SNES - FSU

Les actions

DANS LES CANTINES ET ECOLES DE MARSEILLE

17 décembre 2010

 

Jean-Paul Beauquier a réalisé l’interview de Brigitte, Angèle et Martine, responsables de restaurants scolaires à la Ville de Marseille, déléguées du SDU13-FSU* qui ont animé la grève de 7 semaines pour le retrait du projet de « réforme des retraites du gouvernement ».Vous trouverez leur portrait dans l’US Retraités de décembre .Nous vous proposons ici le texte de leur interview .

Comment a commencé ce mouvement ?

Après la première journée de grève du 7 septembre, on s’est aperçu que dans les services féminins, en particulier les écoles (4 000 agents) ou les crèches (1 300 agents), ce projet suscitait beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations. Aussitôt, 5 syndicats de la Ville de Marseille (le SDU13-FSU, la CGT, l’UNSA, la CFDT, la CFTC, soit tous les syndicats sauf le syndicat « majoritaire » FO) décident de se constituer en intersyndicale et d’appeler tous les personnels à une grève reconductible dès le 24 septembre. Très vite, l’appel de l’intersyndicale rencontre un fort succès !

pouvez vous préciser ?

Ce mouvement a été solide parce que les femmes ont été vite convaincues de la nocivité de cette loi. Il faut savoir qu’aujourd’hui, du fait de la loi de 2003, 56% des femmes des écoles partent à la retraite avec moins de 860 euros et qu’une sur deux est à la tête d’une famille monoparentale. Circonstance aggravante, nous commençons toutes par des contrats de vacataires donc à temps non complet pendant 4 ou 8 ans, qui se paient cher en décote au moment de la retraite. Plus de 60% des femmes ont participé à cette grève dans les écoles et 30% dans les crèches. Chaque jour, 40 à 60% des restaurants scolaires étaient fermés et jusqu’à 90% les jours de grève nationale.

Comment les enseignants ont-ils réagi ?

Ne cachons pas que ces relations sont parfois difficiles… Mais cette fois, dans la plupart des 500 écoles, les enseignants sont venus vers nous et nous ont soutenues. On s’est senti reconnues et ça nous a donné de l’élan. Le SNUIPP a répondu présent, nous invitant à leurs assemblées générales… évènement remarqué par les média. Nous tenons à souligner la constante et amicale collaboration avec le SNUIPP13 avec qui nous allons intensifier les échanges.

Comment parveniez-vous à coordonner la grève dans 500 écoles et 60 crèches ?

L’intersyndicale se réunissait 2 fois par semaine, faisait un communiqué de presse très court qui circulait par texto et coups de téléphone. Ensuite, dans chaque école les filles décidaient entre elles des jours de grève et du nombre d’heures puisque le droit de grève dans la territoriale permet de faire grève « à l’heure ». Cependant, nous n’avons pas pu réunir d’assemblée générale, du fait de l’acharnement de l’administration à casser ce mouvement majoritaire de la multiplication des pressions individuelles et autres et en retirant le droit syndical à l’intersyndicale, toutes choses parfaitement illégales.

Quel est le sentiment général après 7 semaines de lutte et de sacrifices qui n’ont pas empêché la réforme de passer ?

Le sentiment dominant est que si on n’a pas gagné sur les retraites, on sort plus fortes de ce conflit, plus unies et motivées pour d’autres combats sur des revendications concrètes au niveau de la Mairie. De plus ces collègues apprécient le nouveau rapport de force créé par l’intersyndicale et déplorent l’absence dans cette bagarre du 6ème syndicat. Dans le personnel municipal, la puissance de la « grève des femmes » est un sujet de fierté collective.

* LeSDU13 est regroupé avec les autres SDU dans une strucure nationale le SNU-CLIAS : Syndicat National Unitaires des Collectivités Locales,de l’Intérieur et des Affaires Sociales, issu de la CFDT et qui a rejoint la FSU après les actions de 2003 pour la défense des retraites dans la Fonction publique .

 
 

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