Paca, L’AIO (Accueil, information et orientation) a été réintroduit comme axe prioritaire de l’action de la région comme si rien n’avait changé. L’objectif est la mise en commun d’outils des différents services. A Limoges, qui n’est pourtant pas académie expérimentale, des GIP se mettent en place avec un conventionnement Conseil Régional- Préfecture- Chambres consulaires- organisations patronales et syndicales (sauf la FSU !). L’objectif est de créer un centre de ressources pour l’orientation et l’information professionnelle. Sur deux districts se créent des « cités des métiers » ,très à la mode, qui mêlent le public, le privé et l’associatif. Les CIO risquent très rapidement d’être embarqués dans cette aventure .Beaucoup d’intervenants ont souligné la croissance exponentielle des recrutements en missions locales. (Toulouse, Nice) Un contact pourrait être pris avec les responsables nationaux des Missions locales car plusieurs ont rappelé que ceux ci n’étaient pas non plus favorables à la décentralisation en 2003 et qu’il serait bon de s’exprimer sur nos spécificités respectives.

·La dégradation des conditions d’exercice

Les problèmes de remboursement de frais de déplacements ont été souvent évoqués.(Dijon, Lille, Aix) A Dijon on demande aux CIO d’organiser leurs activités dans les établissements en fonction du budget disponible !A Aix, les Cio sont sommés de trouver des solutions par eux-mêmes. La Lolf est utilisée comme justificatif de toutes les dégradations. Certains collègues (Versailles) envisagent de faire appel au tribunal administratif). Les problèmes de relogement de CIO ne sont pas moins criants. A Decize, le CIO, hébergé dans un lycée qui doit être rénové, se retrouve pour le moment sans locaux et nos collègues envisagent un campement devant le MEN si la situation ne se débloque pas. Plusieurs académies se battent pour obtenir le remplacement des personnels en congé long et certaines ont réussi à gagner totalement ou partiellement. Les budgets de CIO ne sont pas moins problématiques. Le Cio de Tours se heurte actuellement à un refus du conseil général d’abonder son budget. D’ailleurs le président du conseil général, qui est aussi président de l’association des départements de France a écrit au MEN pour lui demander de mettre fin à cette charge qu’il juge indue. Le MEN interrogé là dessus en audience réfléchit ! On imagine dans quel sens !

·Les effets des mesures et la reconnaissance de notre rôle

Plusieurs académies ont indiqué qu’à l’occasion de la mise en place des équipes de réussite éducative (loi Borloo) s’accélérait le recours à des psychologues extérieurs pour assurer les missions que nous avons de plus en plus de mal à assurer. Dans la région Ile de France c’est le Président de Région qui a promis aux chefs d’établissement, après « la crise des banlieues », de doter les établissements de psychologues pour lutter contre la violence. A Nice, il est question d’un dossier de « traçabilité » de l’élève pour qu’on puisse suivre son passage dans les différentes structures, ce qui pose quelques problèmes déontologiques. Enfin, la mise en œuvre des politiques de contrôle social auxquelles on assiste conduit les autorités administratives à vouloir modifier l’activité de certains CIO spécialisés pour qu’il soient davantage dans le diagnostic et qu’ils confient plutôt le suivi à des structures extérieures. Tendance déjà observée depuis longtemps à l’hôpital dans un souci de rentabilisation des actes.

ACTIONS

C Remermier rappelle le dispositif d’action du SNES et de la FSU pour les mois qui viennent ;

* Le 2 février grève et manifestation au plan national à l’appel de toutes les fédérations et confédérations syndicales pour la défense de l’emploi public et pour une autre politique salariale

* Le 7 février manifestation avec les organisations étudiantes, lycéennes et les fédérations syndicales contre le Contrat première embauche

* Le 8 mars assises nationales de l’Education Prioritaire ‘et durant le mois de mars, forum départementaux FSU pour l’Education

* Fin mars, perspective d’une grande manifestation nationale avec les fédérations de l’Education et les parents (rien d’arrêté encore)

Dans le 93 la réaction s’organise contre la politique de casse de l’éducation prioritaire. La grève du 26 janvier a été très bien suivie (60% dans les collèges)A noter que les problèmes de la catégorie (réduction du nombre de postes, risque de retour de la décentralisation sont spontanément évoqués par les établissements présents. Les occupations de collège la nuit se poursuit et des réunions Co-Psy et DCIO dans le 93 sont prévues pour discuter d’initiatives spécifiques

En ce qui concerne la catégorie, les échanges ont montré que beaucoup de choses avaient été faites ou étaient en cours dans les académies (quelques exemples non exhaustifs)

· Aix Marseille, pour le 2 février distribution de tract sur la manifestation, lettres en direction des partenaires

· Grenoble, motion votée dans les CA d’établissement (utilisation de la plaquette du SNES Co-Psy : Qui sont ils ? Que font ils ? Où travaillent ils ?) Participation aux AG d’établissements

· Limoges Ne pas minorer des choses simples comme l’affichage sur le panneau syndical en salle des profs et prise de parole

· Bordeaux rédaction d’articles montrant notre rôle de psychologue et sa nécessité pour aborder l’orientation des adolescents que les associations et organisations contactées s’engagent à publier

· Orléans Tours passage sur France 3 à la suite d’un message laissé par une collègue de Chinon sur le répondeur de « Là-bas si j’y suis »et expression sur les problèmes du CIO et des co-psy

· Rouen Rédaction d’un tract court et distribution pendant le forum du lycéen (beaucoup d’académies se servent des forums pour informer les parents, les élèves et les institutionnels)

· Créteil Participation aux actions du 93 contre la réforme des ZEP , courrier systématique aux fédérations de parents.

Plusieurs axes se dégagent sur la poursuite de l’action

* Ne pas sous estimer les actions simples d’information en direction des enseignants et des parents, notamment sur les risques de privatisation (avoir toujours un document prêt) Elles sont très utiles si elles sont très nombreuses

* Organiser des réunions départementales ou inter CIO pour informer les collègues de vive voix

* Continuer les contacts avec les élus, faire poser des questions écrites et prendre rendez-vous avec les conseils régionaux dans toutes les académies expérimentales

* Portes ouvertes dans les CIO

* Organiser la solidarité autour des CIO menacés de relogement dans les maisons de l’emploi

* Utiliser les semaines de février partout où c’est possible des actions autour des centres de formation avec signature de la pétition intersyndicale sur les concours

* Organisation d’une initiative spécifique nationale à la fin Mars pour faire la clarté sur les enjeux de l’orientation de manière offensive (forme colloque) suivie d’une journée d’action en direction du ministère.

Un communiqué de presse est rédigé et envoyé à la presse suite à la journée du 28 janvier (voir site)

C Remermier

 
 

Déclaration préalable des élus SNES en CAPN le 19 mars 2008

Les CIO invisibles sur le site du MEN !

Texte sur les missions des psychologues

Rentrée, mobilisation contre la diminution des recrutements

Note sur le rapport d’étape de la commission Hetzel

La régionalisation : le retour !

Intervention au Conseil Supérieur de L’Education du 18 mai

Fermeture du concours interne de Copsy

Nos propositions pour l’enseignement supérieur

Pour de véritables améliorations de l’orientation dans l’enseignement supérieur