18 mars 2007
Projets sur l’orientation : ça se précise !!
Le Snes a eu dans ces quinze derniers jours plusieurs audiences qui nous permettent de cerner plus précisément les projets gouvernementaux pour notre métier.
Le délégué interministériel P Lunel, rendra son rapport le 28 mars. Une audience récente (6 mars) nous permet de communiquer les projets déjà très avancés bien que non définitifs.
· Coupure du corps en 3 : Le conseil personnalisé pour l’orientation confié aux enseignants ; le recrutement d’un nouveau personnel, « conseiller d’orientation » pour informer et conseiller sur les métiers, travailler avec les équipes éducatives, notamment pour la DP ; le maintien en survie (ou la mise en extinction des Co-Psy ) pour effectuer les bilans psychologiques demandés pour la MDPH et l’entrée en Segpa ainsi que le conseil technique auprès des chefs d’établissements ou pour les cas difficiles.
· Le projet de recrutement de ces nouveaux personnels a été présenté à la Fonction publique pour avis. Notre corps serait transformé en corps de Conseiller d’orientation. La formation de ces personnels est annoncée sur 2 ans mais on peut raisonnablement penser que celle-ci se ferait sur un an avec sûrement beaucoup de stages en entreprises. Rien ne permet non plus d’affirmer avec certitude que ces personnels seraient des fonctionnaires d’état. Pour quoi pas une appartenance à la fonction publique territoriale ?
· Les Cio nous sont présentés comme devant être les pivots de ces nouvelles missions mais on peut avoir des craintes sur la manière dont les choses seront tranchées en interministériel. Les maisons de l’emploi et de la formation ou les cités des métiers seront sûrement mises en avant par d’autres ministères.
· Les deux groupes de travail de la DEGESCO (groupe « Gachet » sur les missions des psychologues de l’EN et groupe « Chauvet » sur l’information, l’orientation et l’insertion ont rendu leur copie. (Voir les textes ci joints) Ces textes sont provisoires car le cabinet du Ministre peut les modifier comme il l’entend et leur donner la suite qu’il souhaite. En l’état, ils s’accordent tout à fait avec les projets de la délégation interministérielle.
Il est encore temps de faire pression pour annuler toutes les dispositions dangereuses pour la profession et les CIO. Le Snes a déjà fait plusieurs propositions d’action
- Motion dans les Conseils d’administration sur les entretiens 3ème (voir courrier de secrétaire de S1 parvenu dans les CIO)
Motion avec les enseignants de lycée contre le transfert des entretiens aux professeurs de 1ère et lettre au Recteur
Adresse aux candidats aux présidentielles et aux élus sur leurs intentions concernant le devenir des services
PARTICIPATION A TOUTES LES ACTIONS PROPOSEES PAR L’INTERSYNDICALE DU SECOND DEGRE DONT LA GREVE ET LA
MANIFESTATION DU 20 MARS
Compte rendu audience avec la délégation interministérielle du 7 mars 2007
Participaient à la délégation : Roland Hubert, Sophie Boniface et Catherine Remermier
Représentants la DIO : P. Lunel, M. Lugnier, A. Roussel
Nous avions demandé cette audience afin de nous faire préciser les dernières propositions de la délégation quant à l’avenir des services. P. Lunel ayant été retardé, M. Lugnier a introduit la discussion en précisant que les arbitrages n’étaient pas encore faits et qu’aucune date n’était définitivement fixée pour la remise du rapport.
Il en a reprécisé les axes : la valorisation d’une action personnalisée tout au long de la scolarité (cf. Mise en place des entretiens), accent sur une meilleure connaissance des métiers et de l’entreprise pour préparer au mieux élèves et étudiants à s’insérer. L’hypothèse étudiée repose sur la nécessité de recruter un personnel ayant des compétences centrées sur le monde de l’entreprise pour appuyer la mise en place de la DP. Celle-ci a une place importante dans le schéma national, renvoie à l’égalité des chances car elle doit être proposée à tous les élèves et a un lien lieu avec le socle commun, en particulier, la compétence n° 7.
L’hypothèse première de recourir aux personnels MGI a été abandonnée.
Une autre hypothèse a été testée (et apparemment déjà assez avancée).En effet nos interlocuteurs ont abordé les missions, la formation et le recrutement
Il s’agirait de transformer le corps des CO-Psy en corps de CO (La Fonction Publique serait d’accord). Ce corps comprendrait deux types de personnels :
Les CO-Psy dont la formation et le recrutement ne changeraient pas (mais qui risquerait d’être mis en extinction)
Les CO dont le recrutement se ferait à partir de tous types de licence, avec une formation de 2 ans mais plus centrée sur l’économie, la connaissance de l’entreprise, l’insertion.( On voit mal ce qui contraindrait le MEN à maintenir une formation de 2 ans s’il n’y a plus l’obligation du titre !)
· « Une grande partie du métier serait commune : information, travail collectif, entretien conseil », seul le bilan psychologique resterait aux CO-Psy en propre. · Le concours pourrait comprendre des épreuves communes et des épreuves différentes. Les nouveaux personnels n’auraient pas d’épreuve de psychologie par exemple. Les principes derrière ce choix nous a t-on affirmé visent à préserver le titre de psychologue, tout en élargissant le corps à d’autres licences.
Il apparaîtrait désormais indispensable ( ? !) de confier la connaissance des métiers à d’autres que les co-psy.. Devant la récurrence des critiques adressées à notre corps, il paraîtrait selon nos interlocuteurs, difficilement justifiable que l’information sur les métiers soit confiée à des psychologues. Avec la multiplicité d’acteurs dans l’orientation, il faut voir qui peut répondre à quoi. Les CIO, dans ce schéma seraient censés être les pivots « Une pièce maîtresse du dispositif » mais rien ne garantit que ceux-ci ne seraient pas finalement dilués dans des structures multipartenariales..
Nous avons formulé plusieurs objections :
Ce projet ne se développe que parce que l’orientation est réduite à l’insertion et à la connaissance des métiers. Il y a une volonté manifeste de permettre qu’un autre discours que celui des CO-Psy arrive jusqu’aux élèves.
Nous n’avons pas malgré nos questions réussi à savoir en quoi, ces nouveaux personnels seraient plus performants que les co-psy ! Vraisemblablement moins formés ( 1 an au lieu de 2) sans qualification de psychologues, qu’apporteraient ils de plus aux élèves et aux familles ? Au bénéfice de qui s’opèrerait finalement cette réforme ?
Il est clair que les CO-Psy dans un tel schéma se verraient cantonnés à des bilans psychologiques (handicap – Segpa) alors que les CO feraient les entretiens et le travail auprès des enseignants. L’argument du faible nombre de co-psy ne conduit pas à la conclusion qu’il faudrait en recruter plus mais qu’il faudrait recruter d’autres personnels.
Ceci serait ingérable du point de vue de la gestion des personnels et bloquerait encore un peu plus les possibilités de mutation pour les co-psy. Il est à craindre que les conditions de travail ne soient rapidement aggravées par assimilation avec les CO qui seraient aussi dans les CIO. Quels seraient les horaires et les congés de ces nouveaux personnels ?
Le schéma qu’on nous propose ne repose pas sur les vraies questions. Comment mieux prendre en compte les aspirations des jeunes ? Comment favoriser leur réussite et leurs parcours ? Même si le discours du délégué interministériel se veut plus consensuel et ouvert, sur le fond la commande semble maintenant bien claire.
· L’orientation doit être pilotée par l’insertion professionnelle
· Les enseignants doivent davantage s’y impliquer notamment pour le conseil
· Les co-psy ne peuvent plus travailler sur la découverte des métiers, avec les élèves et les enseignants. ( ce ne serait pas sérieux ?!)
· Il faut donc recruter d’autres personnels
Comme la fonction publique refuse la création de nouveaux corps de fonctionnaires, il faut transformer le corps actuel des co-psy en corps des Conseillers d’orientation. Ceci suppose des modifications statutaires. Les choses ne peuvent se faire immédiatement il est donc encore temps de s’y opposer.
Compte rendu de l’audience du 13 mars 07 avec la DEGESCO
Le secrétariat de catégorie (JM Chatelet ; C Remermier) a été reçu par la DEGESCO (L Ortuzzi ; PF Gachet ; P Chauvet ; JF Taillandier) au sujet du bilan des deux groupes de travail. Rappelons que les syndicats étaient exclus de ces groupes. Seules les associations professionnelles et, pour le groupe « Chauvet » deux collègues de terrain, en faisaient parties.
Le groupe « Gachet » sur les missions des psychologues de l’Education Nationale a terminé ses travaux et produit un texte qui a été soumis au cabinet du Ministre (Voir texte sur le site du SNES www.snes.edu/actualités/rub.... Celui-ci reprend une bonne partie des missions des co-psy (examens psychologiques, accompagnement psychologique, contribution à l‘adaptation et à la réussite, participation aux projets d’établissements) mais ne décline pas notre action pour aider les adolescents à élaborer leurs projets d’orientation même si cet objectif est cité. Le Cio a été ajouté dans le texte et la référence au second degré est explicite. Mais l’intervention des psychologues de l’Education Nationale est limitée aux élèves à besoins éducatifs particuliers et aux élèves en situation de handicaps. Ceci signifierait que le rôle des psychologues de l’Education Nationale étant limité à ce public, les effectifs seraient calculés en conséquence. Le cabinet peut tout à fait modifier le texte qui devrait passer au CSE dès qu’il aura donné son feu vert.
Le psychologue de l’Education Nationale n’est pas désigné dans le texte. Qu’est ce que le MEN décidera de mettre sous cette appellation ? Psychologues scolaires uniquement ou psychologues scolaires et Co-Psy ?
Le groupe « Chauvet » a tenu sa dernière réunion le 9 mars. Un texte a été élaboré et transmis au cabinet du Ministre sans que les organisations syndicales n’aient pu faire de remarques. Nous les ferons parvenir néanmoins très rapidement. La commande du Cabinet portait sur les missions que doit remplir l’Education Nationale pour répondre aux besoins d’information, d’orientation et d’insertion. Il aborde la question de manière trop simplificatrice selon nous, même si quelques éléments de complexité ont pu être ajoutés par nos collègues de terrain par rapport à la version initiale.
Toutefois sous le prétexte que l’orientation doit être partagée, les actions à mener ne sont pas référées clairement aux compétences, au positionnement ni à la spécificité des acteurs. Par contre le transfert du conseil personnalisé préparant l’orientation est réaffirmé avec force :
« Le besoin d’individualisation pour l’orientation passe par la reconnaissance du rôle décisif joué par les enseignants dans l’aide, le conseil et la décision d’orientation ; elle nécessite leur implication accrue, dans le cadre d’une démarche d’orientation éducative globale. Ce rôle des enseignants se réalise en complémentarité avec celui des professionnels de l’orientation »
On pourrait se satisfaire de cette formule. Mais lorsque nous avons interrogé nos interlocuteurs sur cette appellation non statutaire de « personnels d’orientation » en proposant d’identifier clairement les Co-psy et les DCIO, il nous a été répondu que le rapport du groupe ne pouvait trancher dans le débat et que nous n’étions pas seuls à assurer ces missions. Or, celles-ci sont bien celles que remplissent actuellement les co-psy (voir page 7 et 8 du document sur le site du SNES). Tout le monde a en tête le guide pratique de formation des professeurs à l’entretien et la dernière publication de l’Onisep sur « informer en lycée » qui prétend former en quelques lignes les enseignants à « l’entretien Leconte » !
Nos interlocuteurs ont reconnu que ce texte n’excluait rien par rapport à l’évolution du corps.
Le cabinet du Ministre tranchera sur l’avenir de ce texte. Nous sommes persuadés que la teneur du rapport Lunel déterminera en grande partie la suite de cette opération.
Il est encore temps de peser en agissant avec les enseignants, en alertant les élus, en interpellant les candidats à la présidentielle. Dès que le rapport du délégué interministériel sera public, nous le mettrons sur le site et organiserons le débat avec tous les collègues pour envisager une action spécifique.