14 janvier 2010
Ce que fait le Ministère :
Les horaires disciplinaires (en 2nde -1h30 en SES, suppression de l’option sciences politiques en 1ère...) sont réduits et les dédoublements ne sont plus garantis, leur existence étant confiée au conseil pédagogique, via la gestion de la dotation horaire globale.
L’ECJS et les TPE, dispositifs dans lesquels sont très impliqués les professeurs documentalistes puisqu’ils reposent sur une démarche de recherche documentaire, sont maintenus mais l’horaire professeur pour les TPE passe de 1h à 1/2h.
L’Aide Individualisée est supprimée. Les modules (en HG, Français...) qui permettaient aux élèves de perfectionner leurs méthodes de travail, ne sont plus garantis.
Un nouveau dispositif est créé : l’accompagnement personnalisé. 2 heures pour les élèves de la Seconde à la Terminale qui comprennent des actions « de soutien, d’approfondissement, d’aide à l’orientation et d’aide méthodologique. (...) Il prend notamment la forme de travaux interdisciplinaires. »
Que peut en attendre la profession ?
Actuellement, la formation des élèves à l’information-documentation est parcellaire et variable selon la bonne volonté des équipes. Elle est souvent organisée dans le cadre des modules, de l’ECJS et des TPE. Ce « bricolage pédagogique » déjà insatisfaisant va être mis à mal avec cette réforme.
Comment permettre la mise en place de projet en collaboration entre le professeur documentaliste et le professeur d’une autre discipline quand ce dernier va devoir enseigner en classe entière et avec un nombre réduit d’heures ? Mener des activités documentaires nécessite du temps et ne peut se faire qu’en petits groupes. Pour les disciplines dans lesquelles des collaborations avec les professeurs documentalistes existaient (français, HG, et SES par exemple) on aboutira à un recul de ces pratiques, puisque ces disciplines risquent de ne pas être prioritaires dans l’attribution des heures en petits groupes.
Les TPE, sont fragilisés et aucune réflexion n’a été engagée sur leur préparation dès la 2nde.
Enfin, ne nous leurrons pas sur l’accompagnement personnalisé ; cela sera un fourre-tout : soutien pour les élèves en difficulté, approfondissement méthodologique pour d’autres, réorientation pour les plus fragiles voire, projets interdisciplinaires sans temps de concertation. Il s’annonce comme une coquille vide : aucun contexte disciplinaire pour mettre en œuvre des activités documentaires qui ne seront pas évaluées. Ajoutons que le travail en effectif réduit lors de cet accompagnement éducatif ne sera pas assuré. Et l’organisation de cet accompagnement est entièrement abandonnée au local, ce qui ne fera que laisser perdurer la situation actuelle de l’inégalité de l’enseignement de l’information-documentation selon les établissements. On ne peut guère être optimiste sur cette question dans les gros lycées où il n’y a qu’un seul poste de professeur documentaliste...
Comment former les élèves à la maîtrise de l’Information alors que les créneaux horaires et le travail en groupes jusque là, fragiles, disparaissent ? Cela sera encore moins possible avec la réduction des horaires des disciplines, avec des TPE fragilisés et des dédoublements et modules qui ne sont plus garantis. Et en ce qui concerne l’accompagnement personnalisé, le professeur documentaliste ne peut s’accommoder d’un tel dispositif pour faire de la méthodologie à quelques élèves seulement
Ce que demande le SNES
Donner une culture informationnelle aux élèves nécessite un ancrage disciplinaire, un travail régulier en groupes et une collaboration active avec les professeurs documentalistes.
Tous les élèves doivent apprendre à rechercher, trier, hiérarchiser l’information, à construire des savoirs appuyés sur des sources fiables et diverses. Il faut donc que soient définis des contenus info-documentaires permettant une progression des apprentissages ; qu’un horaire spécifique soit consacré à cet enseignement assuré par le professeur documentaliste, en collaboration avec d’autres professeurs volontaires. Cela nécessite également de revenir à un niveau de recrutement suffisant au CAPES de documentation.
Or la parution des postes ouverts aux CAPES 2010 de Documentation confirme les attaques contre la discipline : 192 postes, soit pas 1 de plus qu’en 2009, alors que depuis 2006 le déficit des recrutements par rapport aux besoins ne cesse de se creuser (2 certifiés documentalistes sur 3 n’ont pas été remplacés à la rentrée 2009). Le Ministère persiste et signe la disparition de la profession.
Groupe Documentation - Secteur Contenus (janvier 2009)