21 novembre 2003
SNES. FSU Novembre 2003
REMARQUES CONCERNANT LES SUJETS DU DEBAT
FICHE N° 10
La rédaction de la fiche n°10 pose de nombreux problèmes dans son ensemble. Elle laisse, en outre transparaître un parti pris concernant la fonction de conseiller d’orientation psychologue confirmé par le contenu des fiches n° 13,14,16,18 et 20, qui ne peut être que fort préjudiciable au débat.
Le fonctionnement de l’orientation
Il est difficile d’aborder l’orientation sans faire référence aux objectifs que l’on fixe au système éducatif. S’agit il d’augmenter les taux d’accès en seconde générale et technologique et dans l’enseignement supérieur ou s’agit il de répartir autrement les élèves entre les différentes voies, en considérant le niveau actuel comme « indépassable » ?
Il est clair que les mesures préconisées dans l’un et l’autre cas ne seront pas identiques. Dans le premier cas on cherchera à mettre l’accent sur l’augmentation du nombre de passerelles sur l’accompagnement des poursuites d’études par des dispositifs pédagogiques et de soutien. Le rôle des équipes pluri-professionnelles de suivi dans ce domaine pourrait être renforcé. Dans le second cas on mettra au contraire l’accent sur l’information pour faire coïncider les flux réels avec les flux attendus.
Il serait pour le moins nécessaire de poser la question d’autant que contrairement à ce qu’affirment les rédacteurs on ne peut raisonnablement croire que la faiblesse « d’utilisation » de certaines voies ou passerelles proviendrait d’un déficit d’information.
La complexité d’élaboration des projets scolaires et professionnels est encore une fois ignorée et rabattue sur l’information. Il faut non seulement prendre en compte les éléments statistiques et sociologiques mais considérer les phénomènes psychologiques dont l’importance à l’adolescence est évidente. Il faut donc accepter de poser le problème de l’articulation entre des niveaux « macro » et des niveaux « micro » dans l’interprétation des données, sous peine de continuer à prodiguer des conseils qui n’auront pas plus d’impact que précédemment. ( Depuis plus de 20 on lance ainsi régulièrement des campagnes sur l’orientation des filles vers l’enseignement scientifique et technologique, avec un succès très discutable.) Le poids des représentations « initiales » des adolescents par rapport aux filières et aux métiers doit être pris au sérieux et l’on ne peut continuer à faire comme s’il suffisait d’informer pour faire changer.
Les propositions qui sont faites semblent opposer connaissances et exigences scolaires, d’une part, aux goûts et intérêts des élèves ; d’autre part. S’il peut être intéressant de s’appuyer sur les goûts des élèves, encore faudrait il que l’Ecole prenne en charge, particulièrement dans les secteurs défavorisés, la découverte de nouveaux objets de savoirs et de culture, de nouvelles activités avec lesquelles ces jeunes ne seraient pas « spontanément » en contact. A ce titre la prise en compte des activités extra-scolaires ne nous paraît pas représenter un bon critère car elles sont socialement très marquées. Il serait donc souhaitable de s’interroger sur les moyens à mettre en ouvre pour permettre cet éveil de tous les élèves dans des domaines et des activités diversifiées, préalablement à une orientation basée sur les goûts.
D’autre part, il est indispensable de réfléchir aux moyens d’amener les élèves à acquérir les connaissances scolaires indispensables pour réussir dans la voie professionnelle ou technologique. L’échec scolaire ne disparaît pas comme par miracle dès lors que les élèves sont mis en contact avec la voie professionnelle et le milieu du travail.
L’éducation à l’orientation est présentée comme une réalité. C’est loin d’être le cas. Si l’on veut véritablement la développer ; il faut donner les moyens de concertation indispensable, lier davantage le contenu des programmes et l’éducation à l’orientation qui ne saurait être réduite à l’éducation aux choix. Les choix d’orientation seront d’autant plus aisés que les élèves auront réfléchi d’abord de manière générale, sans lien avec leur propre orientation à l’évolution des métiers, à la diversité des activités rangées sous le même intitulé de métier, aux exigences nouvelles du lycée, aux parcours de leurs camarades des années précédentes… Tout ceci suppose du temps et une collaboration soutenue avec les co-psy pour articuler les interventions, en respectant la spécificité des uns et des autres. L’éducation à l’orientation n’a aucune chance de constituer un outil efficace dès lors qu’on se fixe pour objectif de faire réaliser par les enseignants le contenu du travail des conseillers d’orientation-psychologues.
Pour avoir une chance de se développer, l’éducation à l’orientation doit s’inscrire dans une démarche de développement de la personne, de nature éducative où les professeurs principaux, les enseignants de la classe et les conseillers d’orientation-psychologues puissent construire ensemble des actions convergentes et complémentaires. Il serait donc nécessaire de questionner sur les moyens de mettre en œuvre l’éducationn à l’orientation dans cette perspective.
QUESTIONS A DEBATTRE FICHE N ° 10
Comment redynamiser la mise en oeuvre de l’éducation à l’orientation ?
Comment mieux prendre en compte l’accompagnement de l’élaboration des projets des collégiens et des lycéens ?
Comment articuler goûts et intérêts des élèves, élaboration des projets et amélioration des performances scolaires ? Quel peut être l’apport des co-psy dans ce domaine ?
Comment permettre à tous les élèves, au sein de l’Ecole de diversifier leurs centres d’intérêts et leurs activités afin de développer la palette de leurs goûts ?
Comment les prendre en compte dans l’orientation ?
La fonction de conseiller d’orientation-psychologue Si l’on prétend faire référence à l’histoire, il serait nécessaire de ne pas la tronquer afin de la faire correspondre aux conclusions que l’on souhaiterait obtenir ! Présenter l’ancien corps de COSP antérieur au corps des Conseillers d’orientation crée par le statut de 1972, et tenter de faire croire que le statut de psychologue introduit une rupture par rapport à un passé glorieux n’est pas correct. Il faudrait pour être exact mentionner que la formation de conseiller d’orientation fut la première formation de psychologie appliquée et que la profession a toujours fait partie des professions de la psychologie. Cette formation, contrairement à ce que laisse entendre la fiche n’est pas à opposer à une connaissance du monde du travail. Les co-psy reçoivent en effet une formation pluridisciplinaire en économie, sociologie de l’éducation et du travail et effectuent plusieurs semaines de stage en entreprise.
C’est grâce à leur formation de psychologue qu’ils peuvent comprendre ce qui se joue pour les adolescents dans le choix ou le refus de certaines filières ou métiers et les aider à prendre de la distance par rapport à cela. La formation de psychologue n’est donc pas en la matière un handicap, c’est un atout.
L’ensemble du document montre une méconnaissance de l’exercice du métier Ainsi il est anormal que les fiches n° 13,14 et 15 ne fasse jamais référence à l’apport des équipes pluri-professionnelles de suivi et particulièrement à celui des conseillers d’orientation-psychologues.
Ceux ci interviennent en effet dans l’aide à l’adaptation, le suivi, la contribution à la réussite et l’orientation des élèves en grande difficulté scolaire, en rupture ou souffrant de handicaps. Ils collaborent avec les enseignants pour le suivi de ces cas et sont impliqués dans les structures relais, siègent dans les CCSD( commissions de circonscription de l’éducation spéciale du second degré) et réalisent pour celles ci des bilans psychologiques.
Par ailleurs il existe des CIO spécialisés pour les jeunes handicapés et auprès des tribunaux. Ils constituent des points d’appui précieux pour la prise en charge de ces publics.
Fiche n°13
Ajouter dans les questions à débattre :
Quelles collaborations développer entre les enseignants et les équipes pluri-professionnelles de suivi ?
Quelles articulations avec les structures d’aide extérieures ?
La dernière question de la fiche confie une mission aux entreprises qu’elles risquent d’avoir bien du mal à remplir. Le contact avec le monde de l’entreprise ne doit pas être idéalisé comme recelant des vertus miraculeuses. Les professionnels savent combien le prise en charge de ces difficultés nécessitent des éclairages complémentaires que seuls les différents spécialistes que sont le co-psy, les assistantes sociales, les médecins, les CPE peuvent apporter, pour autant qu’ils en aient le temps. Néanmoins la question de l’avenir souvent vécue de manière angoissante par ces élèves ne peut être sous estimée. Dès lors qu’on se fixe pour objectif d’amener 100% d’une classe d’age au moins à un premier niveau de qualification, il faut permettre à ces élèves de développer des projets qui les motivent et les aider à les réaliser.
Quel soutien mettre en œuvre dans ce cadre ? Quelle place pourraient y prendre les conseillers d’orientation-psychologues ?
Fiche n°14
La fiche ne mentionne aucunement l’implication des équipes de collège et de lycée dans la prise en charge d’enfants et d’adolescents handicapés dans des classes « banales ».
Cette réalité doit être prise en compte et l’on doit s’interroger sur les améliorations possibles.
Comment mieux accompagner les jeunes handicapés dans le second degré ? Quel apport des équipes de suivi ?
Comment améliorer la prise en charge de leurs problèmes spécifiques d’orientation et d’affectation ?
Fiche n°15
Cette question est vue presque exclusivement sous l’angle de l’encadrement. Le rôle des équipes de suivi est dans ce domaine essentiel pour prévenir les décrochages, les abandons scolaires, les dérapages vers des conduites à risques.
Avant d’envisager la venue de personnels extérieurs il conviendrait de s’interroger sur les conditions d’améliorations des interventions des différents personnels qui dans les établissements apportent une compréhension à ces problèmes complexes.
Nous proposons de transformer la 6ème question en :
Comment améliorer le fonctionnement des équipes de suivi dans la prévention de ces conduites ? Comment articuler ces interventions avec celles de services extérieurs ?
Fiche n°18 Cette fiche ne peut être ressentie par nos collègues que comme une provocation. Elle ne tient absolument pas compte de ce qui s’est passé l’an dernier et présente à la page 3 les décisions du gouvernement de 2002 comme étant encore d’actualité. Ceci ne correspond pas aux engagements pris à la suite du mouvement. Nous demandons la suppression de ce paragraphe. De même ne peut être soumis au débat l’éventualité d’une nouvelle répartition des rôles en matière de recrutement, formation et gestion des personnels enseignants et non enseignants. Les personnels et l’opinion ont déjà apporté une réponse très claire l’an dernier. Ce point s’avère essentiel pour l’engagement des personnels dans le débat.
Fiche n°20 La rédaction de cette fiche montre à l’évidence que le métier de conseiller d’orientation-psychologue est mal connu et que les évènements du printemps n’ont pas vraiment été assimilés sous tous leurs aspects. Il serait appréciable d’appeler les personnels par leur nom exact : Conseillers d’orientation-psychologues (et non conseillers d’orientation et psychologies). Le paragraphe concernant les autres métiers pose problème. La question des attentes par rapport aux co-psy n’est pas spécifique. Il n’y a donc selon nous aucune légitimité à la mettre en exergue. De plus la phrase suivante laisse entendre que les conseillers d’orientation-psychologues ne seraient pas eux, directement impliqués dans l’action éducative. Le mouvement de l’an dernier à aboutit aux conclusions exactement inverses selon Cabinet du Ministre lui même (cf. table ronde du 10 Juin). Cette partie doit donc selon nous être supprimée. Question à débattre
Transformer la dernière question :
Comment développer et préciser le rôle des CPE et des conseillers d’orientation-psychologues ? Quelles articulations avec l’intervention des enseignants ?