19 octobre 2009
Compte rendu de l’audience au cabinet du Ministre du 15/10/09 sur l’orientation
Cabinet : P Allal et M Lugnier
Snes : R Hubert, M A Monnier, C Remermier
Le Conseiller social a souligné la place centrale de l’orientation qui selon, le président de la République doit rester au cœur de l’Education Nationale. Elle sera un objet majeur dans les discussions sur la réforme des lycées. L’action des différents acteurs doit être coordonnée dans un paysage nouveau, notamment avec l’adoption de la loi sur l’orientation et la formation professionnelle.
M Lugnier a présenté la lecture du Cabinet quant aux incidences de la loi. Nous avons pu vérifier que les arguments développés dans nos communiqués de presse étaient connus. La volonté de rassurer le Snes et de « déminer » le terrain était évidente mais peu crédible sur de nombreux points :
L’esprit de la loi consiste d’après M Lugnier, à faire de l’orientation un levier de la politique économique et d’amélioration du système de formation. C’est ce qui expliquerait l’extension des dispositions à l’ensemble des élèves en formation initiale. Il aurait été paradoxal de ne pas en parler.
La suppression du délai de carence d’un an, après la sortie du système éducatif pendant lequel la MGI actuellement intervient, revient à permettre l’intervention. des missions locales durant cette année. Pour le MEN, ce serait dans la but d’obliger tous les établissements (publics, privés, CFA, établissements agricoles) à repérer leurs décrocheurs et à les signaler.
Le rôle du Délégué interministériel à l’orientation a été présenté sous une forme très édulcorée. Il consisterait avant tout à mettre en place le « service dématérialisé d’information et de conseil » mais il n’aurait aucune prérogative sur les personnels.
L’introduction d’un article concernant les Co-Psy dans le texte de loi, ne répondait nullement à une demande du MEN. Le Directeur de Cabinet a d’ailleurs reconnu qu’il n’y avait pas sa place. M Lugnier a insisté sur la volonté des parlementaires de voir évoluer la formation afin de mieux répondre aux critiques sur la connaissance des entreprises et de l’évolution des métiers. Mais il ne s’agirait pas de toucher au statut ni de fusionner l’ONISEP avec les autres organismes publics d’information (centre Inffo et CIDJ)
La généralisation des plateformes souhaitée par N Sarkozy vise à répondre aux besoins d’une information de premier niveau mais pas à remplacer les acteurs de terrain A noter que notre interlocuteur cite les CIO ET les Missions locales.
Nous avons souligné la différence entre la conception de l’orientation défendue par le SNES et celle qui transparaît dans le projet de loi et dans les propos du Ministre. Réduite aux élèves en difficulté, décrocheurs potentiels ou avérés ou aux chômeurs auxquels il faut trouver au plus vite une « occupation » (contrats divers , certifications limitées, emploi précaires) et non un retour en formation selon des modalités adaptées si nécessaire, pour obtenir un diplôme de l’Education nationale. Le service d’orientation que le gouvernement appelle de ses vœux ne concerne pas tous les élèves car les enseignants ou les organismes labellisés s’en chargeront. Ceci explique la déclinaison régionale déjà prévue dans le projet de loi.
Au-delà des propos volontairement très rassurants, nous avons pointé plusieurs zones d’ombre et d’inquiétude.
Le rôle du DIO ne s’arrête pas au service dématérialisé mais concerne « la proposition des orientations de la politique d’orientation scolaire et professionnelle ». Il a en charge la définition des critères et des normes de qualité pour la labellisation des organismes ainsi que leur évaluation. Il dispose « des services et des organismes placés sous l’autorité des ministres de l’Education Nationale, de l’enseignement supérieur, de l’emploi et de la formation professionnelle et de la jeunesse. »
Contrairement aux affirmations de nos interlocuteurs, la labellisation des organismes et des associations ne se limite pas à l’information mais concerne le conseil. La loi leur permet effectivement des interventions dans les établissements auprès des élèves . C’est d’ailleurs déjà le cas dans plusieurs académies, notamment par le biais des expérimentations. Nous avons à cette occasion argumenté à partir des brillantes expérimentations du Recteur de Créteil, en particulier celle de « Responsable des études » qui justifie totalement la suspicion de faire disparaître les copsy. Néanmoins, le MEN n’a pas semblé (ou pas voulu) prendre toute la mesure des ravages que risque de provoquer cette externalisation.
De même nous avons soulevé le problème de la transmission de données nominales et personnelles concernant les élèves en difficulté à des organismes divers comme c’est déjà le cas à Nantes où la transmission est effectué directement des établissements scolaires aux missions locales par un logiciel appelé « Jasmin ». Le cabinet a voulu en faire un cas particulier et non un exemple de dérive
Le cabinet nous a informé de sa volonté de réunir un Groupe de travail sur les missions, sous la direction de la DEGESCO. Celui-ci devrait rendre ses conclusions avant Décembre. Elles seraient complétées par des discussions sur la formation en fonction des attentes du parlement. Le cadre de discussion apparaît balisé entre les mesures prises par les sénateurs et l’impossibilité, dans le contexte actuel de diminution du nombre de copsy, de « tout » faire. Il faudrait donc nécessairement trancher dans les missions. Nous avons tout de suite indiqué que la méthode ne nous semblait pas la bonne. Il faut partir des besoins des élèves et de la situation dans les établissements pour voir ce qui est nécessaire et comment l’articulation avec les enseignants peut se construire.
Il ne faut pas oublier que les différentes mesures prises jusqu’à présent ( Portail Internet, plateforme multimédia, labellisation des organismes, mise en place du PDMF (parcours de découverte des métiers et des formations) ne correspond nullement à une analyse des besoins mais aux recommandations européennes ( CF document du CEDEFOP de 2008 et de l’OCDE de 2008 sur les bonnes pratiques). Première réunion du GT le 21 Octobre 09.