9 avril 2011
Ses objectifs sont clairs : modifier en profondeur les modalités d’évaluation prétextant un pseudo-sondage pour mieux imposer le chef d’établissement comme évaluateur principal et mettre à mal les garanties collectives.
LA CONSULTATION
Aucun rappel des textes réglementaires (statut général des fonctionnaires, statuts particuliers des personnels enseignants) ni aucun lien permettant de les consulter ne figurent dans les textes mis en consultation sur la page d’accueil du site dédié à la consultation. Seules les notes de service, circulaires ou lettres relatives aux modalités de l’inspection y figurent.
On ne sait pas qui suit, pour le ministère, les groupes de discussion ni comment seront utilisées les synthèses. Le panel, constitué dans l’ordre chronologique d’inscription, n’est pas fiable, aucun élément statistique ne pourra donc être tiré de cette consultation.
Chaque jour, des points forts et faibles sont présentés pour chaque thème et mis en discussion. Ils sont la résultante d’une consultation préalable de chefs d’établissement et d’IPR. Surprenante consultation qui consiste à interroger les enseignants sur des problématiques posées par leurs évaluateurs !
LES PROJETS MINISTÉRIELS
Le ministère a la volonté de modifier radicalement les modalités d’évaluation des enseignants en supprimant la double notation chiffrée pour la remplacer par un bilan littéral annuel, rédigé par le chef d’établissement, après avis de l’IA-IPR de la discipline dans le domaine didactique, le chef d’établissement gardant seul la main sur le domaine administratif et sur le domaine pédagogico-éducatif (en dehors de la classe).
Le chef d’établissement aurait ainsi, de fait, une responsabilité déterminante dans l’évaluation de notre activité essentielle (l’enseignement) sans avoir aucune légitimité, car aucune compétence reconnue, dans ce domaine, les corps d’inspection étant par ailleurs dans l’impossibilité de procéder à une évaluation annuelle de l’ensemble des enseignants... Si un tel cadre était mis en place, cela annoncerait un changement profond de notre métier. Cette modification de l’évaluation s’inscrit dans la logique d’autonomie de l’établissement, repose sur un déni du travail réel des enseignants et de l’intérêt des élèves, et repose sur le leurre qu’une évaluation « de proximité » permettrait d’être plus juste. Elle risque fort, en réalité, de se faire sur les activités ou des engagements périphériques et non sur ce qui fait le coeur du métier.
CONSERVER LA DOUBLE ÉVALUATION
Le SNES reste attaché au principe de la double notation, garante de la prépondérance de l’enseignement de notre discipline dans notre métier et donc dans l’évaluation. Ce système, malgré ses insuffisances actuelles qui peuvent être corrigées, demeure le seul à même de garantir des règles de gestion collectives et transparentes.
Les conditions de la consultation organisée par le ministère sont opaques et donc suspectes. Cette consultation, dans le cadre du pacte de carrière, n’a manifestement pour but que de tenter de donner une apparence d’adhésion au projet ministériel en contournant les organisations syndicales. Cependant la parole des enseignants doit être entendue : le SNES appelle l’ensemble des collègues à s’inscrire à la consultation et mettra à disposition des collègues des éléments de réflexion.