14 avril 2006
Compte rendu de l’audience avec Anne LANCRY, directrice de l’INETOP
Participaient à cette audience : Catherine Remermier et Claudine Bur
1. La question des recrutements et des postes
Anne Lancry a rencontré le 5 avril 2006 la DESCO, JL Bénéfice et G. Ascione, (futur responsable de la Mission Orientation) sur les recrutements et la répartition des stagiaires dans les Centres. Le MEN aurait indiqué que les recrutements risquaient d’être encore bas l’an prochain car un nombre important de collègues auraient choisi de différer leur départ en retraite.
Sur l’affectation des stagiaires, A. Lancry a soutenu le point de vue qu’une « mise en sommeil » de l’un des centres serait dommageable à la préservation du potentiel déjà difficilement crée avec les universités. C’est le point de vue que nous avions défendu le 31 mars, lors de l’audience avec les représentantes de la DPE. Nous avons appris le 11 avril que ce point de vue avait finalement été entendu et que les 4 Centres recevrait des stagaires ( 22 à Paris et 11 dans les trois autres)
Concernant l’évolution du corps et des missions, la DESCO a mis en avant les prétendues dérives psychanalysantes qui agiteraient la profession. A. Lancry a même remarqué que ses interlocuteurs semblaient très branchés « insertion professionnelle » quant à leur conception de l’orientation et à leurs attentes par rapport aux CO-Psy.
2. La restructuration de l’INETOP
Cette restructuration comporte deux volets : le Centre de Recherche et l’Institut Désormais pour que les équipes de recherche soient labellisées, il faut qu’elles soient pluridisciplinaires et qu’elles comportent au moins 30 chercheurs actifs (ce qui correspond à de très fortes exigences par rapport aux autres disciplines), ayant une publication dans une revue internationale par an. Les chercheurs « non actifs », non universitaires et non tenus à publication, feraient baisser les crédits alloués.
L’équipe « psychologie de l’orientation » devait donc se rapprocher d’autres équipes pour pouvoir être labellisée comme équipe d’accueil et avoir le droit d’assurer des formations de 3e cycle (dont le DECOP). Les différents laboratoires présents au 41 rue Gay Lussac ont décidé de se regrouper (équipe clinique de l’activité (Y.Clot), psychopathologie du travail (C.Desjours), ergonomie, formation continue des adultes, socio-économie - VAE ; psychologie de l’orientation (J.Guichard-A.Lancry).
Un projet d’équipe de recherche autour du thème « travail et développement » a été déposé au MEN. L’orientation selon A. Lancry pourrait facilement se retrouver dans les thématiques autour du travail et des transitions.
Nous avons développé notre opposition à toute dérive qui consisterait à réduire les recherches à la question du travail. Nous avons réaffirmé notre attachement aux missions de psychologue, à l’ancrage dans l’éducation et à la recherche sur les problématiques de l’adolescence et de la réussite scolaire. En outre, avec un tel intitulé du centre de recherche, on voit mal comment, il pourrait attirer des chercheurs en psychologie de l’adolescence, intéressés par la question de l’activité des élèves.
A. Lancry en a convenu et nous a indiqué qu’elle avait proposé une autre appellation mais que d’autres laboratoires ne sont pas du tout sur ces champs (y compris la psychologie) et que l’accord n’était pas simple à trouver.
L’administratrice générale du CNAM a sollicité V. Merle pour réfléchir avec l’Inetop à la fois sur les rapprochements possibles entre les spécialistes pouvant répondre sur plusieurs questions en rapport avec le travail et les transitions professionnelles et sur la manière de répondre à l’émergence de nouveaux métiers. Le problème de la licence pro a été abordé. Elle visait à offrir, d’après A Lancry, une formation de qualité au personnel des missions locales et des Paio Le dossier est resté au point mort semble t il par rapport à l’an dernier.
La question de la création d’un grand institut soit englobant l’Inetop, soit à partir de l’Inetop est par contre à l’ordre du jour mais à échéance de 4 ans Il s’agit de contrer les projets de privatisation du Cnam en créant un grand institut qui regrouperait toutes les chaires existantes sur le travail au 41 rue Gay Lussac et l’Inetop. Il faut réaliser un état des lieux au plan juridique avant toute décision pour savoir quelle solution serait viable.
Nous avons exprimé notre désaccord avec un Institut qui porterait uniquement sur le travail et où les problématiques du travail de psychologue dans l’institution scolaire serait gommé. De plus historiquement, l’inetop représente le « berceau » de la profession et de la recherche et sa disparition aurait une signification très lourde pour les collègues. Nous avons également expliqué les enjeux du contexte actuel qui vise à supprimer le titre et à nous tirer, non pas vers la psychologie du travail mais vers l’organisation du travail. Nous avons aussi mis en évidence la situation concrète des collègues sur le terrain, sans moyens et confrontés à une mise en œuvre complètement aberrante de la 3ème DP et devant faire face à l’entrée de psychologues extérieurs dans les collèges. Nous avons réaffirmé que la formation un co-psy et la recherche pour mieux armer les collègues devaient être en prise avec les besoins réels de notre métier qui s’exerce dans l’Ecole
Le Snes demande la réunion de la commission technique pour que l’ensemble des points puissent être discutés. Il souhaite également que les organisations représentatives des personnels aient leur mot à dire sur l’évolution de ces projets qui concernent l’avenir des co-psy tant du point de vue de la recherche que de l’exercice du métier.