Enseigner, ça s’apprend !

Connaître le sujet

15 février 2010

Connaître le sujet Depuis la rentrée 2010, enseignants et CPE stagiaires se retrouvent à temps plein devant leurs élèves dans la plupart des académies et ne bénéficient plus de formation en alternance dans le cadre de l’IUFM. Pour couronner le tout, le temps de service et les modalités de formation diffèrent complètement d’une académie à l’autre et laissent la place à un grand bazar...
 

Notre projet d’école.

Pour le SNES, l’École doit permettre la réussite de tous les jeunes, quelques soient leurs origines familiales ou sociales, les amener le plus loin possible dans leurs études, en fonction de leurs choix et de leurs résultats scolaires. Parvenir à cet objectif implique de démocratiser l’enseignement par l’élévation continue du niveau de culture et de qualification de l’ensemble de la Nation. En effet, l’évolution des connaissances, les débats et les enjeux économiques, sociaux, politiques qui engagent les futurs citoyens à des choix complexes imposent aux générations futures d’être plus qualifiées.

Des qualifications qui ont évolué.

La création des baccalauréats professionnels, le développement des BTS, la création des licences professionnelles... ont permis une élévation générale des qualifications répondant aux progrès des connaissances et des techniques. Les objectifs d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat et celui d’amener 50% au niveau de la licence (bac+3) correspondent bien à cette nécessité. Paradoxalement (car il s’agit bien d’un paradoxe), la qualification des enseignants certifiés et agrégés n’a pas évoluée depuis 1950. Peut on en rester là ? Aujourd’hui, les certifiés sont recrutés à la licence, c’est à dire, dans le cadre du LMD, au niveau du premier diplôme universitaire après le baccalauréat. Un point d’appui pour une nouvelle étape de démocratisation de l’enseignement est bien d’élever la qualification disciplinaire des enseignants, en l’articulant avec une meilleure formation professionnelle. Souvenons nous que les recrutements d’enseignants avant la licence ont progressivement été atteints en même temps que l’on élargissait l’accès au baccalauréat et qu’on entamait un processus de démocratisation de l’enseignement secondaire. De plus, le SNES considère qu’enseigner est un métier de haute responsabilité sociale. L’enseignant est un concepteur capable d’adapter ses pratiques aux apprentissages des élèves, à leur hétérogénéité. Son niveau de recrutement, et donc son statut doivent le placer parmi les plus élevés de la fonction publique, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui avec un recrutement à la licence. De plus, une élévation du niveau de recrutement des enseignants amenant l’ensemble des étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement et de l’éducation au niveau du master peut et doit constituer un point d’appui pour une autre démocratisation : celle de l’enseignement supérieur. Évidement, pour y parvenir il est indispensable que l’allongement de la durée des études soit facilité, notamment par divers dispositifs comme des pré-recrutements, des bourses ou des allocations qui permettent à tous les étudiants de mener leurs études jusqu’à leur terme sans que l’origine sociale ne soit un handicap. L’élévation du niveau de recrutement des enseignants et CPE doit donc aussi contribuer à l’élévation générale des qualifications. Dans ce cadre, les nouveaux masters mis en place doivent être d’égale dignité avec les masters existants, c’est à dire d’un niveau disciplinaire solide et en lien avec la recherche.

Une formation professionnelle impérative.

L’élévation du niveau de recrutement des enseignants a pour objectif d’assurer une meilleure qualification disciplinaire et professionnelle. Le SNES porte l’idée d’une formation conçue sur l’ensemble du cursus, depuis la licence jusqu’à la titularisation. Une formation d’abord disciplinaire à l’université, progressivement pré-professionnalisante et une véritable formation initiale professionnelle après la réussite au concours. Ces cursus seraient une des voies pour passer le concours, mais ne saurait être la seule. Le SNES s’est toujours opposé à la création de filières qui enfermeraient les étudiants dans une seule voie : celle de la préparation aux métiers de l’enseignement et de l’éducation. C’est pourquoi La formation initiale professionnelle ne peut donc avoir lieu qu’après la réussite au concours, dans le cadre d’une année de stage qui resterait une année pleine et entière de formation où l’alternance prendrait toute sa place.

En l’état actuel, le contenu du projet du gouvernement est inacceptable car incompatible avec nos objectifs d’élévation du niveau de recrutement et de la qualification et d’amélioration de la formation des maîtres. En particulier, la disparition de la formation initiale après l’admission au concours, l’organisation intenable du dernier semestre de master, avec l’apparition d’un stage de 108 heures en responsabilité, l’absence de pré-recrutements et l’insuffisance des aides sociales sont autant de points de blocage qui amène le SNES à ne pas accepter cette « réforme »

 

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