6 février 2012
Inscrit dans le pacte de carrière de 2010, l’entretien de carrière est censé « donner de nouvelles perspectives de carrière aux enseignants en améliorant l’évaluation professionnelle ». Le public ciblé concerne les enseignants totalisant 2 ans de carrière et 15 ans de carrière auxquels peuvent s’ajouter des volontaires entre 3 et 5 ans d’ancienneté ou 16 à 20 ans d’ancienneté.
ENTRETIEN OU RAPPORT D’ACTIVITÉ ?
Dans les documents fournis par l’administration centrale aux chefs d’établissement, même s’il est recommandé d’être le plus à l’écoute et de « remercier la personne » à la fin de l’entretien, il apparaît bien que l’enseignant devra s’exprimer sur son activité professionnelle et les résultats obtenus (rapport aux élèves, leurs évaluations, mise en place des réformes...) mais aussi justifier de son investissement dans l’établissement (participation aux activités et instances, rôle moteur...).
Quelques chefs d’établissement ont d’ailleurs anticipé et demandé aux heureux élus de préparer un petit rapport d’auto-évaluation d’une page. Pour aller plus vite peut être ?
Les perspectives d’évolution au sein de l’établissement ou en dehors seront entendues mais, prudente, l’administration précise que les chefs d’établissement n’ont dans ce cadre qu’un rôle de premier niveau. C’est ensuite au conseiller mobilité carrière du rectorat de faire le reste. De même pour nos jeunes collègues, le guide des entretiens de 2 ans prévoit « ... que cet entretien n’a pas pour vocation première d’être le lieu ou l’occasion de résolutions des problèmes, notamment de nature administrative... ». Beaucoup de temps perdu pour tous pour un dispositif informel, basé sur le volontariat sans grande efficacité pédagogique... qui n’est d’ailleurs pas l’objectif réel attendu.
NOTATION ADMINISTRATIVE
Elle est statutaire et à côté de la notation pédagogique sur 60, fait toujours l’objet d’une note chiffrée sur 40 fondée sur une appréciation littérale et des pavés (assiduité, ponctualité, autorité et rayonnement).
Elle est proposée par le chef d’établissement et arrêtée chaque année par le recteur d’académie (voir supplément évaluation). L’individualisation des carrières par une évaluation locale permet d’affaiblir les repères statutaires en devenant le moyen de transformer en profondeur le métier et de mieux accompagner les réformes gouvernementales. Il faut être vigilant dans les établissements et ne pas se laisser imposer ces entretiens. Comme l’a montré la mobilisation massive du 31 janvier, la profession continue de rejeter tout dispositif plaçant les personnes sous la coupe du chef d’établissement tant du point de vue de l’évaluation que des propositions pour la promotion d’échelon.