22 janvier 2009
Le SNES est la seule organisation qui porte depuis longtemps l’idée d’une élévation du niveau de qualification et de recrutement des enseignants. Les enjeux sont fondamentaux pour le système éducatif : il s’agit de disposer d’enseignants et de CPE ayant une formation universitaire au niveau master permettant d’acquérir un recul et une maîtrise nécessaire des savoirs afin de les transmettre. Enseigner est un métier complexe qui demande un haut niveau de connaissances universitaires, en lien avec une formation initiale professionnelle de qualité. Cette exigence permet à l’enseignant de posséder le recul nécessaire sur sa discipline, d’en maîtriser tous les aspects utiles à la transformation des savoirs universitaires en savoirs scolaires, assimilables par les élèves. Notre ambition pour le système éducatif est l’élévation générale des qualifications des élèves, le développement de la connaissance et l’accès de tous à la culture commune. Les apprentissages scolaires réclament du temps et des pratiques pédagogiques diversifiées. Le SNES défend ainsi l’idée d’un enseignant qui soit un véritable créateur, concepteur de ses pratiques et non un simple exécutant de recettes préétablies. C’est le sens que nous donnons à la liberté pédagogique. Il en résulte que les enseignants doivent bénéficier d’une formation qui leur permette d’appréhender différentes pratiques, d’effectuer au mieux leur choix, ce qui justifie d’aller vers une élévation du niveau de qualification. Cette dernière doit aller de pair avec une élévation du niveau de recrutement au niveau du master afin de faciliter le lien avec la recherche. Dans cette configuration, les stagiaires pourraient être de véritables vecteurs des derniers apports de la recherche. En effet, les nouveaux enseignants, recrutés au niveau du master, seraient à même de mieux faire le lien entre les évolutions des connaissances dans leur discipline et l’enseignement scolaire. De plus, l’introduction de modules de préprofessionnalisation au cours du cursus universitaire, que ce soit en épistémologie, histoire de la discipline, à travers des stages ou en sciences de l’éducation, pourraient occasionner de véritables échanges sur les contenus d’enseignement et la mise en œuvre de méthodes pédagogiques. La formation des maîtres serait alors pensée comme une réelle formation d’adultes, où formateurs et formés profiteraient de l’occasion tant pour faire évoluer leurs pratiques que pour bénéficier de l’expérience acquise. C’est en partie le rôle que le SNES souhaite voir jouer par les IUFM.