26 mars 2003
Le 28 février, le Premier Ministre annonçait sa volonté de transférer aux collectivités territoriales les CIO, et leurs personnels CO-Psy, DCIO, ainsi que les assistants sociaux, les médecins scolaires et les personnels de service et d’entretien des établissements. Pour les personnels administratifs des CIO, la situation est encore incertaine.
Les catégories concernées ont déjà manifesté clairement leur opposition à ces décisions.
Opposition sur la méthode
Que pensez d’un ministère qui se déclare champion du dialogue social et qui adresse individuellement à chaque personnel une lettre lui annonçant son transfert aux collectivités territoriales avant que les lois ne soient votées, qui supprime déjà les recrutements pour 2004, et les lignes budgétaires correspondantes ?
150 000 fonctionnaires de l’Education Nationale disparaîtraient ainsi par un trait de plume !
Opposition sur le fond
Sous prétexte de « rapprocher les décisions du terrain », le gouvernement prend en fait la responsabilité de « casser » les cohérences de travail et la richesse que constitue en France l’existence d’équipes éducatives, dotées de personnels non enseignants qualifiés et complémentaires de l’activité enseignante.
Qu’on en juge !
Les CO-Psy, assistants sociaux, médecins, personnels ATOS qui ne seraient plus fonctionnaires de l’Education Nationale, se verront confier d’autres missions jugées prioritaires par les régions et les départements, et ne pourront plus intervenir que ponctuellement dans les établissements scolaires selon les besoins de la collectivité de rattachement et non selon le besoin des élèves et des équipes.
Bien pire, au travers de cette opération, c’est la nature même des missions qui serait modifiée.
L’exemple le plus criant est celui des CO-Psy qui sont aujourd’hui psychologues et verraient leur métier transformé en « informateur » au service des besoins économiques locaux, l’information passant également sous contrôle des politiques régionales.
Si cette décision aboutit, elle aura des conséquences désastreuses pour les élèves et les familles, surtout les plus modestes.
Ce sont les activités de prévention, de suivi, d’aide, de conseil, de contribution à la réussite scolaire et à l’élaboration de projets d’avenir qui ne seront plus effectuées.
Ce serait un encouragement aux sorties précoces du système scolaire, ce qui est exactement contraire aux besoins des entreprises aujourd’hui et dans les années à venir.
C’est la porte ouverte au privé, qui déjà propose des « conseils individualisés payants aux collégiens et lycéens ».
Ce qui se joue, par ces transferts, est le premier acte d’un démantèlement du service public d’Education pour rentrer dans le cadre imposé par Bruxelles.
Il faut tous ensemble le refuser. Il en va de la démocratisation et de l’avenir des jeunes.