SNES - FSU

Publications

Classe de seconde : Projet Darcos

9 décembre 2008

 

Propositions pour un lycée démocratique :

Préalable :

Les piliers constitutifs de la mission d’un lycée démocratique :
- Transmettre les savoirs et les méthodes constitutives d’une culture scolaire commune que nous voulons de haut niveau pour tous.
- Développer toutes les capacités des jeunes : leur transmettre les clés que l’école peut donner pour comprendre le monde et le transformer.
- Former le futur travailleur, le préparer à son insertion professionnelle.
- Eduquer le citoyen, le rendre apte à participer à la vie de la cité, à choisir, à décider.

Le lycée démocratique est porteur d’un enjeu de justice sociale, ce qui suppose une action résolue contre les inégalités, et la rupture avec le rôle ségrégatif de l’accès au savoir. L’idée que la connaissance ne peut être accessible qu’à certains, et donc que l’on ne pourrait se fixer les mêmes objectifs en tous lieux, est à donc à combattre.
Il faut réaffirmer l’exigence d’un service public d’éducation qui ne saurait être considéré comme une activité marchande, et dont les missions doivent obéir aux principes d’une école pour tous, protégeant les enfants et les jeunes de l’influence des groupes de pression et de lobbies. Une école qui s’inscrit dans un processus de gratuité et d’enseignement d’égale qualité sur tous les territoires.

Améliorer la réussite des élèves et les conditions de travail des personnels sont des objectifs convergents. Faire réussir plus de jeunes, lutter contre l’échec scolaire, cela implique des conditions de travail et d’étude satisfaisants (effectifs, dédoublement, équipements, salles…) pour permettre aux uns de pouvoir exercer pleinement leur métier et aux autres d’étudier, d’apprendre dans de meilleures conditions. Cela suppose aussi une formation continue (actuellement en complète déshérence) qui réponde aux attentes des personnels.

Réussir la démocratisation, c’est proposer une offre de formation diversifiée pour prendre en compte la diversité des lycéens :
-  Il faut s’interroger sur les enseignements nouveaux à introduire.
-  Il faut maintenir les trois voies de formation (générale, technologique et professionnelle), sinon on appauvrit le système éducatif et on offre moins de possibilités de réussite aux jeunes.
-  La diversité des séries à l’intérieur de chaque voie doit être également maintenue. Toutes doivent être des parcours de réussite. Il faut les rééquilibrer pour assurer à tous l’égalité, l’accès à une culture riche, ouverte sur le monde actuel, les conditions favorables d’une poursuite d’études et une formation « au métier de citoyen ».

Nos propositions pour la seconde et le cycle terminal :

-  La réduction des effectifs : 30 élèves par classe, 25 en ZEP au maximum.

-  Des horaires disciplinaires pertinents prenant en compte la diversité des séries. Les « heures d’enseignement » doivent comprendre l’encadrement du travail personnel ou en groupe restreint, les travaux pratiques, le soutien, l’approfondissement et les heures de cours proprement dites.

-  La difficulté scolaire doit être traitée dans le cours et pas à côté Il faut donc des dédoublements, ou des heures en petits groupes pour :
o Varier les situations d’apprentissage
o Prévenir l’échec scolaire ou le traiter
o Faciliter l’activité intellectuelle du jeune, sa prise de parole
o Développer l’autonomie de l’élève pour lui permettre de mieux s’approprier le sens des savoirs
o Favoriser des moments encadrés de recherche personnelle
La classe de 2nde GT n’est pas que la continuation de la troisième : il y a un « saut » qualitatif souvent ressenti par les élèves, qui est à mettre en lien avec le fort taux de redoublement. De nouvelles méthodes de travail, de nouvelles exigences apparaissent, et beaucoup d’élèves ont du mal à y faire face. Or, c’est aussi la classe où les effectifs sont les plus surchargés. Si l’on veut vraiment la réussite de tous les élèves en 2nde, alors il faut non seulement abaisser les effectifs par classe, mais aussi mettre en place des structures qui permettent des pratiques enseignantes qui pourront aider les élèves, tout au long de l’année, à s’approprier ces nouvelles exigences. Faute de quoi, celles-ci restent trop souvent implicites, et contribuent à l’échec des élèves les plus fragiles, les moins proches de la culture scolaire. Par « structures nouvelles », il ne faut pas entendre des dispositifs qui sortent les élèves en difficulté de la scolarité commune, mais bien une organisation globale de l’enseignement qui permette l’explicitation (par l’enseignant) et l’appropriation (par l’élève) des consignes et des attentes souvent implicites de l’école. Cela implique nécessairement de multiplier les heures en petits groupes, pour toute la classe et non pas pour les élèves les plus fragiles seulement.

-  Des contenus riches, pertinents, ouverts sur le monde. L’acquisition d’une culture commune à la fin du lycée. La culture commune n’est pas la somme des savoirs approfondis de toutes les disciplines mais elle repose sur un patrimoine commun. Culture commune qui doit permettre à chaque élève de se situer dans le monde, de se forger une identité et de développer son esprit critique. Il faut veiller pour cela à ce qu’il n’ait pas de lacunes dans les domaines essentiels, et qu’il accède à tous les domaines de la culture, en prenant en compte qu’ils ne sont pas tous abordés ou de façon plus ou moins importance au collège : les domaines littéraire et scientifique, essentiels, ne sauraient être suffisants :les sciences humaines, la culture technologique , les sciences sociales, la culture artistique, l’éducation physique et sportive sont tout aussi incontournables, pour tous les êtres humains en formation et les futurs citoyens que sont les élèves. Les savoirs enseignés doivent faire le lien entre les connaissances transmises et les grands problèmes du monde d’aujourd’hui. Ils doivent aussi être des « outils critiques » de développement personnel pour la vie sociale et civique

-  Des programmes nationaux élaborés en concertation avec la profession. La vision d’enseignements réduits à des « fondamentaux », qui seraient « approfondis » par ailleurs est totalement fallacieuse et réactionnaire, elle tourne le dos aux progrès de la pédagogie et des pratiques enseignantes. Elle suppose que l’élève doit d’abord « faire des gammes » sur lesquelles il n’a pas besoin de s’interroger, pour pouvoir ensuite, et ensuite seulement, accéder à des savoirs plus complexes. Elle suppose aussi que c’est en morcelant le savoir que l’on peut mieux le transmettre. On sait pourtant que ce n’est pas le cas, que c’est même l’inverse.
C’est en effet en faisant en sorte que les savoirs auxquels l’élève doit se confronter aient du sens pour lui, et ne soient pas réduits à des tâches dont il faut s’acquitter, que l’on peut transmettre efficacement des connaissances qui contribueront à forger son esprit critique (à condition, bien sûr, que l’enseignement ne laisse pas implicite les véritables objectifs de savoir, qu’il explicite les difficultés que les élèves doivent surmonter). Tout cela demande du temps, un suivi proche de l’élève, la possibilité de remédier pendant le cours aux difficultés de certains élèves, etc.
La classe de 2nde doit permettre une orientation raisonnée. Cela commence par un travail d’information sur la réalité de la spécificité de chaque série, qui remette en cause la hiérarchie implicite qui existe. Cela suppose aussi des passerelles, car il paraît difficile qu’un élève puisse vraiment « goûter » à toutes les disciplines qui ne font pas partie du tronc commun.

Nos propositions spécifiques pour la seconde :

La classe de seconde doit être le lieu privilégié où l’on commence à se déterminer. Temps de respiration, ce n’est pas le simple prolongement de la classe de 3ème. Elle doit préparer la poursuite d’études jusqu’au plus haut niveau.
Elle doit permettre aux élèves de découvrir de nouvelles disciplines qui élargissent le champ de la culture commune. Le choix d’options articulées au tronc commun indiquera les possibilités à venir sans que le choix soit irréversible. Cela suppose des compléments de formation en 1ère.

Seconde et voie technologique : Les formations de la voie technologique sont construites autour de « champs technologiques ». Les élèves travaillent sur des systèmes techniques en étudiant l’ensemble du cycle de vie de ces systèmes : de la validation du besoin, au recyclage, en passant par la conception, la production, la maintenance.
La réforme doit respecter ces spécificités et à l’intérieur de la voie technologique la diversité des séries : STI, STL, STG, ST2S, hôtellerie, Arts Appliqués, TMD…
La place et le rôle des enseignements technologiques de détermination dans la classe de seconde sont centraux : ils doivent permettre de découvrir le champ technologique porteur de contenus et ne pas enfermer le jeune dans une filière.

 

Le point sur la réforme des lycées

Haro sur le baccalauréat ?

Le point sur...les lycées

Fiches lycées remises au ministre, avril 2008

Données statistiques

Lycée : ouverture de discussions - juin 2008

le point sur la réforme - septembre 2008

Pourquoi cette réforme ?

Etat des lieux

Pourquoi refuser cette seconde là ?

Réforme du cycle terminal

Nos propositions pour le cycle terminal

Publication FSU : un lycée pour l’avenir

Pour un lycée démocratique. 8 pages. Septembre 2009

Derrière le show (courrier de S1n°3 du 17/09/09)

Réforme du lycée : rejetons les "pistes" du ministère (US mag 685)

Lycée Chatel : le renoncement (US n° 689)

La réalité des réformes Chatel (US n°689)

Courrier de S1 lycées : Mobiliser et argumenter (US n°702 du 4 décembre 2010)

DHG en lycée général : réforme et pénurie (US 704)

Quel métier d’enseignant la réforme du lycée dessine-t-elle ? (US 703)

Pour une autre réforme du lycée : construire la mobilisation (US 701)

Consultation sur les programmes de terminale : à investir de toute urgence ! (US 706)

Réforme du lycée et orientation des élèves : vers des déconvenues (US 708)

Orientation en fin de seconde : attention ! (US mag 707)

Histoire Géographie au lycée (US mag 707)

Lycées au Conseil Supérieur de l’Education : programmes et bac (US 707)

Rapport sur la réforme du lycée : des conclusions inquiétantes (US 707)

Le lycée dans l’US Magazine 706 du 5 mars 2011 : réforme et réussite des lycéens, nouveaux programmes, philosophie

Lycée général et technologique malmené (US 706)

Première Générale version Châtel nous n’en voulons pas (US 705)