24 mars 2007
Depuis 2005, les critères de promotion ont été bouleversés et les avis hiérarchiques jouent un rôle souvent déterminant dans des barèmes académiques qui réduisent la place de l’ancienneté de carrière. Dans plusieurs académies et pour les agrégés, l’avancement à l’ancienneté exclut de toute chance de promotion, ce qui est particulièrement injuste et inacceptable. L’intervention syndicale, à l’initiative du SNES et unitaire dans la plupart des cas, a pu limiter l’arbitraire. Pour combattre des exclusions qui demeurent nombreuses, l’expérience montre cependant l’importance de l’engagement des collègues dans le suivi des avis ainsi que celle de la contestation individuelle et collective auprès des chefs d’établissement, et en direction de l’inspection et des recteurs. Cette détermination devra encore s’exercer face à un ministère qui veut aller encore plus loin, les notes de service ministérielles encourageant cette année les recteurs à réserver une partie des promotions à des collègues n’ayant pas atteint le 11e échelon, alors qu’ils n’en tireront aucun bénéfice significatif. Pour les agrégés, le barème ministériel a réduit le poids de l’ancienneté de carrière et les recteurs doivent réserver 10 % des avis exceptionnels à des « non 11e ». Au moment où est reconnue la dévalorisation salariale qui frappe nos métiers, notre volonté de défendre la hors-classe comme débouché de fin de carrière accessible à tous doit s’exprimer encore plus fort pour les promotions 2007. Avec les collègues, le SNES, ses sections académiques et les élu(e)s agissent en ce sens.
INTERVENIR SUR LES AVIS HIÉRARCHIQUES
Tous les collègues ayant atteint le 7e échelon de la classe normale reçoivent un double avis du chef d’établissement et de l’inspection. La procédure est totalement dématérialisée et utilise I-Prof. La période de consultation des avis est fixée par le rectorat. En liaison avec les sections académiques, une démarche collective préalable à la formulation des avis par les autorités hiérarchiques est souhaitable (intervention des S1 dans l’unité et appuyée par des pétitions, lettre collective par discipline à l’inspection pédagogique régionale, etc.). Il s’agit d’éclairer les enjeux et de faire prévaloir la nécessité de tenir compte de l’ancienneté de carrière pour attribuer les avis les plus favorables et n’exclure aucun collègue en fin de carrière. L’US (supplément carrières) fournit les éléments d’analyse et d’argumentation. La contestation des avis est aussi nécessaire, notamment lorsqu’ils sont sans cohérence avec la notation et les appréciations portées.
S’APPUYER SUR LE BILAN DES INJUSTICES ET DES EXCLUSIONS
L’administration se satisferait bien d’avis discrétionnaires et distribués en catimini. Le travail des élu(e)s du SNES dans les CAPA a largement mis en évidence les injustices et les incohérences qui résultaient de la mécanique mise en place par le ministère : disparités des avis selon les établissements, les disciplines, discriminations dont sont tout particulièrement victimes les femmes... Ce bilan doit être utilisé dans les établissements pour montrer à tous combien l’égalité de traitement est bafouée, les dangers de soumission pour nos métiers et nos qualifications. Défendre dans l’immédiat les hors-classes et des critères nationaux d’accès transparents et objectifs, c’est bien l’intérêt de tous si on veut gagner sur notre exigence de revalorisation de nos carrières et de nos rémunérations.
Nicole Sergent, nicole.sergent@snes.edu