26 avril 2008
Les institutions politiques se sont éloignées des citoyens qui ont le sentiment d’avoir peu de pouvoir entre deux scrutins et de ne pas voir, le plus souvent, leurs mobilisations déboucher en termes de décisions politiques. Le cadre institutionnel de la 5e République y contribue beaucoup. En 2006 la mobilisation contre le CPE a posé la question d’un véritable « dialogue social » et dénoncé le passage en force d’un gouvernement qui considère les personnels, les usagers, comme des obstacles et les écarte des délibérations sur les réformes qui les affectent. Ainsi dans l’Éducation nationale, il prétend imposer des évolutions à coup d’audits et d’indicateurs qui ne sont discutés que par quelques experts et ignore systématiquement les avis des instances de concertation. à tous les niveaux. Ce ne sont pas les lieux, les outils d’une démocratie représentative qui manquent, c’est la volonté politique de la faire vivre. Concernant les organisations syndicales, les pistes tracées ces derniers mois autour des questions de représentativité et des accords majoritaires marqueraient un progrès très important, dans la mesure où elles s’adossent au vote direct des salariés. Il faudra cependant combattre les stratégies d’immobilisme qui tendent à empêcher ce débat d’aboutir.
La mise en œuvre de la démocratie participative Elle est proposée dans certaines collectivités territoriales comme réponse à l’aspiration des citoyens à peser en cours de mandat sur les choix. Elle se réduit trop souvent à une simple validation des propositions des élus. Ce dialogue entre les élus et quelques citoyens ne doit réduire en rien le rôle de la démocratie représentative et des syndicats. En particulier les instances de concertation, mises en place dans le cadre des lois de décentralisation doivent fonctionner réellement, être de véritables lieux de débats démocratiques, et non être ignorées ou contournées en permanence par les pouvoirs publics à commencer par les CA des EPLE qui ont un pouvoir délibératif, ce que trop de collectivités locales oublient souvent.
La démocratie suppose des droits et un haut niveau de garantie des libertés publiques. Le droit à l’éducation doit être garanti pour tous. Le SNES lutte fermement contre la remise en cause de celui-ci pour les jeunes scolarisés « sans papiers ». Tous les résidents étrangers doivent pouvoir bénéficier de l’éligibilité et du droit de vote aux élections locales. Il faut par ailleurs faciliter l’accès à la nationalité française. Le SNES dénonce l’ensemble des lois répressives dont l’objectif est d’accentuer le contrôle social de toute une partie de la population, notamment les mineurs et de criminalisation du mouvement social.. La multiplication des fichiers, avec le risque de leur interconnexion et l’absence de contrôle par leurs utilisateurs mobilisent tous ceux qui craignent le fichage des citoyens. Est clairement posée la question du respect des libertés et de son contrôle démocratique dans l’exercice du droit à la sécurité.
L’élévation des niveaux de formation, le développement des médias et des nouvelles technologies peuvent favoriser l’expression démocratique. Ce qui pose la question des moyens de maintenir une véritable diversité des médias et celle de leur indépendance, notamment au plan financier..