SNES - FSU

Série L

Compte rendu du stage 2004 : "avenir de la série L"

30 septembre 2004

 

Ce compte-rendu n’est pas exhaustif. Il s’efforce seulement de souligner les points d’accord, de désaccord et d’interrogations (c’est à dire les questions restant ouvertes du point de vue des participants). Il s’agit d’un document de travail qui ne donne pas les positions de congrès du SNES.

Le stage a réuni sur la journée une vingtaine de participants de diverses disciplines générales « littéraires » et « scientifiques » avec cependant des inégalités de représentations disciplinaires.

Partant du constat du déclin de la série en terme d’effectifs absolus et relatifs dans l’ensemble des séries générales, de l’affaiblissement des formations générales dans l’ensemble des formations générales, technologiques et professionnelles, la discussion a permis en premier lieu de revisiter et d’enrichir l’analyse faite au Congrès de Toulouse pour se livrer dans un deuxième temps à l’étude de propositions susceptibles de revitaliser la série et à l’exploration des pistes de réflexion tracées par le Congrès.

Ce dernier avait répertorié différents types de causes à la perte d’attractivité de la L :

- Causes internes liées au déséquilibre dans la structure des enseignements (déficit de la formation scientifique en général, de la formation mathématique en particulier) et donc caractère insuffisamment généraliste de la formation. Dans le même temps et paradoxalement, perte d’identité lisible pour la série avec la multiplication des profils par le jeu des choix à l’intérieur du tronc commun, pour les spécialités et les options. De ce fait, perte aussi d’unité de classe avec des emplois du temps-élèves fortement éclatés pour un horaire-élève le plus faible des séries générales. A noter que ces inconvénients n’existeraient pas ou seraient à tout le moins minorés si tous les lycées comportaient au minimum 2 divisions de L : Ils sont la conséquence directe de la faiblesse du recrutement en L.

- Causes externes liées à l’image que la série renvoie dans l’opinion : série fortement féminisée, série au potentiel culturel fort et donc exigeante en matière de maîtrise des langages mais au potentiel économique faible, aux débouchés ressentis comme limités. Doute dans l’opinion quant à l’équité dans l’évaluation des disciplines non classées « scientifiques ».

Le stage a repris cette analyse du constat tout en soulignant deux problèmes qui dépassent la série tout en la concernant très directement.

1) La série L avec sa surféminisation subit le plus fortement, parmi les séries générales, la conséquence de l’infériorité d’accès au niveau bac général des garçons par rapport aux filles. Pour les autres séries générales, dans les classes, la tendance est à l’égalisation dans la composition filles-garçons (en S 45 % de filles environ pour 55 % de garçons). La question se pose donc d’attirer des garçons vers cette série.

2) L’engagement dans la série L semble être souvent vécu comme un engagement vers des études longues. Or, dans l’opinion, ces études longues ne garantissent pas nécessairement un emploi à la clé. En tout état de cause, cette situation différencie encore la L des autres séries générales, d’autant que la tendance à privilégier un niveau bac + 2, quitte à poursuivre au-delà, semble devenir dominante dans les stratégies d’études supérieures. Le développement de formations à bac + 2, hors DEUG, devrait donc être sérieusement étudié en vue de l’accueil des bacheliers L. Par ailleurs l’existence de débouchés variés à bac + 4 et au-delà n’est pas suffisamment valorisée.

En ce qui concerne les propositions, les points suivants ont fait l’accord des participants :

- D’une façon générale, préserver, développer ou recréer tous les profils (lettres-langues anciennes, lettres-LV, lettres-maths, lettres-arts) même si cela est économiquement coûteux. Eviter absolument une fusion L-ES (envisagée à plusieurs reprises par le ministère de l’éducation nationale de façon plus ou moins formelle) qui ne pourrait que faire régresser l’accès au baccalauréat et à l’enseignement supérieur : dans la dernière décennie, c’est la création de spécialités artistiques qui a permis de limiter la chute des L tout en offrant des perspectives à de nouveaux publics. On peut néanmoins s’interroger sur la pérennisation de l’attractivité par les spécialités « arts » si des perspectives de débouchés spécifiques ne sont pas offerts. Faut-il les préparer au sein du 2nd degré ou s’en remettre à des initiatives du supérieur et lesquelles ?

- En ce qui concerne les langues anciennes, leur remplacement au profit d’un enseignement de la culture et des civilisations de l’antiquité (qui pointe en 3e) a été vivement dénoncé.

- Installer effectivement l’option maths en 1ère L et la spécialité en Terminale (ces enseignements n’existent que très peu) avec des contenus adaptés à la série, une formation de base en mathématiques apparaissant comme indispensable aux futurs professeurs des écoles (souvent issus de la série L) comme aux futurs étudiants en psychologie et sociologie. Cela nécessiterait un véritable engagement au ministère (moyens et information).

- En revanche, l’introduction d’un enseignement de droit en L n’a pas recueilli l’assentiment des participants. Les études statistiques émanant des services ministériels font apparaître que la réussite en droit pour l’entrée en 2e cycle universitaire est comparable pour les L à celle des ES, alors que le droit est l’un des débouchés « naturels » des ES. Autrement dit, les capacités développées au sein de la série L permettent des poursuites d’études honorables dans cette filière.

- De même, l’introduction d’une initiation ou d’un enseignement de philosophie en 1ère rencontre de fortes réticences. Il y a d’une part l’opposition ancienne entre l’IG de philosophie et l’IG de lettres qui mettent en avant un risque de confusion des disciplines, d’autre part la crainte chez les collègues de philosophie d’une diminution de l’horaire en terminale et qu’alors un morcellement de l’horaire ne soit pas profitable. Il faudrait plutôt renforcer le travail sur l’évaluation en philo commencé dans certaines académies sous l’impulsion du SNES, s’interroger éventuellement sur la lourdeur du coefficient et plus généralement partir des facteurs qui dissuadent les élèves de choisir L. On peut aussi faciliter le travail et l’intérêt pour la philosophie en renforçant l’enseignement scientifique sous 2 angles, l’angle des mathématiques et celui des sciences de la vie et de la terre (SVT), ce 2e angle permettant un élargissement éventuel des débouchés vers les métiers de la santé (cf. par exemple les DEUST mis en place dans l’académie de Bordeaux : animateur pour personnes handicapées, animateur pour personnes âgées).

- Parmi « les pistes à explorer » selon la formulation de notre Congrès, outre l’idée d’une option de droit (qui vient d’être évoquée), la création d’une spécialité « histoire » (deux heures) est apparue comme une bonne idée à creuser en relation avec les autres propositions, notamment par rapport au volume horaire de la série.

- L’idée d’une spécialité « culture et communication » mérite d’être approfondie en matière de contenus et de débouchés. Les participants au stage sont plutôt dans l’expectative, pas convaincus a priori.

- L’affirmation d’une L à profil « langues » (alors qu’on assiste à une chute des effectifs de LV3 et une hausse des effectifs de LV renforcée) n’a pas été vraiment débattue, faute d’une représentation suffisante des langues. La mise en place de sections européennes a été évoquée : elle ne peut être considérée comme un moyen de résoudre les problèmes d’une L-langues.

En résumé, les propositions qui ressortent visent à améliorer la série d’un point de vue intrinsèque, à la construire bien diversifiée, à diversifier aussi ses débouchés pour contrecarrer l’image d’une série mal adaptée au monde d’aujourd’hui. Il faudrait probablement aussi travailler sur l’information donnée sur la série dès la classe de 3e afin d’éviter que des élèves se trouvant actuellement dans d’autres séries, notamment en S, en grande difficulté dans les disciplines scientifiques mais avec des résultats convenables voire excellents en français, en histoire, en langues, fassent des choix plus conformes à leurs réussites (et notamment des garçons).

 
 

Stage SNES 2008 sur la série L

Dossier Série L de l’US Mag 02/08

Une analyse du rapport - 2006- de l’IG : la série L

Rapport de l’Inspection Générale 2006 : "évaluation des mesures prises pour revaloriser la série littéraire au lycée".

Avenir de la série L : compte-rendu du stage de Bordeaux - 2006

les mandats du Congrès national 2005 - Le Mans -

Dossier du stage 2004 : avenir de la série L

Congrès de Toulouse 2003

Contributions (congrès 2003)