8 février 2008
Les personnels d’orientation (COP et DCIO) que nous représentons au sein de cette commission paritaire nationale sont consternés par la campagne de dénigrement que subit depuis plusieurs mois le service public d’orientation de l’éducation nationale.
Nous ne citerons que les 2 événements les plus récents.
Le rapport Reiss – député du Bas-Rhin (7ème rapport sur les CIO depuis 2004) présenté le 08 novembre 2007 propose ni plus ni moins que la disparition du service public d’orientation de l’éducation nationale, les COP sont trop peu disponibles (sans évoquer la division par 5 des recrutements en 5 ans), il faut donc les nommer dans les établissements scolaires. Il propose de recentrer nos missions sur le monde économique et donc de supprimer notre qualification de psychologue.
Le délégué interministériel, Bernard Thomas, juste avant sa démission, lors d’une audition devant la commission Pochard déclare :
« L’aide à l’orientation et à l’insertion professionnelle doit devenir une dimension du travail enseignant, il y a urgence ! ».
Sur le terrain, les entretiens dits d’orientation , obligatoires pour les professeurs principaux en 3ème et en 1ère , préfigurent le transfert de nos missions, et sont vécus comme une véritable provocation.
Pourtant, les enseignants mènent déjà des entretiens avec les parents, mais ce sont des entretiens centrés sur le conseil scolaire. Pourquoi vouloir les entraîner sur un terrain qui n’est pas le leur ?
Les entretiens menés par les COPSY sont d’une autre nature, ils permettent à l’élève de s’exprimer sur ses goûts, ses intérêts, ses rêves, ses doutes, ses difficultés ; les COPSYY peuvent resituer ces entretiens dans une dynamique et tenir compte du développement psychologique à l’adolescence.
La complexité de notre travail est niée, puisque d’après les décideurs n’importe qui pourrait le faire. On nous dénie notre qualification, on prétend par exemple nous former à la connaissance des métiers, alors que notre profession est la seule (y compris dans le réseau AIO, accueil information orientation) à être formée dans ce domaine, à recevoir une formation pluridisciplinaire et à avoir accompli des stages en entreprise évalués pour l’obtention du DECOP.
Tout se passe comme si chaque COPSY devait construire contre l’image sociale, contre le discours ambiant, parfois contre sa hiérarchie sa place et faire reconnaître ses compétences.
Le ministère dénie complètement la réalité de notre travail. Il n’exploite même pas BILAC (le bilan d’activité des CIO) méprisant de fait totalement le travail quantitatif et qualificatif que nous accomplissons. Il fait preuve d’un silence terrifiant par rapport à notre avenir, mais multiplie les rapports pour tester notre capacité de résistance et préparer l’opinion à des changements radicaux.
Dans le même temps, les CIO sont asphyxiés peu à peu :
Dans notre catégorie, c’est donc 4 postes sur 5 qui ne sont pas remplacés, certaines académies se retrouvent déjà avec des postes non pourvus en nombre (36 contractuels à Bordeaux en 2007-2008). Les nouveaux directeurs de cette année (62 postes) vont annihiler les 55 stagiaires, « sang neuf » de la profession en septembre 2008.
Enfin, sur le déroulement de nos carrières, les COPSY pourtant tous formés à Bac +5 (niveau du DECOP universitaire) ne bénéficient pas de la hors classe, celle-ci étant occupée par les directeurs de CIO. C’est une injustice flagrante qui doit être réparée.
Les directeurs de CIO perçoivent une indemnité de fonction administrative qui n’a pas été revalorisée depuis 1996 !
L’ISO des COPSY et DCIO (appelée ISP) est équivalente à la moitié de celle des CPE et des enseignants, alors que nous participons à un nombre record de conseils de classe !
Les heures supplémentaires HSE et HSA n’existent pas pour les COPSY et les DCIO.
Vous le constatez à travers cette déclaration, le malaise est très profond chez les personnels d’orientation.
Depuis 2 ans, nous réclamons une rencontre avec notre DRH, qui devrait en principe présider notre CAPN. Son absence, l’absence de réponse à nos multiples appels, traduit un réel mépris vis-à-vis des personnels que nous représentons.
Nous le regrettons amèrement.
Les 8 élus SNES à la CAPN (titulaires et suppléants)
pour s’inscrire