7 février 2008
Collège Pierre et Marie Curie 27500 Pont-Audemer
Il y a un appel, suite à une rencontre avec l’IA, à un rassemblement premier et second degré le mercredi 27/02 à Pont-Audemer, pour aller porter symboliquement quelques livrets au président du Conseil Général 27, qui aussi notre maire, pour donner une certaine publicité au refus de ce livret, tant dans l’expérimentation que pour la rentrée prochaine.
Motion adoptée en CA par les enseignants, les pare,ts et les élèves
le 7 février 2008
MOTION PRESENTEE PAR LES PERSONNELS D’ENSEIGNEMENT ET D’EDUCATION
La baisse du H/E du collège Pierre et Marie Curie de Pont-Audemer, pour la sixième année consécutive, impose aux membres du Conseil d’Administration de choisir, pour la répartition des moyens attribués aux élèves à la rentrée 2008, entre des classes ou surchargées ou sans renforts disciplinaires ni dédoublements. Et cela en dépit des besoins criants dont témoignent les résultats des évaluations à l’entrée en 6ème.
Cette baisse a pour cause la diminution drastique des recrutements (−56% en 5 ans) et des titularisations (−79% en 5 ans), avec 33% de postes en moins au CAPES interne de mathématiques pour la seule année 2008 !
On ne peut en ignorer les conséquences, ici à Pont-Audemer, où plus de 200 élèves ont été privés de cours de mathématiques pendant deux semaines, faute de remplaçant. Accepter ce désengagement de l’Etat, aggravé dans le cas présent par la disparition du statut de surveillant, reviendrait à accepter de gérer localement ces absences. Or l’occasion nous a été donnée d’apprécier les pistes qui pouvaient être proposées au niveau local : l’appel à un professeur en retraite, ou encore la diminution d’une heure des horaires des autres classes, pour récupérer ainsi de quoi assurer une partie des cours manquants.
Ce bricolage institutionnel est indigne et dangereux. Il augure de ce que produira la disparition annoncée du statut de la fonction publique, celui dont le Conseil d’Etat écrivait pourtant en 2003 : "Il a permis que se constitue en France une fonction publique intègre, professionnelle et impartiale." Les professeurs du collège ne l’acceptent pas.
Les familles qui nous ont confié leurs enfants ont témoigné de leur attachement et de leur confiance dans l’école publique, il est indigne de cette école qu’elle soit incapable d’assurer la continuité de l’enseignement pour ces élèves !
Il est indigne, et cynique, de faire appel à un professeur retraité, alors qu’on en est là, entre autres, parce que son départ n’a pas été remplacé ! Il est indigne de répartir la misère entre tous les élèves, au mépris des horaires nationaux, et par conséquent des programmes, auxquels tous ont droit !
Si l’Etat veut doter les familles d’un droit opposable à l’Education, le fameux socle commun, ne lui faut-il pas d’abord donner à chaque élève les horaires qui lui sont dus, les professeurs dont il a besoin ? Ne faut-il pas, ensuite, faire un effort supplémentaire pour ceux qui n’atteignent pas les objectifs du socle ?
La baisse des recrutements, au niveau du pays, celle du H/E, au niveau du collège, ne nous permettent ni l’un ni l’autre ! Tout cela montre que le socle commun n’est en réalité qu’une enveloppe vide, réduite à son livret d’évaluation, diagnostic lourd, qui empiète sur le temps des apprentissages, inutile, si l’on ne donne pas aux établissements les moyens de la remédiation, hypocrite, si l’on ne définit pas clairement auprès des familles ce à quoi elles ont le droit de s’opposer, et dont l’expérimentation, dans la précipitation et le flou, a été un échec retentissant dans la circonscription de Pont-Audemer, où elle a été massivement rejetée par les professeurs des écoles et des collèges.
Nous voulons une politique éducative ambitieuse, garantissant les horaires nationaux, des aides pour les élèves en difficulté, des remplacements rapides, par des professeurs certifiés, des effectifs raisonnables, et aussi, que l’on tienne compte de l’avis de ceux qui sont sur le terrain, avant de mettre en place des mesures qui créent des conflits, usent de l’énergie, et sur lesquelles on finit par reculer : note de vie scolaire, livret d’évaluation, remplacements déréglementés…
Télécharger la motion