SNES - FSU

TPE, ECJS, PPCP... : la formation à l’information-documentation au lycée

Dans quel cadre enseigner l’information-documentation en lycée ?

Compte-rendu de l’atelier organisé lors du stage national des 22/23 novembre 2007

10 février 2008

 

Nous avons posé en préalable le professeur-documentaliste comme un formateur pour les élèves qui doit former tous les élèves sans exclusion à la démarche documentaire, démarche valable dans tous les champs disciplinaires, valable pour la poursuite d’études, et valable en dehors du temps scolaire. Cette démarche documentaire recouvre le questionnement du sujet, sa problématique, la recherche documentaire proprement dite, l’appropriation de l’information, l’analyse, la restitution sous différentes formes et son évaluation. Cette démarche développant l’esprit critique et tendant vers l’autonomie.

Bilan de l’existant

1°) Des obstacles : pas assez de documentalistes et des moyens matériels souvent inadaptés (un CDI trop petit, un agencement anti-pédagogique...). Le bon déroulement de la formation des élèves est souvent remis en cause car faute de personnel en nombre suffisant et / ou de lieux adaptés, la seule solution est de fermer le CDI aux élèves qui viennent en libre-accès. Or la priorité du chef d’établissement (voire de l’inspection) est, la plupart du temps, l’ouverture maximale du CDI.

2°) Les TPE  : seul créneau officiel vraiment ouvert à la démarche documentaire qui permet d’exploiter la notion de problématique et permet à l’élève de se regarder travailler grâce à la tenue de son carnet de bord. Une étude dans le supérieur a commencé d’évaluer l’apport des TPE dans l’autonomie de leurs élèves. Ces TPE au bilan mitigé et dont le réel aboutissement en terminale a été supprimé, manquent de cadrage national. Une clarification des attentes concernant la recherche documentaire semble nécessaire (quelle démarche devraient suivre les élèves ? quel est le niveau attendu en fin de TPE ?) . Les TPE sont mis en oeuvre de façon très hétéroclite : créneaux horaires très divers, jusqu’à être tous programmés en même temps sur la même barrette horaire, ce qui entraîne une implication variable des professeurs documentalistes dans ces travaux ; des procédures d’évaluation diverses (évaluation dans certains cas par les professeurs mêmes de l’établissement que les élèves connaissent, présence non systématique d’un professeur documentaliste aux jurys...). Une dérive est même signalée dans l’Académie de Nice sur l’utilisation des TPE pour l’orientation en axant celui-ci sur le métier envisagé. Ces TPE révèlent la nécessité d’une formation à la recherche documentaire en 2de. En effet, quand celle-ci n’a pas été faite, il est nécessaire de mettre en place une formation quasi individuelle en 1ère, d’où une sensation d’essoufflement du professeur documentaliste qui s’épuise à courir après tous les élèves de ce niveau.

3°) La formation aux 2des à la recherche documentaire est parfois systématique, souvent au cas par cas. Les créneaux disponibles sont l’ECJS, les heures de modules (malheureusement souvent programmés en barrettes), parfois l’heure de vie de classe. Pour l’ECJS, les difficultés à établir de véritables partenariats pédagogiques sont réelles, car les enseignants documentalistes sont souvent perçus comme prestataires de service plus que professeurs à part entière. De plus, les habitudes de travail en partenariat sont inexistantes dans certains lycées, d’où tout à faire...

4°) Pour les classes post-bac la situation est très variable. Dans certains cas, les classes préparatoires sont parfois très demandeuses (pour les TIPE essentiellement), ailleurs, elles considèrent avant tout le CDI comme un espace de travail leur permettant d’y préparer leurs khôlles, sans utiliser le fonds documentaire pour mener des recherches. En BTS, les demandes de formation de la part des collègues correspondent plus à une culture d’établissement (par ex. : presse en culture générale ; connaissance du thésaurus, de la classification en BTS assistants de gestion, ou de direction…).

5°) Le B2i en lycée est pour l’instant inexistant dans les établissements des collègues présents.

Des solutions

- Créer des postes de professeurs-documentalistes certifés (voire agrégés) en nombre suffisant (1 pour 12 classes).

- Former les chefs d’établissement, l’administration, les personnels d’intendance et la vie scolaire sur le rôle pédagogique primordial de la fonction de documentaliste.

- Former des collègues PLC2 en IUFM en modules obligatoires et non facultatifs à la collaboration professeur / professeur-documentaliste : formation à l’interdisciplinaire, mettant le stagiaire en situation de réaliser un TPE par exemple ; présentation conjointe d’un partenariat en binôme professeur de discipline/professeur-documentaliste pour la mise en place de séances de formation à la démarche documentaire. Une enquête dans les IUFM permettrait d’évaluer l’état actuel de cette formation.

- Sensibiliser nos collègues enseignants dans l’établissement : leur montrer les outils de recherche documentaire, leur distribuer à chacun un document présentant nos missions... Attention à ne pas aller plus loin. Nous n’avons pas à nous transformer en formateur de nos collègues, comme certains voudraient nous le voir faire (cf. Rapport Durpaire), ce qui dévoierait notre rôle de formateur d’élèves et à terme mettrait notre fonction en péril.

- Organiser une concertation institutionnalisée en début d’année qui établirait le programme des co-animations de séances pédagogiques de formation à la démarche documentaire (ECJS, TPE, etc.). Ce programme devrait être pris en compte pour la réalisation des emplois du temps.

- Améliorer le fonctionnement du CDI. Mettre en place un système de réservation du CDI pour le déroulement de séances pédagogiques. Elaborer un planning avec les heures d’accueil de tous les élèves et les heures réservées à la formation. A prévoir dans le projet d’établissement.

- Des instructions pédagogiques claires concernant la recherche documentaire au lycée, avec une progression des apprentissages (revendication du curriculum).

- Des instructions plus claires dans les accompagnements de programmes des disciplines pour la formation à l’information-documentation à assurer en partenariat avec l’enseignant documentaliste, toujours dans le but de rendre conscient les collègues de disciplines des enjeux de cette formation.

- Trouver un cadre horaire pour la formation des élèves. Exiger un horaire pour l’ensemble des niveaux du lycée paraît à ce jour utopique. La priorité semble de trouver ce cadre pour le niveau de seconde (niveau plébiscité par 81,79 % des enseignants documentalistes sondés dans l’enquête lancée en janvier 2007). Les efforts doivent pour l’instant porter sur ce niveau, avec comme objectif de préparer les travaux de recherche documentaire pratiqués dans le cadre des TPE en 1ère. Un horaire de 8h par élève sur une année de seconde a été évoqué. Mais comment trouver ces heures ? Les modules ou l’ECJS permettent d’avoir les élèves en classe dédoublée, condition nécessaire pour formaliser des apprentissages documentaires selon 76,68 % des enseignants documentalistes sondés. Mais dans deux ans, l’ECJS ou les TPE existeront-ils encore ? Ne faudrait-il pas revendiquer un module spécifiquement identifié pour la recherche documentaire ? Si oui, cet enseignement de recherche documentaire sera à articuler avec une autre discipline. Le cours de documentation décontextualisé est rejeté par une majorité des enseignants documentalistes sondés qui envisagent pour 77,20% d’entre eux un enseignement en coordination avec un enseignant d’une autre discipline. Nous devons poursuivre la réflexion pour aboutir à une revendication précise concernant le cadre horaire pour la classe de seconde.

 
 

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