11 mars 2011
Pour cela, le ministère se donne trois objectifs : supprimer la notation, évaluer sur la base du référentiel de compétence des métiers enseignants et faire du chef d’établissement l’évaluateur principal, ponctuellement aidé par l’IPR.
L’évaluation porterait sur la manière de servir du fonctionnaire, les tâches non directement liées à l’enseignement et la didactique disciplinaire. Conseillé par l’IPR, se basant sur un dossier d’auto-évaluation rédigé par l’enseignant, le chef d’établissement deviendrait le seul responsable de l’évaluation.
Si nous concevons que l’activité enseignante est plurielle, il n’en reste pas moins que la suppression de la notation ferait perdre à l’activité d’enseignement son rôle prépondérant dans l’évaluation. Ce phénomène sera d’autant plus aggravé que le ministère veut utiliser le livret de compétences du référentiel métier qui, comme nous l’avons dénoncé à plusieurs reprises, minimise ce qui fait le coeur de notre métier.
Ce n’est pas en mettant les personnels sous le joug d’une hiérarchie locale omnipotente que le ministère résoudra les problèmes liés à la souffrance au travail des enseignants. Or la réforme des missions des IPR réoriente leurs missions vers des audits d’établissement et ne conçoit les inspections que ponctuellement, en cas de difficulté et pour faire appliquer « les bonnes pratiques ». Exit le soutien et l’aide dans leur métier dont les enseignants auraient besoin.
Conséquences sur la carrière
Alors que nous réclamons depuis des années l’avancement de tous au rythme le plus favorable (avancement à rythme unique dont bénéficient nos chefs d’établissement et IPR), le ministère veut utiliser son nouveau système d’évaluation pour « mieux prendre en compte l’engagement professionnel des personnels dans leur carrière ». Sur la base d’un rythme d’avancement moyen, en fait le rythme le plus lent (ancienneté), les chefs d’établissement pourraient accorder des bonifications d’ancienneté. Une fois de plus, le risque d’une prime à la docilité est grand.
Pour le SNES, si les procédures actuelles d’évaluation ne sont pas toujours satisfaisantes sur le plan de la régularité des inspections et de l’harmonisation de la notation, la double évaluation du chef d’établissement et de l’IPR restent un garde-fou face aux dérives managériales du gouvernement. La promesse d’inspections plus fréquentes (qui nécessiteraient une vague de recrutement et un recentrage des missions des IPR) n’est qu’illusion.
Pour nous, les questions essentielles doivent porter sur ce qui est évalué (la partie pédagogique doit être prépondérante) et qui doit l’évaluer (l’IPR, avec de nouveaux objectifs, doit y prendre une part essentielle). Des critères clairs et justes doivent être définis. Il faut, de plus, décrocher l’évaluation de l’avancement ans la carrière. Il s’agit en effet davantage de chercher ensemble ce qui s’avère efficace pour les apprentissages et non de proclamer ni de promouvoir un « mérite » individuel.