4 octobre 2010
Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des sujets abordés par Mme Groison au nom de la FSU (éducation prioritaire, formation des enseignants, budget, revalorisation, situation de l’INRPL…) parce que nous partageons totalement ce qui a été dit. Je me centrerai sur les conditions de rentrée.
Le CSE examine aujourd’hui un ensemble de textes concernant la discipline dans les établissements scolaires du second degré… comme si l’urgence, en cette rentrée était la mise en œuvre d’une nouvelle échelle de sanctions alors que les conditions de vie et de travail des élèves et des personnels se dégradent sous les coups de boutoir du budget, de la destruction de la formation initiale des enseignants ou de la mise en œuvre chaotique de réformes mal préparées et sans fondements pédagogiques sérieux.
Il est évidemment encore trop tôt pour faire un bilan exhaustif de cette rentrée. Pourtant, malgré l’optimisme de façade de Monsieur le Ministre qui, depuis un mois ne parle que de dispositifs vitrine ou à la marge, d’expérimentations douteuses trop souvent imposées aux personnels et aux usagers sans débat dans les CA, les remontées que nous avons dessinent un collège et un lycée éclatés, éparpillés, sans repère et sans boussole. Elles décrivent des établissements scolaires tentant désespérément de colmater les brèches ouvertes par le désengagement d’un Etat peu soucieux de l’accès de tous les jeunes à l’exercice d’une véritable citoyenneté, des personnels d’éducation, d’orientation et de vie scolaire qui croulent sous les injonctions de hiérarchies intermédiaires qui se multiplient, des personnels qui subissent surcharge de travail et détérioration des conditions d’exercice de leurs métiers.
Ainsi la mise en place de la classe de seconde générale et technologique illustre-t-elle cette dérive vers un lycée sans ambition et sans moyen mais corseté par tant de contraintes matérielles d’organisation que le peu d’intérêt que pouvaient contenir certains dispositifs est étouffé dans l’œuf : accompagnement personnalisé financé en HSE ici, semestrialisé là-bas, en classe entière ailleurs, rarement débattu, et toujours sans possibilité de concertation pour les personnels qui y interviennent ; enseignements d’exploration installés à la va-vite, beaucoup en plus en fonction de la situation de l’emploi dans l’établissement qu’en fonction des demandes des élèves ou des projets des enseignants ; emplois du temps des élèves parfois encore plus lourds qu’hier, mais toujours beaucoup plus rigides du fait des contraintes qu’impose la mise en barrettes d’enseignements ou d’activités.
Comment imaginer, de plus dans le contexte budgétaire annoncé pour 2011, que ces contraintes seront multipliées par 2 avec la mise en place de la classe de première, tant dans les séries générales que technologiques industrielles et laboratoires où les projets sont largement contestés et dans lesquelles la reconversion des enseignants se prépare dans des conditions inadmissibles. Cela incite aux plus vives inquiétudes.
Au collège, on retrouve cette même impréparation et ce renvoi au local de la mise en œuvre de réformes dévastatrices : imposition du livret de compétences, généralisation de l’épreuve d’histoire des arts au brevet, expérimentations CLAIR, expérimentations d’autres rythmes scolaires….
Là aussi les personnels doutent, s’interrogent sur ce que deviennent leurs métiers, sur leurs missions qu’ils doivent assumer dans des conditions de plus en plus difficile d’exercice. Et ce n’est pas le texte présenté aujourd’hui qui changera quelque chose dans leur combat au quotidien pour faire entrer chaque jeune dans les apprentissages, pour donner l’envie d’apprendre, l’ambition de la réussite, l’espoir dans l’école.
Le SNES-FSU renouvelle aujourd’hui, en ce CSE de rentrée, et alors que va s’ouvrir le débat parlementaire sur le budget, son exigence d’une autre politique éducative au service de la réussite des élèves, d’une autre politique budgétaire, d’une autre formation des enseignants…
Il est temps de changer de cap, de renouer les fils d’un second degré qui travaille à la démocratisation de l’accès de tous aux qualifications et aux savoirs, qui conforte l’orientation scolaire dans ses spécificités.