22 novembre 2004
Colloque
« Psychologues : les risques du métier dans une société libérale ? Quels repères et quels contre-feux ? »
Date : 25 et 26 novembre
Lieu : Eurosites, 144/146 avenue du président Wilson 93210 La plaine Saint Denis (Métro porte de la chapelle ou RER Station Grand stade)
Programme :
Jeudi 25 novembre
9h30 : ouverture
10h-11h30 : histoire de la psychologie et enjeux actuels : Annick OHAYON (université paris 8)
A plusieurs reprises dans son histoire la Psychologie a été sollicitée par les questions sociales. Selon les courants dominants certaines réponses ont été apportées qui n’ont pas clos, pour autant les débats. Aujourd’hui, la montée du libéralisme dans tous les champs repose fortement la question de l’utilisation des savoirs produits par la discipline mais plus globalement de l’orientation de la recherche. Quels enseignements pouvons nous tirer du passé pour éviter une instrumentalisation de la Psychologie ? En retraçant les grandes étapes du processus de professionnalisation de la Psychologie, on insistera plus particulièrement sur la période des années 50 où dans un climat idéologique très tendu, apparaissent les premiers métiers de la psychologie et aussi les premiers questionnements déontologiques et corporatistes.
11h45-13h : table ronde des praticiens des différents champs d’application de la psychologie : les pratiques et la déontologie face aux nouveaux textes et dispositions réglementaires.
Que ce soit dans le champ de la Santé, de l’Education, de la justice, ou du travail, les évolutions récentes mettent sous tensions les pratiques des psychologues et leur déontologie. A partir des témoignages de terrain, de psychologues de ces différents secteurs, nous essaieront de dégager les problèmes convergents et d’identifier les ressources existantes
14h15-16h15 : A quoi sert la psychologie sociale aujourd’hui sociale aujoud’hui ?
Gérard GUINGOUAIN (université RENNES II) Les sollicitations de la psychologie dans le champ social sont multiples : médiations familiales, échec scolaire, aide à l’insertion, orientation, sport, analyse du travail, pourtant ce ne sont pas toujours les psychologues qui sont invités et l’utilisation des connaissances et des méthodes de la psychologie pose souvent problème. Quels sont les problèmes posés par la recherche et l’intervention en psychologie sociale ?
16h30-18h : quelles analyses syndicales et quelles initiatives ?
Les derniers textes parus sur la prévention de la délinquance, les lois Perben I et II, les propositions du rapport Thélot prévoyant d’introduire une éducation des comportements traduisent un mouvement global de normalisation des attitudes et des comportements des individus. Les analyses des organisations syndicales présentes et les actions mises en oeuvre dans les champs de responsabilité de chacune devraient constituer des points d’appui pour aller vers des actions unitaires. Nous en débattrons. Syndicats présents : SNUAS.FP ; SNPES-PJJ ; SNUIPP ; SNES
Vendredi 26 novembre
9h30 : 10h30 : la psychologie dans le système éducatif : enjeux et perspectives. D. Paget
Alors que le rapport Thélot affiche la volonté de faire réussir tous les élèves il organise l’éviction des psychologues dans le premier degré comme dans le second. La plupart des travaux repris par le MEN sont ceux des sociologues, comme si le déplacement du centre de gravité de l’Enfant vers les savoirs annulait le besoin de psychologues dans l’ECOLE. Dans le même temps la personnalisation des apprentissages et des parcours devient une obligation. Qu’est ce qui se cache sous cet apparent souci de prise en compte de l’élève dans sa globalité ?
10h45-12h30 : ateliers
Atelier n°1 Quel rôle pour le psychologue dans les instances (conseil de classe, commission d’appel, CCSD,...) et les équipes pluri-professionnelles ?
Le COP fait partie de l’équipe éducative et a, à ce titre, une place institutionnelle. Cette place lui est reconnue par sa présence de droit dans des instances officielles telles que le conseil de classe, la commission d’appel. Ainsi, l’institution scolaire reconnaît, pour l’instant encore, la nécessité d’un "autre regard", celui du psychologue.
Ces situations professionnelles sont très différentes de la situation plus habituelle d’entretien individuel, mais elles sont tout aussi importantes. D’abord parce que c’est à travers ces situations-là essentiellement que notre métier est "visible" pour les autres professionnels. Ensuite parce que ces situations nous permettent d’approcher au plus près ce qui fait notre spécificité en tant que professionnel. Dans ces instances, dans ces équipes, nous devons nous positionner par rapport à d’autres professionnels qui nous laissent rarement occuper la place que nous voulons et que nous devons. Nous construisons notre place à partir de celle que l’on nous attribue.
Le directeur de CIO, en tant que psychologue, est lui aussi placé dans des situations où il lui faut définir sa place, et partant de là, celle du CIO et de l’ensemble de l’équipe. Ainsi dans les CAD (commissions de district ou de bassins), les CCSD, les commissions d’appel par exemple, on fait de lui soit un informateur, soit un statisticien, soit un spécialiste de l’affectation....
Ne pas laisser définir sa place par d’autres, c’est le travail essentiel du psychologue. Comment nous y prenons-nous ? Qu’est-ce qui rend parfois cette place si difficile à occuper ? Définir notre approche, notre regard spécifique comme s’intéressant à la personne n’est pas suffisant car les autres membres du système éducatif estiment aussi, à juste titre, y être attentifs. Alors, quel(s) autre(s) critère(s) ?
L’analyse des situations qui nous mettent en difficulté, mais aussi celles où notre positionnement professionnel est fort et reconnu, nous permettra sans doute d’aller un peu plus loin dans la définition du cœur de notre métier et d’identifier ce qui, finalement, est le plus "payant" pour faire entendre notre point de vue de psychologue dans l’institution.
Atelier n°2 Quel positionnement et quelles interventions du psychologue avec les groupes ?
Le COP travaille en entretien individuel dans les instances institutionnelles et cette pratique lui est grandement reconnue . Mais contrairement à une représentation répandue , le COP développe aussi une grande partie de( son activité) ou(ses activités) dans des groupes. En effet, que ce soit dans le cadre d’entretiens familiaux, de séances collectives d’information, d’actions de formations, de groupes de paroles ou d’ateliers ,les COP sont conduits à travailler dans et avec des groupes. Le groupe est donc à la fois le milieu dans lequel évolue le psychologue et l’un de ses moyens d’intervention.
Quelle problématique est-il pertinent de travailler avec les groupes ? Comment le COP construit-il son positionnement de psychologue ? Quels référents théoriques sous-tendent ces activités ?
Cet atelier devra être l’occasion de réfléchir à la place et la définition du travail de groupe pour un psychologue et à l’analyse des différentes pratiques qu’il peut susciter.
Atelier n°3 Handicap et intégration
Quel rôle pour le CO-PSY face aux élèves en situation de handicap ? Existe-t-il seulement un rôle individuel ? Y a-t-il un rôle institutionnel ? En tant que psychologue, le CO-PSY est reconnu dans les commissions, a-t-il les moyens d’exercer cette mission ? Quelles seront les conséquences de la nouvelle loi dans l’institution scolaire en général et pour les CO-PSY en particulier ? L’exigence posée de scolarisation de tous les élèves dans l’école de proximité est-elle un leurre qui masque un manque de moyens ou une chance pour les élèves en situation de handicap d’être réellement intégrés ? Le CIO comme instance de ressource et de formation dans le domaine du handicap.
Atelier n°4 Y a-t-il une place pour le psychologue et laquelle, dans la découverte des activités professionnelles par les élèves ?
Les différents rapports qui viennent de sortir sur le système éducatif et sur l’orientation mettent en avant le déficit de connaissance du monde du travail par les élèves. Les dispositifs prévus - éducation au choix, mise en place de la troisième « découverte professionnelle », dispositifs en alternance- sont censés aider les élèves à former des projets éclairés et à trouver ainsi des parcours de réussite. Cette tendance forte ne traduit-elle pas la rupture des équilibres jusque là admis entre l’Ecole et les entreprises concernant la formation professionnelle ? N’assiste-t-on pas à un glissement, d’une Ecole guidée par l’émancipation grâce aux savoirs vers une Ecole pilotée par l’économique et l’insertion ? N’est-on pas en train de préparer les futurs salariés à ce qu’exigent les nouvelles formes d’organisation du travail ?
La mise en place de la troisième « découverte professionnelle » ne risque-t-elle pas de se traduire par des techniques de manipulation douces visant à peser sur les choix des élèves les plus fragiles, dans le sens d’une gestion des flux moins coûteuse à court terme, mais contestable à plus longue échéance aussi bien d’un point de vue économique qu’humain ? Mais l’Ecole peut-elle rester un lieu neutre à l’abri des questions sociales, notamment sur la scène du Travail ? Comment les aborder ? En quoi peuvent-elles être source de développement et d’émancipation pour les élèves ? Quelle place peuvent y prendre les co-psy ? A quelles conditions ?
Atelier n°5 Le CIO peut-il être une équipe de psychologues ? A quelles conditions ? Identifié comme lieu d’accueil pour le public, d’observatoire et d’analyse pour le district scolaire le CIO est aussi un lieu ressource pour les professionnels. Lieu d’information et de formation pour les enseignants, il est aussi un lieu d’échanges pour les conseillers. Au-delà de la réunion de centre, le plus souvent transmission d’informations, quelle synergie mettre en place pour que vive réellement une équipe ? En quoi ce lieu peut-il être important pour des psychologues ?
14h15h30 : débats à partir des ateliers
15h30-16h30 : contre-feux pour une véritable école de la réussite.
Les frais de transport sont pris en charge pour les syndiqués.
POUR S’INSCRIRE : cio@snes.edu ou elyane.pierron@snes.edu ou 01 40 63 29 20 ou 01 40 63 28 47