12 décembre 2005
Synthèse : Marie Polderman, décembre 2005
Jean Pierre Hennuyer du collectif doc national du SNES n’a pu participer à cette journée syndicale. Tous les collègues qui le souhaitent peuvent s’inscrire à la liste de diffusion des documentalistes du SNES sur laquelle il intervient fréquemment : ossantre@snes.edu
Le début de la matinée a été consacré à un "point" syndical animé par Brigitte Rafalowickz, co-secrétaire générale du SNES Toulouse. Un rappel des enjeux depuis la rentrée :
l’accès à la hors-classe (15% d’un corps) ; il est nécessaire de renseigner I-prof, utilisé par les IPR pour leur évaluation.
les remplacements de courte durée.
L’action syndicale :
7/09 appel du SNES
4/10 journée intersyndicale
24/11 grève (1 prof gréviste sur 3)
6/12 élections professionnelles (les élus défendent les collègues lors des commissions paritaires, mutation, avancement etc.)
Quelques infos pratiques en relation avec le calendrier administratif
congé de formation (avant Noël) : faire plusieurs demandes (prévoir 3 à 5 ans de demande consécutive avant octroi )
mutations inter/intra : préparer la demande avec le document du SNES avant de contacter la permanence syndicale (tous les après-midi entre 14h et 17h). Pour les adhérents SNES possibilité de rencontrer un représentant syndical sur rendez-vous.
Le travail de la journée a ensuite porté sur la réalité du travail d’enseignant documentaliste. Objectif : montrer l’insuffisance des moyens humains face à l’ampleur et au temps exigé par les tâches qui incombent aux enseignants documentalistes.
Cette réflexion s’est faite autour de trois axes : les tâches quotidiennes de l’enseignant documentaliste ; les projets pédagogiques et documentaires ; le personnel en place au CDI.
L’inventaire des tâches quotidiennes est long et fastidieux ; si la liste ci-dessous n’est pas exhaustive, elle permet néanmoins d’en mesurer la diversité et le nombre. Il est impossible d’évaluer de manière générale la répartition du temps de travail en raison des grandes disparités de terrain. Cette évaluation peut faire l’objet d’une étude individualisée au sein de chaque établissement dans le cadre du projet documentaire ou de la politique documentaire. Il semble important, compte tenu de l’impossibilité matérielle de tout mener de front, de définir collectivement ( administration- collègues - élèves) des priorités, et de s’y tenir.
1. Le courrier : gestion du courrier "postal" : distribution aux coordonnateurs de discipline, enregistrement des revues, affichage et/ou classement ; gestion du courrier électronique : tri, traitement, archivage ; élaboration de courriers professionnels : messagerie, éditeurs, libraires etc.
2. L’accueil. Cet aspect du métier exige une disponibilité sans faille : discipline, infos élèves et collègues, élèves envoyés par les profs, gestion de la photocopieuse etc.
3. Le prêt implique l’utilisation d’un logiciel documentaire, plus celui d’un cahier de prêt spécifique. Il suppose l’éditions de lettres de rappels, le suivi des documents, leur documents.
4. Les acquisitions : sont le fruit d’un travail de réflexion, d’un travail de collaboration avec les enseignants de discipline et de veille « documentaire ». Commandes, suivi des commandes, relance des fournisseurs etc. Le suivi des abonnements peut prendre beaucoup de temps lorsque les abonnements sont nombreux. Le traitement de l’ensemble des acquisitions exige une disponibilité matérielle et intellectuelle : réception, bulletinage, catalogage, indexation, équipement, protection, mise à disposition avec valorisation des nouveautés. A titre d’exemple : le traitement d’un ouvrage de sa réception à sa mise en circulation demande en moyenne une vingtaine de minutes.
5. Les « Tice ». Les enseignants documentalistes gèrent le parc informatique du CDI, non sans maintes difficultés techniques (problèmes récurrents de logiciels, de réseau, de machines etc.). Ils apportent une aide aux élèves (et aux collègues) et veillent à la bonne utilisation du matériel.
6. L’ouverture de l’établissement sur l’environnement : recensement des ressources locales ; contacts avec les institutionnels, les professionnels, les particuliers ; participation à des projet locaux ou nationaux (semaine de la presse, la science en fête etc.)
7. La formation suppose la création d’outils (fiches guides, référentiels, auto évaluation...). Elle suppose aussi une auto-formation de l’enseignant documentaliste dans un contexte d’évolution rapide du secteur de l’info-documentation lié à une évolution permanente des nouvelles technologies.
Par ailleurs, les professeurs documentalistes soulignent des temps de l’année scolaire qui impliquent une charge de travail accrue :
Lors de la rentrée : distribution de manuels, concertation avec collègues disciplinaires sur les prévisions d’acquisition, finalisation des documents de rentrée...
En fin d’année : inventaire, mise à jour base de données, édition documents de rentrée, rédaction compte rendu d’activités de gestion, bilan pédagogique, projection de rentrée, mise à jour du projet documentaire...
A ces tâches quotidiennes s’ajoutent des projets pédagogiques et documentaires, à court ou à moyen terme.
Initiation et formation à la recherche documentaire (qui peut prendre plusieurs heures hebdomadaires du temps de la documentaliste) ;
Projets pédagogiques en partenariat avec les collègues de discipline : défi lecture, journal scolaire, sortie pédagogique, atelier presse, atelier lecture/écriture etc.
Education à l’orientation en partenariat avec le CIO : mise à disposition d’une documentation spécifique, participation aux séquences de formation des élèves ;
Mise en place d’un projet documentaire autour de la création, de la réhabilitation, de l’aménagement du CDI (ameublement, signalétique etc).
Le personnel en place dans les CDI Pour assumer l’ensemble de ces tâches, l’enseignant documentaliste est le plus souvent seul. Il est cependant à souligner que le recours à des emplois précaires est fréquent dans les gros établissements. Ces collègues assurent l’ouverture du CDI en responsabilité, alors que trop souvent ils n’ont bénéficié d’aucune formation, et qu’ils ont été recruté sans profil spécifique, ni même concertation avec l’enseignant documentaliste… Par ailleurs, la précarité de ces emplois induit un salaire insuffisant, des perspectives d’avenir professionnel nulles, etc. C’est pourquoi les enseignants documentalistes renouvellent leur demande de la création d’un corps de secrétaires de documentation. Nous insistons également sur la nécessité de supprimer les postes sur deux établissements, sur la nécessaire augmentation des postes au concours et sur l’adéquation du nombre d’enseignants documentalistes dans un établissement avec le nombre d’élèves qui le fréquentent (en théorie 1 enseignant documentaliste pour 400 élèves…).
La question des enseignants en réadaptation au CDI est toujours d’actualité. Il paraît nécessaire que l’enseignant documentaliste en poste soit consulté à ce propos : en effet, ces collègues demandent au quotidien un temps de formation et un accompagnement qui se font au détriment de la fonction du doc (le temps consacré aux élèves en est réduit de façon significative). Un exemple dans notre académie : le CDI d’un collège de la région toulousaine a vu se succéder en trois ans trois collègues en réadaptation sans que la documentaliste titulaire en poste soit consultée.
Le "relationnel" dans l’établissement est loin d’être simple pour nombre de collègues. Afin d’améliorer l’image du CDI et de l’enseignant documentaliste dans l’équipe éducative de l’établissement, il nous paraît important de proposer, dans la formation initiale des chefs d’établissement, une formation aux missions du professeur documentaliste.
La question de la convocation aux examens. Depuis deux ans, le rectorat convoque certains collègues pour la surveillance et le secrétariat aux examens (bac surtout, mais aussi brevet). Ceci au mépris des différentes tâches de gestion qui nous incombent au CDI en fin d’année scolaire. A deux reprises le SNES Toulouse a adressé un courrier au rectorat (juin 2004 et juin 2005) pour protester contre ces dérives (voir la page doc du site du SNES Toulouse http://www.toulouse.snes.edu/Catego...).
Des collègues ont préparé ce courrier à l’intention des Mesdames et Monsieur les Inspecteurs EVS afin de les alerter à ce propos et de leur demander leur appui.
“ A l’attention de Mesdames et Monsieur les Inspecteurs Vie Scolaire, Compte tenu de l’augmentation du nombre de convocations aux surveillances et secrétariat d’examens de fin d’année imposées aux enseignants documentalistes, nous tenons à vous alerter de nos difficultés de fonctionnement. A cette fin, nous aimerions que vous adressiez un courrier aux services rectoraux concernés ainsi qu’aux chefs d’établissement en leur reprécisant nos tâches spécifiques de fin d’année. Contrairement aux autres enseignants libérés de cours, de nombreuses tâches de gestion incontournables nous incombent plus particulièrement jusqu’à la fin de l’année scolaire afin de préparer au mieux la rentrée. En vous remerciant par avance de votre compréhension, nous vous prions d’agréer, Mesdames, monsieur les Inspecteurs, l’expression de nos sentiments les meilleurs ”.
La journée s’est terminée par des échanges informels autour de deux questions d’actualité professionnelle :
l’abonnement proposé par le CRDP de Poitiers pour l’utilisation de BCDI3. Le montant de l’abonnement est relativement élevé pour les petits établissements. Des actions sont en cours (lettres) à ce propos. Des collègues envisagent le choix d’un logiciel libre.
La sortie d’une éventuelle nouvelle circulaire de mission est en attente. Un groupe de travail à ce propos a été mis en place par l’inspection générale : les documentalistes de terrain n’y sont que fort peu représentés…
Pour conclure : nombre de collègues soulignent que l’ensemble des problèmes évoqués lors de la journée sont récurrents depuis 10 à 20 ans… mais les mêmes insistent aussi pour dire que « Ce métier malgré tout, on l’aime ! ».