6 mars 2011
La réforme de « la dépendance des personnes âgées » est entrée dans une phase active. Le président de la République veut aller vite...
Fin décembre a été mis en placeun comité interministériel sur la dépendance des personnes âgées dont le rapporteur est Axel Rahola,ancien collaborateur d’Eric Woerth. Sans commentaires... Pour « s’adapter aux réalités », Roselyne Bachelot a mis en place quatre groupes de travail. Le premier, présidé par Bertrand Fragonard, président du Haut conseil de la famille, se consacre au financement. Le deuxième, présidé par Jean-Michel Charpin, ancien directeur de l’INSEE, prévoit l’évolution des dépenses.Le troisième, présidé par Évelyne Ratte, ancienne préfète du Limousin, étudie les différents types de prises en charge. Le quatrième, mené par Annick Morel, inspectrice générale des affaires sociales, réfléchit à la place du vieillissement dans notre société.Voici des experts à la hauteur des enjeux !
Comme pour la réforme des retraites, de grandes concertations sont lancées avec les représentants syndicaux, les associations et même un site internet sera mis en ligne pour que « le public » contribue au débat !
Les départements, en tant que gestionnaires et financeurs de l’APA, donneront aussi leur avis. Les Agences régionales de santé (ARS) « mènent une réflexion prospective, discutent de toutes les pistes possibles de financement et font des propositions au gouverne-ment ».Prenons le pari que tout ne sera pas bouclé avant la présidentielle 2012 ! Mais le président de la République a été clair : « des mesures seront contenues dans la loi de financement de la Sécurité Sociale 2012 ».Suffisamment perverses pour constituer une nouvelle étape du démembrement idéologique tant attendu et déjà anticipé par les acteurs du marché assurantiel de la Sécurité sociale.
Selon Valérie Rosso-Debord : « L’effort public lié àla dépendance des personnes âgées représente près de 22milliards d’euros, ce qui équivaut à plus de1,1% du produit intérieur brut ».
Propos confirmés par les chiffres pour 2010 du CNSA : « D’ici 2025, les dépenses en faveur de l’autonomie des personnes dépendantes pourraient passer de 1,1 à 1,5% du PIB ».
Inutile de dramatiser ! ■
FRANÇOISE EIDEN