2 avril 2005
Stage syndical Documentalistes de l’Académie de VERSAILLES du 17 mars 2005
Vingt-cinq documentalistes de l’Académie étaient réunis à la Bourse du Travail de Paris. Le stage était animé par Michèle SEMENCE, responsable académique du collectif documentaliste, par Pierre HEUMETZ, secrétaire académique et Jean-Pierre HENNUYER, responsable national au S4.
Ordre du jour • Compte-rendu de l’audience de l’Inspection établissement et vie scolaire de Versailles.
• Les inspections, l’enquête du SNES sur l’évaluation des personnels.
• Les postes dans l’Académie.
• Le dernier rapport de l’Inspection générale EVS.
• Préparation du congrès académique du SNES.
La journée a commencé avec la lecture, par Michèle SEMENCE, du compte-rendu de l’audience du 16 février avec l’Inspection Etablissement et Vie Scolaire de Versailles. Les collègues ont ensuite été invités à réagir sur les différents points abordés lors de cette entrevue.
Résumé des réactions
• Les postes Les inspecteurs jouent sur la confusion entre postes et personnels. A partir du moment où les recrutements sont inférieurs aux départs à la retraite, il reste des postes vacants qui sont pourvus par toutes sortes de personnels. Quant aux assistants d’éducation, on sait qu’ils sont affectés prioritairement à la vie scolaire. Donc, seule la création d’un corps de secrétariat de documentation permettrait d’apporter aux professeurs documentalistes une aide efficiente.
• Les délégations fonctionnelles et réadaptations Il n’y a pas de raison que les délégations fonctionnelles et les réadaptations se fassent systématiquement dans notre discipline. Il y a une insuffisance des postes en réadaptation dans les autres disciplines et dans les autres corps de l’Education nationale. Et l’identité de notre profession doit être défendue plus vigoureusement par les inspecteurs EVS. Les documentalistes en poste sont en droit de refuser la présence de collègues en réadaptation. Cette présence ne peut leur être imposée, pour des questions de déontologie évidentes. Mais le problème est que la frontière est souvent floue entre délégation fonctionnelle et réadaptation ; certaines personnes en réadaptation se retrouvent par la suite en délégation fonctionnelle. Or, aucune formation minimale n’est exigée des personnes en délégation fonctionnelle qui peuvent pourtant se retrouver seules en poste dans un CDI. Ce qui est proprement scandaleux.
• Les manuels scolaires La gestion des manuels scolaires ne fait pas partie des missions des enseignants documentalistes. Pourtant, les problèmes rencontrés par les collègues à ce sujet sont nombreux : qui a eu un écrasement de la colonne vertébrale pour s’être occupé de la manutention, qui a été contraint par son chef d’établissement de rester début juillet pour la restitution des manuels de terminale !!.. Or, lorsque les inspecteurs interviennent, à la demande des documentalistes, ils ont des difficultés à exercer leur rôle de médiateurs puisqu’il est délicat pour eux de prendre une position claire sur la question, alors qu’ils sont chargés par ailleurs d’inspecter également les chefs d’établissement et les CPE. Un argument supplémentaire pour revendiquer une Inspection spécifique en documentation.
En conclusion, le fait que les IPR EVS aient reçu les représentants des documentalistes syndiqués au SNES constitue en soi un point positif. Mais nous ne sommes pas dupes quant à leur compétence à régler nos problèmes. Les inspecteurs connaissaient déjà les difficultés des documentalistes dans l’Académie, puisqu’elles leurs sont régulièrement exposées, à l’occasion des réunions de bassin notamment. Le fait qu’ils aient écouté nos doléances ne permettra donc pas une amélioration immédiate de la situation. Mais c’est une première étape qu’il faudra poursuivre en signalant systématiquement aux inspecteurs toutes les difficultés, tous les litiges que nous pouvons rencontrer. N’hésitons pas à faire des rapports...
Les débats ont repris l’après-midi en présence de Guy LEBESGUE, secrétaire général du S3, venu pour une intervention sur l’emploi, l’état des postes et du mouvement.
• Emploi des aides documentalistes Concernant l’emploi des personnes en contrat CES, leur embauche est freinée dans l’Académie car une partie de leur salaire est financée par le Rectorat. Il reste encore quelques aides éducateurs dans les CDI mais en 2006, les derniers contrats auront pris fin. Quant aux assistants d’éducation, il ne faut espérer d’embauche dans les CDI car ils sont affectés prioritairement à la vie scolaire. Le SNES, dans un courrier adressé au ministre de l’ Education signé par la FADBEN et cinq autres organisations syndicales, demande la création d’un corps de secrétariat de documentation.
• Suppression des postes provisoires et redéploiement des postes Colette Romanet, documentaliste au collège Voltaire à Sarcelles, nous informe de la suppression annoncée d’un demi-poste de documentaliste dans son établissement. Il s’agissait d’un poste provisoire obtenu dans le cadre du plan violence et renouvelé depuis douze ans. Ce redéploiement est dû à l’ouverture de deux nouveaux collèges dans le Val d’Oise, sans création de postes de documentaliste. Donc, dans ce département, tous les CDI où il existe plus d’un poste sont menacés de redéploiement ; celui-ci restera cependant limité car il existe très peu d’établissements avec plus d’un poste (ainsi de nombreux lycées de plus de 1000 élèves fonctionnent avec seulement 1 poste). Mais la démarche du Rectorat est purement comptable, elle vise à une « rationalisation » des moyens, c’est-à-dire à des économies à tout prix. Pour débusquer les situations administratives floues (postes provisoires, personnels en délégation fonctionnelle affectés sur des postes de titulaires...) il est donc indispensable d’avoir des informations précises sur l’état des postes dans l’Académie. La difficulté pour obtenir ces informations vient du fait que les implantations des postes en documentation ne sont pas connues au même moment que celles des autres disciplines. D’où la nécessité de refaire une enquête directement auprès des collègues. A ce jour, il existerait 13 postes provisoires dans les Hauts-de-Seine et 7 dans les Yvelines. Il faut demander dans les S1, auprès des chefs d’établissement et dans les CA la transformation de ces postes provisoires en postes définitifs.
• Inspections, évaluation des personnels Actuellement, les avancements se font au niveau académique toutes disciplines confondues. Le SNES veille à l’équité entre les disciplines. L’enquête SNES sur l’évaluation des personnels révèle que la moyenne de l’ancienneté des inspections en documentation est de 7 ans et 1 mois. L’écart avec la dernière inspection est de 8 ans en documentation contre 6 ans et 1 mois pour les autres disciplines. Individuellement, chacun est invité à consulter son dossier sur I- Prof (https://bv.ac-versailles.fr) et à le vérifier car les erreurs y sont légion. D’une façon plus générale, les difficultés de gestion de nos carrières vont aller croissantes car la DGE et la DAE de Versailles perdent, elles aussi, des postes et les emplois précaires y sont de plus en plus nombreux.
L’après-midi s’est poursuivie avec une discussion autour du rapport de l’Inspection Générale Vie Scolaire. Jean-Pierre HENNUYER a présenté l’analyse du rapport par le SNES avant de lancer le débat.
Au départ, la Direction de l’évaluation et de la prospective (DEP) avait commandé une étude sur la politique documentaire à l’Inspection générale de la vie scolaire (IGVS). Le groupe de pilotage fut très réduit de même que le panel de consultation. Le rapport a suscité de nombreux débats et interrogations dans la profession. Un article du SNES à ce sujet est paru dans Intercdi. La FABDEN et l’ADBEN Créteil ont pris également des positions à propos de ce rapport. En effet, le rapport de l’Inspection ne défend pas une conception pédagogique de notre métier ; pas une seule fois ne sont employés les termes de « professeur documentaliste » ou d’« enseignant documentaliste ». Il insiste essentiellement sur notre rôle de pilotage de la politique documentaire et de conseil du chef d’établissement dans ce domaine. Cette idée est d’ailleurs reprise dans le projet de loi Fillon qui prévoit la création d’un conseil pédagogique, présidé par le chef d’établissement et auquel participerait le professeur documentaliste. Si l’on ne doit pas refuser forcément le concept de politique documentaire, synonyme de rationalisation des ressources, le fait de se voir attribuer la responsabilité de la politique documentaire de l’établissement scolaire sous l’autorité du chef d’établissement pose problème. M. Durpaire a entamé une série de visites dans les Académies. Sa stratégie est de recréer un groupe de travail sur la documentation pour élaborer une nouvelle circulaire de mission. C’est pourquoi, dans un courrier du 14 mars, le SNES a sollicité une audience auprès de l’IGVS pour aborder « les missions des professeurs documentalistes, la place et l’avenir de l’information documentation dans l’enseignement secondaire ».
Résumé des réactions
Le décalage entre les fonctions envisagées par l’IGVS et la situation dans les établissements est manifeste (ex : 1 poste pour plus de 1000 élèves). D’ailleurs le rapporteur entretient la confusion entre recrutements, postes et personnels. Il semble donc en parfaite adéquation avec la politique ministérielle de suppression massive de postes. Nous n’avons ni la capacité, ni l’envie de devenir les conseillers techniques des chefs d’établissements et les formateurs des collègues. Le rapporteur utilise le malaise des professeurs documentalistes pour leur proposer un virage, une remise en cause de leurs missions d’enseignement. Ce n’est pas parce que nous rencontrons des difficultés à exercer notre métier que nous allons renoncer à revendiquer certains fondamentaux. L’information-documentation fait partie de la culture commune ; nous voulons pouvoir l’enseigner. Pour ce faire, il faut parfois savoir dire non, quand on veut nous imposer d’accueillir des élèves ou quand un personnel nous demande de le renseigner, alors que nous menons une séance pédagogique. Afin que l’ensemble de la communauté scolaire soit informée de notre travail, donnons notre emploi du temps à l’administration et à la vie scolaire, affichons le en salle des professeurs et sur la porte du CDI. Pour renforcer cette communication, nous ne devons pas hésiter à élaborer des bilans de l’activité du CDI ainsi que des projets. Mais notre enseignement reste assujetti à des collaborations aléatoires avec les professeurs de disciplines. En collège, beaucoup d’actions pédagogiques sont menées sans prolongement sur les autres niveaux faute de moyens en personnel. Même si la recherche documentaire est inscrite dans les différents programmes disciplinaires, on constate que ces incitations ne sont pas suffisantes. Ces apprentissages documentaires devraient être prescrits en suivant une progression de la sixième à la terminale. Bien entendu, cette prescription doit aller de pair avec une augmentation des postes et un allégement de nos services.
Le stage s’est achevé avec la préparation du congrès de Versailles. Deux collègues y présenteront un certain nombre de revendications catégorielles. Plutôt qu’une contribution spécifique, il a été décidé de proposer des amendements à différents thèmes.
• Dans le thème 1, partie « temps de travail de l’élève ». Nous proposerons d’attribuer un horaire aux apprentissages documentaires, de la 6ème à la 3ème et de réfléchir à une intégration dans la grille horaire de seconde.
• Dans le thème 2, partie « agrégation » nous demanderons la création d’urgence d’une agrégation de documentation.
• Dans le thème 2, partie « évaluation et notation », nous demanderons la création d’un corps d’inspection spécifique en documentation.
• Dans le thème 2, partie « remplacements », nous réaffirmerons notre volonté de voir les CDI demeurer des lieux de formation à la recherche documentaire par les professeurs documentalistes.
• Dans le thème 2, partie « amélioration des fins de carrières » nous soulignerons notre opposition au recours de plus en plus fréquent aux délégations fonctionnelles en documentation.
Les actions envisagées Cette journée a été ressentie par les collègues présents comme une étape dans la lutte que nous menons pour l’amélioration de nos conditions de travail et de carrière. Plusieurs propositions d’actions ont été évoquées afin de donner des suites concrètes à ce stage.
• Interventions du SNES auprès des personnels en difficulté Vous pouvez contacter Michèle Semence ( ) qui est chargée des questions concernant les documentalistes syndiqués au SNES dans l’Académie de Versailles. Elle pourra répertorier votre problème et vous conseiller. En cas de conflit, si vous souhaitez qu’un représentant du SNES intervienne dans votre établissement, prenez contact avec le S2 (section départementale). Dans certains S2 sont présents des collègues au fait des problèmes que nous pouvons rencontrer (pour le Val d’Oise, Nelly Pragout). Si ce n’est pas le cas, le S3 peut intervenir directement.
• Les publications du S3 Certaines publications pourraient être spécialement destinées à tous les documentalistes de l’Académie (par ex. les compte-rendus de stages syndicaux). Dans les circulaires académiques à l’intention des syndiqués, le collectif académique des documentalistes pourrait insérer des passages susceptibles de concerner l’ensemble des enseignants (ex : la gestion des manuels scolaires).
• Le site du S3 http://www.versailles.snes.edu/ Une rubrique « professeurs documentalistes » pourrait être créée sur le site académique. Elle permettrait de mutualiser les idées et les outils pour la défense de nos missions et de notre statut (exemples de courriers envoyés à l’Inspection, exemples de motions votées en CA...). Cette rubrique permettrait de compléter utilement le site des documentalistes du SNES http://www.snes.edu/docs/spip/ en donnant des informations et des exemples précis, des contacts de proximité. • Les stages syndicaux Un stage académique devrait être reconduit l’an prochain à la même époque. Ce stage pourrait être précédé au 1er trimestre de stages départementaux afin de toucher davantage de collègues, de multiplier les occasions de se voir, de faire des constats et de réfléchir à l’action.
• Audience à l’Inspection Etablissement et Vie Scolaire de Versailles Afin de préparer une prochaine audience à l’Inspection EVS, tous les documentalistes de l’Académie sont invités à signaler leurs problèmes à Michèle Semence qui pourra ainsi répertorier l’ensemble des difficultés auxquelles nous sommes confrontés.
• Audience au Rectorat Il serait utile de dresser un état des lieux précis des postes (grâce au dépouillement des documents que doivent fournir les secrétaires généraux du S3 au collectif documentalistes et aux résultats de l’enquête qui sera lancée auprès des collègues de l’Académie) puis de demander une audience au Rectorat.
Compte-rendu effectué par Vassilia Margaria